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Kali Yuga

De
140 pages

« "La poésie, il faut la manger crue”, a déjà pu écrire Yves Rouquette. Dans ce premier recueil de Patric Kerlann, il faut aussi savoir s'attabler “pour manger cru”. Ne cherchez pas de sauce pour votre régime habituel. Ce jeune poète ne vient pas pour s'entendre acclamer mais pour se faire entendre. »


Émile Cocher



« À la fin des quatre âges cosmiques, le monde est mûr pour être foulé aux pieds et détruit par Shiva, le rieur qui danse. Mais l'univers ne finit pas là... »


Hermann Hesse


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Couverture
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Cet ouvrage a été composé par Edilivre
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ISBN numérique : 978-2-414-10686-8
© Edilivre, 2017
Présentàtion
« La poésie, il faut la manger crue » – a déjà pu écrire Yves Rouquette pour l’ouvrage de Paol Keineg « Chroniques et croquis des villages verrouillés ». Dans ce recueil de Patrick Lefort, il faut aussi savoir s’attabler « pour manger cru ». Ne chercher pas de sauce pour votre régime habituel. Ce jeune poète ne vient pas pour s’entendre acclamer mais pour se faire entendre. Comme chez Milosz, son âme est infortunée et les imaginations brûlantes de l’adolescence consument la réalité de toute sa vie. A-t-il aimé ? A-t-il haï ? Il n’a vécu que pour survivre – en confiant au papier toutes ses ardeurs – ses violences – ses révoltes – il a conscience d’accomplir l’acte le plus important – essentiel. Dans ces vers de l’adolescence, ce sont des questions désespérées qu’il adresse à l’homme, à la nature, aux dieux de la création, mais ces paradoxes d’un cœur vibrant de passions fébriles vont côtoyer, s’ouvrir sur l’infini d’un monde entrevu dans une émotion vertigineuse, en quête de lumière. « Je suis un morceau d’azur déchu qui rêve de lumière intarissable » et ailleurs – « La poésie est un poignard, l’arme d’un suicide intérieur… C’est un moyen d’atteindre à quelque chose d’autre… » Comme d’autres jeunes poètes, il refuse la société actuelle, ses principes décadents qu’il faut bouleverser, accélérer peut-être. Il monte, il va plus loin, il rejoindra Rimbaud, Van Gogh, Nerval… Car Rimbaud ne doutait pas de lui mais très vite, il s’est senti seul. Sa voix profonde n’avait écho qu’en lui-même… et cela seulement le rappelait à la vie véritable. Pour être lumière… pour éclairer sa vie profonde, sa poésie ne sera pas le reflet d’un échec – mais pour regretter les forces vives de l’humanité qui ne s’appuient que sur la mort… en oubliant d’atteindre à la suprême liberté, le suprême amour, le Salut ! Alors de détruire en soi tout ce qui retient « au terrestre » – car… « l’homme est plus fort encore que tous les dieux maudits il sent sourdre en son cœur d’effrayants appétits… » et comme une complainte, dans un de ses poèmes – « Rêves d’or » mes rêves d’or en deuil ont péri endormis sous l’aile des murmures… – C’est quand la nuit s’endort et dépouille nos cœurs que l’on peut dans nos yeux les écouter mourir ô comme un air en feu, ô comme une liqueur mes rêves d’or sont morts… au vent des souvenirs… Mais vient une maturation nouvelle… Le jeune poète, au contact plus viril des autres hommes, va peut-être se sensibiliser d’ardeurs moins paradoxales. Ses « Rêves d’or » vont se fixer… Alors de découvrir un autre monde de douleur et de souffrance, rejoignant le mystère des contradictions ! Alors de se cogner à d’autres forces occultes qui régissent notre condition terrestre… et de hurler son dégoût dans « Les Maudits » : … les petits rejetons des ouvriers piteux implorent l’Ironie des époques latentes… de crier sa malédiction… de crier au scandale.
Quand Patrick Lefort me fit part de son intention de confier à un recueil poétique la mission de son message, je songeai soudain à tous ces jeunes poètes qu’il me fut donné de côtoyer au Festival Poétique de la Baule – et à travers ses Jeux Floraux. Il en est l’un d’eux, l’un des plus fervents, l’un des plus sincères. Ma joie est donc multiple, car en lui consacrant cette préface, c’est à l’ensemble des jeunes que je la dédie – à leur enthousiasme, à leur notion d’émerveillement surtout, de découvrir en permanence, un autre monde où se réfugier, pour y vivre de leur idéal, de leurs élans, de leur passion ! Chacun avec son caractère, son particularisme, son optique et sa ferveur. Car de vivre à vingt ans, ouverts à toutes les sollicitations, c’est se sentir disponible pour toutes les aventures, morales ou spirituelles. En se reculant, en observant l’immense et merveilleuse leçon de la nature environnante, avec ses triomphes, ses cathédrales ou ses bas-fonds – c’est toute l’humaine histoire qui les déconcerte et les suffoque. Alors de récrier – de crier à la révolte face à l’homme « dénaturé » par des notions mercantiles où l’avilissement de sa condition devient source d’appétits
incroyables ! Alors, ils seront témoins de tous les scandales hallucinatoires où les formes d’esclaves modernes s’entourent d’auréoles pompeuses et ne dégénèrent qu’en de multiples calamités. Le jeune poète va hurler sa haine de l’ordre établi. Sur des bases ou des notions incroyables d’anarchie, il exigera de revenir aux forces intérieures – aux nécessités profondes – de recourir à de nouvelles valeurs. L’appel ou le chant de Patrick Lefort s’inscrit dans cette attente, vers des données meilleures où de vivre en ce monde ne soit plus de noirceurs – de tristesses ou de haines – mais un hymne à l’enthousiasme – à la beauté ! Emile COCHER,
Barde Alan Uhel du Gorsedd de Bretagne. Membre agrégé de la Société des Poètes et Artistes de France. Fondateur du Festival Poétique et des Jeux Floraux de la Baule.
Palimpseste
La poésie n’est qu’un tiroir de pacotille que l’on tire vers soi et qu’on vole au soleil quand on étouffe son ennui et quand on pue la solitude dans les tringles les courroies les poupes et les poulies de la mort la poésie est loin d’être ceci elle n’est pas près d’être au-delà au-delà de la poésie dans l’œil clair et poudreux d’un printemps de vie bleu.
ves d’or
à Emile Cocher
Par les sentiers fleuris où palpitent les feuilles et sous les saules noirs aux vertes chevelures il faut leur pardonner mes rêves d’or en deuil ont péri endormis sous l’aile des murmures
ils ont peut-être vu dans les poussières blondes le frêle pas perdu d’une femme trop belle et sous les ruines bleues où les regards abondent des paroles en pleurs eau de quelque prunelle
dans le mufle des soirs des sueurs de bruyère et les violons noirs des fils téléphoniques ils ont floué des lys ô nocturnes prières sans rencontrer dans l’air un seul parfum antique
la fièvre et le gong soufre insolite des ans l’éternité en long manteau vapeur de ciel ont roulé dans mes yeux comme un rayon plaisant et fait des soirs de pluies une brume de miel
dans l’eau des branches bleues où parfois comme une île un bas soleil distrait se berce vainement ils vont enfants buveurs d’infinités fragiles crever leurs bustes blonds dans l’or des firmaments
c’est quand la nuit s’endort et dépouille nos cœurs que l’on peut dans nos yeux les écouter mourir ô comme un air en feu ô comme une liqueur mes rêves d’or sont morts au vent des souvenirs.
Rivalité
Tout étourdie dans de moelleux et gris coussins paresseuse au milieu des tièdes fumerolles sur les divans profonds de mon cerveau malsain se vautre ma pensée ô muse de paroles
à travers les salons de porphyre et de verre étendue pâle ainsi qu’une catin gloussant elle aspire mon âme en des rives légères et abîme mon œil en ses ailes de sang
quand ivre et indolente après avoir rêvé elle éteint sa chandelle et se cache en ses draps un ange parfumé qu’un phénix a bravé tombe malade et fou en larmes dans ses bras
dans ma gorge flétrie dans l’azur consumé il s’évade vaincu et ne sait où il fuit le soir couche son ombre en mon front d’accalmée mais j’entends ses pas sourds dans ma tempe qui bruit.
Veillée
Sous le rayon poudreux d’un onyx azuré lisse comme un essaim ocreux cerclé de cuivre seule presque assoupie dans les souffles cendrés dans la pénombre et les rouges rumeurs s’enivre une femme dont l’âme a des roulis sacrés
lasse quittant l’écrin de la vitre sanglante elle lit calmement dans le bleu dévoré assise sur un lit dans l’ombre chancelante d’où frémissent des fleurs dont le parfum sucré se mêle à la moiteur des caresses troublantes
parfois les yeux mi-clos et le corps sans frisson donnent à la lumière intime et transparente un désir de sommeil si fragile soupçon que le doigt rose et fin sous la lampe amarante décline l’arabesque élude la chanson
dans la chambre où l’obscur et les tapisseries font des danses dorées des reflets vermillons où l’œil pur et brillant exalte la féerie des secrètes amours et des miroirs profonds la femme est seule et lit les feuillets d’hystérie
frêle tout alanguie dans les vapeurs du soir soulevant les rideaux les fines broderies rêveuse extasiée comme en un reposoir elle entend murmurer comme une litanie une plainte naïve où dort un elfe noir
l’ombre envahit la rue le ciel cesse de vivre et le soleil brûlé tel un pâle ostensoir gonfle le glacier vert des ailes et le livre prend à la lèvre rose un soupir d’encensoir un filet d’or lichen ou baiser bleu de givre.