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José Hierro, entre cendre et flamme

De
366 pages
José Hierro est l'un des grands poètes ibériques du XXe siècle (1922-2002). Son oeuvre, débutée en 1947, a été lue et aimée par plusieurs générations d'Espagnols. Une grande partie de ses recueils de poésie a été composée et publiée sous le franquisme, circonstance singulière qui dicta, chez l'écrivain comme chez d'autres poètes espagnols des décennies d'après-guerre, jusqu'à la mort du Général Franco, la recherche d'une écriture spécifique.
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JOSÉ HIERRO,
ENTRE CENDRE ET FLAMME
© L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN :978-2-296-02809-8 EAN :9782296028098
Emmanuel LE VAGUERESSE
JOSÉHIERRO,
ENTRE CENDRE ETFLAMME
L'Harmattan
Classiques pourdemain dirigée par Daniel-Henri Pageaux
Cette collection rassemble des études surdesécrivainsdenotre temps, consacrés par lesuccèsdans leur pays (francophones oude languesibériquesen particulier),pour lesquelsil n'existepasencore d'approchescritiquesenfrançais.Ellevise donc à diffuserauprèsdu public étudiantetdelecteurs soucieuxdes'ouvriraux littératures étranresdes parcoursetdes propositionsdelectures,voireune base de documentationbibliographique.
Déjàparus
LuciaDASILVA,David Mourão-Ferreira,2005. MarceloMARINHO,João GuimarãesRosa,2003. FrançoisPIERRE,Francisco Umbral oul'esttique de la provocation,2003. Françoise MORCILLO,Jaime Siles:un poète espagnol"classique contemporain",2002. Dorita NOUHAUD,Isaac Goldemberg oul'homme duLivre,2002. AnouckLINCK,AndrésCaicedo,un météore deslettres colombiennes,2001. Dorita NOUHAUD,LuisRafael Sánchezdramaturge,romancier porto-ricain,2001. EmmanuelLEVAGUERESSE,Juan Goytisolo, écriture et marginalité,2000. MadeleineBORGOMANO,AhmadouKourouma, le"guerrier" griot,1998. Jeanne-MarieCLERC,Assia Djebar. Ecrire,transgresser,résister, 1997. AndréDJIFFACK,Sylvain Bemba. Récitsentre folie etpouvoir, 1996. Jean-Claude VILLAIN,Jean-MaxTixier: à l'arête desmots,1995. Michela LANDI,Mario Luzzi fidèle à lavie,1995. MarieCHEVALLIER,Marc Alyn, lavoix, lavoyance,1994. Françoise NAUDILLON,Jean Metellus,1994. Daniel-Henri PAGEAUX(éd.),Ernesto Sábato,1993.
À mesparents
INTRODUCTION
Lorsquel’onévoquelapoésie de José HierrodelReal (Madrid,1922-Madrid,2002),poète extrêmement populaire dans son payset pratiquementinconnuchez nous, enFrance, on seretrouvetrès vite, aussi, face àlatriplequestionde l’appréciationd’unepoésie espagnole dite, dans un premier temps, « deposguerra»cest-à-dire del’après-guerre civile espagnole, conflit quis’acheva en 1939aveclavictoire du néralFrancoet remplit lepaysdeses pénitenciers, 1 disséminésdans lepays –,où surnagentde grandesfigures, comme celle de Vicente Aleixandre, futurPrixNobel,oudu critique et poète DámasoAlonso,quirestèrenten Espagnepourcréer malgréla censure franquiste, dans un contexte demisère etderépression ; puis, delapoésie dite «sociale »,tellequ’on l’étiquetteparcommodité avecles nomsde Blasde Otero ouGabrielCelaya,unepoésie fortementinfluencéepar l’époque,par laquestionde
1 Cf.Josaé HIERRO : « lfríode OcañayBurgos,/al vientoheladodel mar /delDueso...», « aufroid dOcaña etde Burgos,/au ventglacé dela mer /de ElDueso...», « Losandaluces»(« LesAndalous»,Libro de las alucinaciones).Nous traduisonssormais les titreset les verscités,une traduction originale et proche du texte espagnol – sans tomberdans la littéralité absolue, dont laresponsabilité,parconséquent,nousincombe ànous seuls.Parailleurs,nous traduisonsdirectement,sansdonner le texteoriginal,toutcequin’est pasdel’ordre delapoésie.Pour les recueilsdepoésie et tous lesautres ouvragesautres quelesétudes universitaires,nousdonnons letitre enfrançaisentreparentses ou crochetsàlasuite et,sil’ouvragen’apasététraduit,nousendonnons une traduction littéralesuivie d’unastérisque.La date donnée est, dans tous lescas, celle delapremrepublicationenespagnol. 7
l’engagementdel’écrivain –à gauche,leplus souvent –, cettequestionétant, enEspagne etailleurs, ences lendemains de conflitcivil meurtrieret même de guerremondiale, «le pontauxânesdelapériodesartrienne »,selon les motsde l’historiencroate Predrag Matvejevitch;enfin, delapoésie desannées soixante,plus libre,même enEspagne et sormaisen phase avecunevolonté de « connaissance » de l’hommeplus que de « communication» aveclui, avant que lesannées soixante-dix,un peu partout, donc également sur le territoire ibérique,nesejette dans le feudela déconstruction etdelapostmodernité. Néanmoins,on saitbien quelesétiquettes nesont,la plupartdu temps,que desfacilitéset que, derrreune taxinomierigide,se cachentdes œuvresetdesécrivains spécifiqueset originaux,toutautant que divers, irréductibles àunemise en ordre générationnelleoucatégorielle,quisonne toujours un peucommeunfichage. mesila Francerivaliseparfoisavecl’Espagne,pource 2 qui estdel’inventionde générationsformatées, enpitde tentatives récentesde certains universitairesdelesabolir définitivement, il sembleque, dans le cas très précisde José Hierro,saméconnaissance delapartdu public français lui ait évitéune classification trop normative.Peu traduitdans notre langue, etessentiellementaucoursdesannées soixante, ila été ensuite assez viteoublié etdes lecteursfrançaisetd’une grandepartie delarechercheuniversitaire française.Ces quelques poèmes traduitsdans lesannées soixantepeuvent êtrelusdansdesanthologiesaujourdhui assezdatées, consacréesen majorité àlapoésie dite « de combat» anti-franquiste, commeLa poésie espagnolede Pierre
2 Ainsi,on parlevolontiersde « nérationde [18]9de « 8 », nération de [19]27»,respectivementà cause dela crisepolitique etintellectuelle ème que connut l’Espagne àla finduXIXsiècle, aveclaperte deses dernrescoloniesetdesoninfluencesur l’échiquierinternational,mais aussi du renouveaudelapoésie espagnole,quise fit jourdanscesannées-là. 8
Darmangeat, en 1963, chezSeghers,quiproposetrois traductionsde grands poèmesde Hierro,maischoisis parmi les plus«sociaux»ouhistorico-politiquesdenotre auteur. Dailleurs,notrepoèteseretrouve coincé entre deux poètes relativement mineursducontre-franquisme, MarcosAna, présenté commeun poète ayantété « [e]n prisonde dix-huità quarante ans...» etGabrielPradalRodríguez, «jeunepoète exilé » etaujourdhuioubl.Malgrétout,les quelques lignes deprésentationde Hierro nel’enferment pasdanscette catégorie,se contentantdégrener ses récompensesetden faire «undeschefsde file delatrès vivantepoésie espagnole daujourdhuci », ommesilaspécificitépoétique de Hierro empêchaitDarmangeatdesacrifier, enbonhispanistequ’il fut, àlatentationdel’étiquetagestéréotypé, enpitduchoix des pièces poétiques qu’ila effectué. La « Berceusepourendormir un prisonnier»(« Canciónde cunapara dormiraun preso»),l’undes trois poèmesde l’anthologie,réappart, dailleurs, dans l’autre grand florilège depoésie espagnoletraduite enfrançais, àlamême époque,ChantspourlEspagne,paruauClub desAmisdu Livre Progressiste en 1966.CestAlainSicard, hispaniste françaisderenom,quiprésente et traduit les poèmesde Hierro.Cet ouvrage collectifsevoulaitclairement politique et neprésentait quelapoésie espagnole alorsactuelle et, beaucoup,parmilaplusengagée.On nes’étonnera doncpas deretrouver, dans lesdeuxautres poèmesde Hierro retenus danscet ouvrage,un« Chant pour l’Espagne »(« Cantoa España »),quasi-doublondu titre générique del’anthologie. Un poème futaussipublié dans larevueEuropede septembre-octobre1962 (n° 401-402)consacré àlajeune poésie espagnole, ainsiquelatraduction parRobertMarrast de déclarationsde Hierro paruesinitialementenEspagne.Et deuxautres poèmesétaientapparusauparavantdans le volume dEmile VandercammenetFernand Verhesen consacré àlapoésie espagnole contemporaine,Poésie espagnole daujourdhui(1956) oùHierroest présenté, de 9
mêmeque GabrielCelaya etLeopoldode Luis, comme faisant partie d’une– pour nous trèshypottique« générationde1940», cest-à-dire des premiers lendemains dela guerre civile. LarevueLa Table Ronde,pourtant peu suspecte dêtre à gauche, consacre en janvier 1960 (n°145) quelques pagesà unarticle enfrançaisde Hierro,traduit parLaure Guille-Bataillon, articlequinous semble intéressantcardestiné manifestementau public français.Lepoète, danscette « Poésie espagnole daujourdhui »,plaidepour quele lectoratde Francene confondepas l’État,lerégime espagnol et les poètesespagnols (!),maiscomprenne bien que, dans l’Espagne desannéescinquante, «lepoèmen’est plus unbel objetintellectuel, cest l’instantd’unautre homme.Lepoème est unhomme,un témoignage ». Enfin, exceptéquelquesautres poèmesetarticles disséminésçà et là,on trouverépertoriée dans quelques rares bibliographies, espagnoles oufrançaises,une éditionde Poèmesde José Hierro,traduits parRogerNoël-Mayeret préfacés parManuelArce, chezSeghers, en 1952.Il nes’agit pasdela célèbre collection monographique auformatcarré des« PoètesdAujourdhui »,qui a étél’honneurdel’édition poétique françaisependantdesannées,maisd’unepetite plaquette dela collection« P.S.». Cetteminceplaquette estcomposée de dix poèmes, choisis dans les quatrepremiers recueilsdu poète,traduitsen français,tandis quelapréfaceprésente auxFrançais l’inconnuJosé Hierro,poète ibérique instituéreprésentant, pour lepréfacierArce, d’un«vivrevite, [qui] estcommela devise,la consigne denotretemps, denotre époque daprès-guerre ».Nous parlantau téléphone,quelques moisavant sa mort, de cette éditionfrançaise dePoèmeschezSeghers,un demi-siècleplus tôt, Hierro revenait volontiers surcesouhait ardent, desapart –et quipartétonnantau lecteur daujourdhui,un tant soit peuaucourantdel’histoire ème espagnole duXXsiècledenepas voirconfondus,une 10
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