Je veux bien mourir mais pas longtemps

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Des héros et des princesses, il y en a plein les pages de ces petits textes. Mais ils s'écrivent en SMS, ou se chamaillent sur internet. Quant aux histoires de fesses, il y en aura bien un petit peu, c'est inévitable, mais seulement quand les enfants seront sortis de table ! L'humour est la politesse du désespoir, paraît-il. Mais ici, il distille également, sans avoir l'air d'y toucher, la tendresse indispensable pour affronter aujourd'hui et demain.Š
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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EAN13 : 9782296485846
Nombre de pages : 146
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Je veux bien mourir, mais pas longtemps
Collection « Vivre et l’écrire » dirigéepar Pierre deGivenchy. Voir la liste des titres en fin d’ouvrage.
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96606-2 EAN : 9782296966062
Pierre BeaufilsJe veux bien mourir, mais pas longtempsPréfaceGHLionel BeaumontL’Harmattan
Préface En dehors des lycéens qui préparent le bac de français, des étudiants en lettres, des amoureux transis, de trop rares hommes politiques… Qui lit de la poésie de nos jours ? Qui et pourquoi ? Les uns pour cause d’examen, ceux-là pour émouvoir leur dulcinée, les autres à la recherche d’un peu de douceur dans leur monde de brutes.
La poésie serait-elle à ce point hermétique pour une société en quête de simplicité qu’elle n’intéresse que ceux qui ont pour obligation ou intérêt à s’y plonger ? Pour se convaincre du contraire il suffit de feuilleter ces pages et de se laisser guider par son émotion. Ici tout est limpide, actuel, universel et sans prétention. En fait, bien peu d’entre nous, et j’en faisais partie, y viennent spontanément. Aussi solliciter le béotien que je suis, pour préfacer un tel recueil est bien une idée de… poète.
Jusqu’alors la poésie à mes yeux ne faisait pas le poids face aux best-sellers qui mettent en scène des magiciens décérébrés, des vampires sanguinaires et mièvres ou qui vous expliquent les 7 lois du bonheur. Ce foutu besoin de rêver qui nous fait nous évader en bien mauvaise compagnie et nous éloigne de la beauté pourtant accessible !
Il savait ce qu’il faisait le bougre en me demandant nonchalamment de me risquer à cet exercice. Depuis que Pierre m’a confié les feuillets qui composent son livre, je les emporte partout avec moi, ceux-là et d’autres aussi. Comme si ces quelques vers m’avaient rendu dépendant de la poésie et pas seulement de la sienne. Je laisse traîner ici et là au bureau, à la maison, au fond de mon sac, sur la table de la cuisine, quelques recueils et, au gré de mon humeur, bonne ou mauvaise, je pioche au hasard dans ces pages les vers qui pendant un instant me feront voyager plus sûrement que le web, ou qui mettront des mots sur mes maux.
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Il n’est pas de lieu consacré pour lire de la poésie, surtout la sienne. Elle est faite pour tous les jours, pour chacun et ne parle pas seulement des grands sentiments. L’insignifiance d’une goutte de pluie, l’inconsistance du vent soufflant dans les cimetières, l’inintérêt d’une vie ponctuée par la télé. Cette sorte de poésie nous parle d’un étang comme d’autres faisaient de la musique à propos d’un lac et de ses volatiles ou d’autres encore ont marqué les siècles de leurs strophes dédiées à des étendues d’eau plus nobles, plus conséquentes. Pierre est le poète des petites choses dont notre existence est pleine. Et c’est là son talent : rendre magnifique le quotidien si désespérément banal. Il nous en extrait et nous emmène. Ici et maintenant, devient une porte entrouverte sur un ailleurs étranger et proche à la fois. Tout prend alors sens, l’inanimé devient humain, l’abstraction prend vie depuis la molécule jusqu’à l’éternité en passant par le métro. Anthropomorphisme que permet la poésie. Ici est le domaine de la liberté. C’est l’imagination au pouvoir sans le pouvoir. Tout y est tellement proche de nous, évident au point qu’il s’en dégage une impression de simplicité. Mais méfions-nous des apparences. C’est comme s’arrêter devant un tableau de Picasso et se dire : « facile ». Et bien essayez donc d’écrire de la sorte et vous verrez…
La poésie de Pierre est abordable, elle ne se cache pas dans l’incompréhensible, l’insaisissable ou l’érudition. Elle s’exprime partout, à toute occasion, à tout propos. Elle est extravagance. Mais pour révéler à nos yeux de myopes la fantaisie qui se niche dans notre environnement, il faut une sacrée dose de sensibilité. Et parfois elle conduit à l’amertume, à la mélancolie, au constat de n’être pas compris.
La qualité de poète ne se voit pas. Il passe anonyme parmi les anonymes, paré des atours de la normalité. Il s’habille de gris et de toutes ses déclinaisons, pratique l’humour pour habiller sa fragilité derrière le rire et se fondre
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dans la masse. Ne pas se singulariser, se camoufler pour mieux observer et paradoxalement, espérer être reconnu par son semblable. Rien ne distingue le poète des autres hommes, en apparence, et c’est ce qui le rend si proche de nous. Pierre est doué de bien des talents. Il les exprime. Voilà en quoi il est différent. Il crée de la musique pendant que Tidjani peint, il écrit de la poésie comme il joue du piano. Sa prose est colorée au point que l’on se perd dans des paysages du bout du monde ou des nuages improbables. Et quand il peint… À vous de voir, d’écouter, de ressentir. L’harmonie qui en émane réveille en nous cette part de poésie qui sommeille et que l’on enfouit sous des tonnes de bons sentiments. Parfois un petit jeu de mot de rien du tout, beaucoup plus fin qu’il n’en a l’air, le préserve du sérieux et de la gravité. La rime devient facétieuse, les mots font des galipettes, le style vire à l’espièglerie. Et, si je puis me permettre, dans tes rimes incongrues en « ice », il manque : police, Bérénice et p… que ça glisse !
Au détour de cette dérision, arrivent, tel un banc de brouillard diffus, la tristesse et le désespoir que l’on ressent lorsque l’alter ego nous laisse là, les bras ballants, exsangue avec comme compagnes l’absence et la solitude. Alors finies les pirouettes, l’humour et l’ironie distanciée. Il ne reste qu’un homme tragiquement à vif, frappé en plein cœur.
L’amour influence de façon majeure l’œuvre d’un poète. La poésie de Pierre n’échappe pas à la règle. « Le poète sait les chemins cachés vers les secrets des filles. » J’aime ce vers. Il rappelle que la première source d’inspiration, c’est l’autre, l’être aimé. Les sentiments exprimés, dans leur simplicité, en deviennent obscènes de nudité. Heureusement pour la morale, le rire n’est jamais loin et il jette un voile pudique tissé de sourires, sur cette nudité exquise et gênante à la fois.
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Comment ne pas être séduit par cet hymne à la femme que constitue le livre que vous avez dans vos mains ? J’ose espérer qu’il y a encore ici-bas des femmes qui frissonnent en lisant de la poésie. Tiens, soyons fous et imaginons que demain celles qui auront savouré ce recueil exigent de leur amant comme preuve d’amour qu’ils expriment leur passion avec cette intensité. Le paradis à portée de main, sans aller bien loin, simple comme un amour naissant. Et c’est Venise au crépuscule, un jour de carnaval.
Nous déclarons tous à l’être aimé ce qui chez lui nous plaît. Pierre est à ma connaissance le premier à oser écrire : « J’aime… le carénage de tes grands droits que croise le grand dentelé vers le bas… » Quant à la fossette naviculaire, elle n’est pas sans me rappeler un sonnet de Verlaine dédié à un voisin orifice. Je connaissais l’amour vache, l’amour à la folie, l’amour pas du tout ou encore l’amour moi non plus, mais l’amour anatomique, c’est nouveau.
Dans la poésie de Pierre, de l’amour à l’humour il y a si peu de différence qu’il passe de l’un à l’autre avec aisance. Les sentiments exposés à l’érosion du temps, quand ils se délitent ne sont jamais synonymes de ruine. L’humour agit comme un baume apaisant. Pourtant la tragédie est présente dans cette légèreté qui permet de survivre aux épreuves.
La poésie ne s’interdit pas de mettre son grain de sel où on ne l’attend pas et elle a toute sa place dans le concert des voix qui s’élèvent pour préserver notre planète. Eh oui comme tu as raison, Pierre, en écrivant : « On s’emmerdera dans vingt ans sans le chant des grenouilles. »
Pierre est un poète en prise avec son époque. Régulièrement, des ouvrages savants rédigés par des intellectuels doués de clairvoyance tentent de nous alerter sur les dérives de notre société où l’on s’habitue à tout. L’immense majorité se désintéresse de ce qui gangrène l’humanité. En quelques vers, le poète rend évident le
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