Instants de voyages et autres heures inventées

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Ce recueil présente des poèmes écrits par Eric Sivry depuis les années 1980 et 1990, époques pendant lesquelles il a beaucoup voyagé, notamment dans les pays méditerranéens. C'est l'occasion de chanter les lieux, d'évoquer les conflits d'hier et d'aujourd'hui, de dénoncer la guerre, l'intolérance, l'incompréhension. On y sent poindre les dangers... Parfois désabusé, ce recueil multiplie les notes d'espoir : "heures inventées", lieux utopiques, émergence d'un monde nouveau où les cultures dialoguent et se respectent.
Publié le : mardi 1 juin 2010
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EAN13 : 9782296934023
Nombre de pages : 103
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Instants de voyages et autres heures inventées
Accent tonique – Poésie Collection dirigée par Nicole Barrière
Maquette de la couverture Nicole Barrière
Illustration de la couverture Laudine Jacobée
Éric Sivry
Instants de voyages et autres heures inventées
L’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11683-2 EAN : 9782296116832
Préface
Paysages d’ombres et de lumières, les îles et les ports où sont marquées profondément les empreintes heureuses ou douloureuses des temps anciens comme des époques récentes : nous voici en Méditerranée que le célébrant évoque avec ferveur. Il y a deux versants dans ce beau livre d’Eric Sivry, l’un est soleilleux (et même la mer, omniprésente, y danse « comme une flamme ») l’autre est envahi de ténèbres : terres vouées aux massacres, terres tragiques, martyrisées. D’un poème l’autre se poursuit le périple en mer aventureuse, voyage d’île en île et vers les siècles antiques, temples et théâtres, ruines froides ou bruissantes encore de la vie des villes oubliées, mais aussi voyage en littérature grecque ou latine, d’Euripide à Sénèque et à Nikos Kazantzaki. Et rien ici ne manque, ni les appels aux dieux tutélaires et aux déesses-mères,Cronos, Eros, Demeter, Poseïdon, Gaïa…ni la sonnaille des syllabes, tout l’alphabet des lieuxancestrauxdont on ne sait plus trop s’il s’agit de femmes, d’îles ou bien devilles, les Cyclades, Heraklion, Naxos la sicilienne, Mycènes, les Phédriades, Epidaure, Tyndari, Ephèse, Halicarnasse… tout cela oùvibrent les couleurs des mythes et des légendes, ces histoires d’amour et de mort, et l’ombre et l’éternité. Le poète enveloppe ces noms qu’il affectionne d’une rêverie nostalgique, hantée par l’image d’un monde pur, harmonique, libéré de toute guerre,
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de toute folie mortifère, des tyrannies…un monde enfin réconcilié comme celui des bucoliques et des églogues, Théocrite, Virgile, Le Tasse,Chénier… Poésie inspirée par l’amour de l’humain, toute d’aspiration à une liberté heureuse, en quête d’une langue originelle, du «vocabulaire du monde ». Même si les dieux, lèvres closes, se taisent, le poète, lui, sans amertume, continue de croire en l’homme, en « l’humaine justice ». Même si partout recommence la barbarie, dans la fureur et le fracas d’une histoire sans fin. Peut-être pourrait-on lire, dans les poèmes d’Eric Sivry, quelque chose d’autre que ce que dit l’écriture et qui est de l’ordre du songe et du trouble intérieur devant le destin ivre de notre inhumaine humanité…je ne sais quoi…lorsqu’il dit par exdernière étoile« une emple qu’ brillait sur le tabernacle des ombres salvuneatrices » : confiance retrouvée et qui résiste à toutes les érosions de l’histoire. Car la poésie, c’est aussi cela : un parler exemplaire, une leçon.
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Lionel Ray
Instants
En écoutant le ciel étoilé près de l'antique Théra.
La nuit, allongés dans la pierre ponce, nous écoutions la lune et les étoiles vagabondes, dissertant par l'insondable siècle et les frissons de l'azur, silence obscur qui enfanta lavie.
Le monde ouvrait ses pages, par l'étrange langage desvents.
Jevoulais dormir en ton essence, sentir l'ombre de ton cœur, me dévêtir de moi pour commencer levol. L'âme parfois devient un poids sans aile... il faut partir, n'être même plus l'être, oublier les forces de l'ombre et de l'infini.
Pourquoi l'amour fuit-il souvent les hommes, comme l'eau par tes lèvres ?
Et recommençait chaque soir la chairvive desvagues… L'homme passait son masque tragique. Que comprenions-nous aux violences humaines,
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auxlarmes passées, àvenir ? On imagine d'autres rives, à force d'aimer par les bruits rauques de lavie...
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