JADIS HABITE

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Depuis l'Illiade et l'Odyssée, la poésie lyrique n'a cessé de traverser l'histoire de l'espace grec. La présence continue de la poésie pourrait rester lettre morte si une pléiade de poètes ne continuait à prolonger cette tradition. Vassilis Kougéas en est des représentants exemplaires. Ses poèmes établissent un lien entre les deux langues et expriment l'essence d'une poésie qui lie sensibilité, équilibre entre le vécu, l'imaginaire et l'histoire, qui lie une mélancolie avec une foi profonde dans la valeur de la vie.
Publié le : samedi 1 mars 2003
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EAN13 : 9782296311947
Nombre de pages : 122
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Vassilis KOUGEAS

JADIS HABITÉ

Edition bilingue
Traduction de Françoise Badou-Calais

L'Harmattan 5-7, nIe de 1'École- Polyteclmique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

~L'Hannattan,2003 ISBN: 2-7475-3834-6

Vassilis Kougéas est né à Athènes le 5 décembre 1952. Il a suivi des études de droit aux universités de Salonique et de Bruxelles (ULB) et d'histoire du monde byzantin à Paris (Panteion I - Sorbonne). Il vit à Athènes, où professeur à l'université Panthéion, il enseigne le droit public. Depuis 1986, il est membre de la Société des écrivains grecs. Il a publié en grec:
«

Les années brûlent », éditions Poreia (1983),

« Sommeil, essai général », éditions Ypsilon (1985), « De moins en moins », éditions Kedros (1992) «Jadis habité », éditions Ypsilon (1997). Les poèmes présentés ici sont extraits de ces ouvrages. Je tiens à remercier particulièrement Nikos Grékos pour son aide précieuse apportée par ses critiques et suggestions. F. B.-C.

PRÉFACE
Ouvrir d'abord un recueil des poèmes de Vassilis Kougéas. Avant de lire les mots, les voir, les regarder s'aligner, se serrer à gauche de la page, contre la marge, cette colonne invisible sur laquelle ils s'appuient. Ces mots sont rares, courts, ils sont ceux qui ont résisté aux soustractions du temps. Ils laissent beaucoup de blanc sur la page. Ce blanc n'est pas du vide, c'est plutôt du silence, peut-être le souvenir des mots perdus. Puis, il faut dire les poèmes de Vassilis Kougéas, les écouter, les entendre, saisir leur rythme. Ils nous envoient les images issues d'un passé qui n'est pas le nôtre mais qu'une part très intime de nous reconnaît, images déchirées, en lambeaux, précises jusqu'à la douleur ou floues car le temps les a dissoutes: instants dans les villes, amours finissantes, lumières intermittentes, objets brisés, rouillés, papiers déchirés, débris infimes et dérisoires... Et la gorge se noue, les mots se font plus courts, peut-être les derniers hoquets, pour en finir avec les sanglots du passé. Et ces mots sont les nôtres, ils nous émeuvent, sans que nous sachions très bien pourquoi, comme le font les couleurs que le peintre a juxtaposées sur la toile, la courbe qui déforme le visage du portrait, ou simplement un petit pan de mur jaune. J'aime penser que la langue grecque est notre langue grandmaternelle, et que les poètes grecs sont nos très proches cousins, qui, eux, n'ont jamais oublié la poésie: il leur suffit de peu de mots pour nous dire beaucoup. Françoise Badou-Calais

TOY AAAOTE KATOIKHMENOY

JADIS HABITÉ

TOY AAAOTE KATOIKHMENOY

Ais das Kind Kind war, batte es von nicbts eine Meinung. Peter Handke, Lied vom Kindsein

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JADIS HABITÉ

Ais das Kind Kind war, hatte es von nichts eine Meinung. Peter Handke, Lied vom Kindsein

J'ai ouvert la porte qui a grincé. Ténèbres et poussière. Avec tant d'attention la gaze était enroulée autour des objets, des traces d'hommes avec tant de soin, passé sur elle le plâtre au point que les détails au lieu de disparaître ressortaient en relief. J'ai tiré le rideau. Je me suis assis face au rayonnement du plâtre et je ne savais pas à quoi servait de demander depuis quand et pourquoi.

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HYPOCRISIE

Un tronc d'arbre est tombé une hirondelle s'envole une route qui ne mène à rien une tasse sale brisée l'odeur de l'hiver dans la campagne dans un réfrigérateur entrouvert de la vieille graisse [de quoi ?] là, de la rouille brillante [celle qui]

La fenêtre fermée comme sottise le rapport amoureux comme excès le chagrin l'amour comme lenteur la lenteur comme chagrin la vitesse comme cruauté le changement comme simple répétition l'immobilité du courant comme courant la rencontre encore une fois annulée comme forme de communication l'absence comme manifestation de ce qui fut habité jadis.

L'homme a traversé le monde sans parler 15

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