Je veux seul, écarté, ores dans un bocage

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Évadez-vous en lisant le poème "Je veux seul, écarté, ores dans un bocage" écrit par Béroalde de VERVILLE. Ce poète de France est né en 1556, mort en 1626. "Je veux seul, écarté, ores dans un bocage" de de VERVILLE est un poème classique. Vous pouvez le télécharger et l’imprimer au format PDF grâce à YouScribe.
Avec le poème de de VERVILLE, vous pourrez faire une analyse détaillée ou bien tout simplement profiter de très beau vers de "Je veux seul, écarté, ores dans un bocage".
Publié le : lundi 30 juin 2014
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Je veux seul, écarté, ores dans un bocage

Je veux seul, écarté, ores dans un bocage,
Ores par les rochers, soupirer mon dommage,
Et plaindre sous l'horreur du destin irrité,
Je veux auprès des eaux tristement murmurantes,
Et près l'obscurité des grottes effrayantes,
Soulager mon esprit de soucis tourmenté.

Vous, bois qui entendez le réson de ma plainte,
Vous, rochers qui m'oyez quand mon âme contrainte
Sous trop de cruauté se plaint de son malheur,
Et vous eaux qui traînez en vos fuites tardives
Les regrets que j'épands dessus vos molles rives,
Soyez justes témoins de ma triste langueur !

Vous, antres reculés où les ombres dernières
De ceux à qui la mort a fermé les paupières
Errent tant que leurs corps soient mis dans le tombeau,
Recevez mes soupirs, et d'une longue haleine
Redoublez plusieurs fois la voix dont en ma peine
Je demande en vos creux un remède nouveau.

Car un injuste sort, me privant de ma vie,
M'absente des beaux yeux dont mon âme ravie
Adorant les rayons fait vivoter mon coeur,
Et veut que sans espoir de revoir ma maîtresse,
J'oublie de ce trait qui tant heureux me blesse,
Pour mourir en l'aimant, l'agréable douceur...

Adieu tout mon bonheur, adieu tout ce que j'aime,
Adieu mon sang, mon coeur, adieu mon âme même,
Je vais pleurer tout seul sous mon astre malin.
Mais pour mieux soupirer, je veux en votre absence
Prier les Déités que changeant mon essence
Je plaigne à mon plaisir mon contraire destin.

Vous donc dieux d'ici-bas, vous saintetés féées,
Qui des amants avez les essences changées,
Si vous errez encor aux déserts ou aux bois
Muez-moi, je vous prie, en un soupir si tendre
Que le coeur des passants mon accent fasse fendre,
Me faisant pour me plaindre une éternelle voix.

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