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Rodney Saint-Éloi
JESUISLAFILLE DUBAOBABBRÛLÉ
Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière du Gouvernement du Canada par l’entremise du Conseil des Arts du Canada, du Fonds du livre du Canada et du Gouvernement du Québec par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres, Gestion Sodec. Mise en page : Claude Bergeron Couverture : Étienne Bienvenu e Dépôt légal : 3 trimestre 2015 © Éditions Mémoire d’encrier ISBN 978-2-89712-348-2 (Papier) ISBN 978-2-89712-350-5 (PDF) ISBN 978-2-89712-349-9 (ePub) PS8587.A288J4 2015 C841’.54 C2015-941833-X PS9587.A288J4 2015 Mémoire d’encrier • 1260, rue Bélanger, bur. 201 Montréal • Québec • H2S 1H9 Tél. : 514 989 1491 • Téléc. : 514 928 9217 info@memoiredencrier.comwww.memoiredencrier.com Fabrication du ePub : Stéphane Cormier
À Bertha
Je suis celle qui porte les fleurs à sa tombe Je suis la fille de Satan Je suis la fille de cette nuit ensorcelée La fille de ma conscience Mon ami c'est moi-même Je suis plus ancienne que les gens Je suis le vin de mes veines Je suis celle qui porte les fleurs à sa tombe Et elle pleure de la dureté du poème Au dessus de ma vie se construisent les palais Ils se complaisent dans mon sang Et les anémones sont les sœurs du bien-être De mon champ sont arrachés mes exils
Daed Haddad
PROLOGUE
Je suisla fille du baobab brûlé. Ceci n’est pas un poème. L’arbre cherche son visage. Je suis à la fois la fille, l’arbre et la route. J’accompagne celle qui offre à la nuit sa fable et ses entrailles. Je voudrais aller jusqu’au bout sans connaître le chemin. Je trébuche, dérive et délire. Qu’importe. Un oiseau bat le tambour dans ma tête, une sorcière parle par ma bouche, ou un amour chagrin me tourmente. Tempête je m’appelle tourbillon. Je ratisse les ombres. J’ai rendez-vous avec la première étoile qui tombe. Mon ventre accouche des histoires qui recommencent à l’infini. Il y a toujours une vie à faire ou à refaire. On ne sait rien de ce qui ronge ou exalte. Je scelle mon alliance avec l’exil et la folie.Je suis la fille du baobab brûlé. Pour recouvrer mon visage je dois confier mes secrets aux vents. Je ne connais ni l’appétit ni la prison de ce qu’on appelle vivre. Laissez-moi marcher à l’intérieur des songes. Je pleure pour me rappeler que j’existe et que j’aime. Je ris trop fort, parle jusqu’à épuisement touche les horizons avec la patience de la bergère et l’angoisse des marins. Je suis belle, flamboyante et insolente. J’ai dans une main le soleil et dans l’autre la terre. C’est ma manière de guetter l’éternité. J’ai des seins qui rient de la mort.Je suis la fille du baobab brûlé. Je quête parole d’aube. Je hurle. Je divague. Je swingue. N’écoutez pas cette voix multiple. C’est mon âme qui craque. Le poème ou ce qui reste de mon identité demeure une vérité empêchée. Consumée. Je suis la fille du baobab brûlé.