Jeu et enjeux

De
Publié par

Laszlo P. Horvath est un poète et dramaturge hongrois. Né en 1930, il vit à Budapest. Cette anthologie est le témoignage d'un homme qui a traversé les vicissitudes de la deuxième moitié du XXème siècle et qui est comme une vigie à la proue du XXIème. Ce qui nous touche ici, c'est le dialogue avec un dieu auquel il ne croit plus, la désespération du poète qui voit que le monde n'est qu'économique et qui se demande ce qu'il vient faire sur terre, la relation amoureuse qui le soutient jusque par-delà la mort, l'inquiétude sur l'avenir de la planète.
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
Lecture(s) : 242
Tags :
EAN13 : 9782296698338
Nombre de pages : 145
Prix de location à la page : 0,0084€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
Eloge du jeu Synonyme de liberté, ce mot est polysémique : il désigne aussi bien, si l'on en croit le Petit Robert, une « activité gratuite » qu'un « défaut de serrage », une « marge ». Mais il implique aussi la contrainte : les règles du jeu. ChezLászló P. Horváth, il est symbolisé par le son de la cithare, qui, monté de la terre, complète la création d'un Dieu fatigué et distrait. C'est ce son que fait entendre notre poète, quitte, comme son grand prédécesseur hongrois, Endre Ady, à mentir pour introduire dans lavie un peu d'harmonie. « Si je ne joue pas je suis perdu », s'écrie-t-il. Il joue donc avec la mort, avec « l'instant présent qui est éternel », avec le passé et avec l'avenir, « pourvu que la règle soit le changement auxdoigts soyeux», et avec la langue, dont, envrai poète, il cherche à reculer les limites. Ce faisant, il suit sciemment quelques grands poètes de la littérature hongroise : Attila József, dont il pastiche un poème célèbre, qui craignait l'homme qui ne sait pas jouer, qui demandait à la liberté - en l'occurrence, politique - de « laisser jouer son enfant beau et sérieux», ou Dezsö Kosztolányi dont les jeux virtuoses constituent l'essence même de sa poésie, et qui, tout comme Horváth, invite à jouer à lavie et à la mort. Ce même Kosztolányi affirmait que traduire, c'était « danser pieds et poings liés ». La différence entre le français et le hongrois interdit, certes, auxtraductrices du présent recueil de rendre intégralement les sonorités de l'original, et, en particulier le rythme des « Hexamètres pour Eva », mais les invite à « danser », c'est-à-dire à chercher, par les moyens mis à leur disposition par la langue française, à suggérer ses effets. A cet égard, leur travail constitue une belle réussite.
7
Georges Kassai
Chemins de traverse
1965-1983
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.