Kam & Run

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"Renouveau ! Renouveau ! Kamerun Actualité ! Ce jour-là, grands-parents étaient alors petits-enfants, c'est le renouveau ! à la fleur de l'âge ! (...) Aujourd'hui, enfants de grands-parents ont des petits-enfants. Renouveau ! Renouveau ! Kam & Run actualité !
Publié le : lundi 4 janvier 2016
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EAN13 : 9782140006500
Nombre de pages : 176
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MàseeMALKAM & RUN
Les amphitryons de la palmipédie mentale et physique
Poésie engagéeL
Lettres camerounaises
Préface de Francis BelingaL Postface d’EdgardClaude Akono
Kam & Run
Les amphitryons de la palmédie mentale et physique
Lettres camerounaises Collection dirigée par GérardMarie MessinaLa collection « Lettres camerounaises » présente l’avantage du positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, cette collection s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Calvin Blaise MANJIA,Un amour empoisonné, 2016. Ebenezer KOB-YÈ-SAMÈ,L’équation de mon pays. Jour et nuit / Buose na Bulu, 2016. Jules Darlin NAKEU TSAGUE,Le drépanocytaire, un malade victorieux, 2016. Mukoma LONDO,La fille du procureur, 2016. MASSONGO MASSONGO,En rime, de l’abîme à la cime,2015. Appolinaire NGANTI NGONGO,Laid comme Belzébuth,2015. Charles SOH,L’homme qui creusait, 2015. Jean-Baptiste MAPOUNA,Les pieds sur terre, 2015. Christiane Louise Félicité KADJI,Au pays de la magie noire, 2015. Dieudonné MBENA,Offrandes poétiques aux Mères, 2015. André LAM, Les étoiles voilées du Sahel, 2015. Désiré MBEKE,Le ventre de mon village, 2015.
Màsee MAL
Kam & Run
Les amphitryons de la palmédie mentale et physique
Poésie engagée
Préface de Francis Belinga Postface d’Edgard Claude Akono
Du même auteur, aux éditions L’Harmattan Les 50 nerfs de la honte. La confrérie des calebasseries de guimbardes © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08313-1 EAN : 9782343083131
À toi fils de cette contrée, quels que soient ton lieu de naissance; ton âme, l’amour pour la patrie; ton corps, la joie de la Nation…
Produit de la sublimité et de la providence de l’existence, dans un monde où l’espoir est superfétatoire et le rêve dérisoire, enfant auréolé de gloire, vois en cet ouvrage la note bleue des jalons posés pour tes exploits à venir.
À toi fils d’ici et d’ailleurs, toi qui attends toujours le meilleur d’autrui, toi qui attends toujours le meilleur de ton pays, toi qui rêves du meilleur de tapatrie…
En toute chose, ose ! ose ! ose ! Toutefois, éloigne-toi de ces penchants qui pourraient te porter vers le bas, car la beauté du monde se contemple en hauteur sur une pente montante. À toi fils de ce monde, preuve vivante de la splendeur de l’univers, l’heure est venue de donner le meilleur de toi pour révéler le meilleur caché chez autrui.
PRÉFACE
Màsee Ma Loñ fut pendant longtemps le héraut de service que j'appréciaispour ses chroniques radiophoniques. Mais depuisque j'ai eu le privilège de lire ses livres, il est devenu mon Ami. Et je suis certain qu'il ne le sait pas.Kam & Run, les amphitryons de la palmipédie mentale et physique, est son dernier long métrage. Je ne vaispas vous enparler, ce serait indisposant commequelqu'unqui vous raconte un film alors que vous êtes en train d'acheter le billet au guichet. Entretenons-nous sur d'autres sujets sans forcément inviter cepsychanalyste des sociétés en décadence. Au salon du livre d'octobre 2005 à Toulon, j'ai eu la chance de rencontrer un jeune écrivain français intéressé par l'Afrique. La première questionqu'il m'aposée était de savoir ceque signifiait le mot Kamerun ? Je n'ai pas pu répondre et aujourd'hui encore, des années plus tard, je n'ai pas plus avancé sur le sujet. Franchement, j'assume pleinement mon ignorance crasse.
Les Portugaisqui avaient ouvert les voiespar césarienne de la traite des esclaves au Kamerun sur les rives du Wouri ont baptisé ce fleuve mythique : Rio Dos Camaroes, littéralement Rivière des crevettes si mes souvenirs du cours moyen deux sont bons. À ce moment, nous sommes au 15e siècle après Jésus-Christ. Laissons de côté pour l'instant le commerce mondial des nègres, c'est un sujet qui fâche, et qui plus est, a le démérite contagieux d'être plus vieux que l'histoire contemporaine !!! En 1885, les Portugais s'étant gavés de crevettes et d'esclaves, les Allemands débarquent à leur tour,par césarienne aussi comme les Portugais, maispour les Allemands, ce sera sans feinte d'anesthésie. Ils exproprient les chefs duala du Wouri, s'installent sur le plateau Joss, arrachent filles et femmes, les violent et les torturent à sexe-que-veux-tu, exécutentparpendaison Manga Bell, Ngosso Din et des centaines d'autres dignitaires autochtones révoltés, puis décident d'appeler notre pays Kamerun.
C'est dire la difficulté qu'il y aura au long de ce propos à rendre une définition universellement admissible à cette entité étatique d'Afrique centrale et de l'Ouest. Cependant,justement,camarao, selon les étymologistes, voulant dire en portugais crevette, nous avons là une chance surnaturelle de pouvoir déclarer avec un certain orgueil, retour légitime en récompense de notre hospitalité séculaire,que nous sommes descrevettes!!!Qui l'eût cru,qu’en plein dans le débat des replis identitaires, les Kamerunais (revenons à l'orthographe avec un K de l'infinie sapience allemande de 1885)trouveraient en un simple etaprioriinsignifiant crustacé et le pilastre justificatif et le fondement métaphysico-psychologique de leur unité nationale ? Ouf !
Une certaine logique d'alignement(celle de ceuxqui n'ontpoint de logique) aurait peut-être voulu à cette époque que ce Kamerun-là fût plutôt baptisé Wuri ou Wouri s'apparentant ainsi au contenantplutôtqu'à la crevettequi elle n'estqu'unparmiplusieurs contenus. N’est? Nous serions alors tous des-ce pas Wourois (les rois du Wouri) ou desWouriens(les nuls du Wouri) ! Peu importe, nous saurions au moins que notre pays tire son origine des profondeurs sous-marines de ce fleuve. L'avantage d'une telle appellation aurait en principe été la mise en place d'un sentiment d'appartenance : tous les habitants de ce pays se souviendraient ensemble, l'œil humide de fraternité,poitrine bombée de fierté, d'un point de départ commun, non pas de leur histoire, mais d'une icône symbolique fédératrice, starting-block nécessaire à la structuration d'un idéal national. C'est d'ailleurs ceque d'aucuns qualifient de conscience collective.
Ainsi, à défaut d'avoir une langue nationale (le français et l'anglais sont des langues officielles,pas nationales),paramètre incontournable au fondement d'une nation, lesWouroisauraient eu en commun un fleuve, une image brachiale, un moment, non mimétique, comme le sont nos soi-disant fêtes nationales, mais une réalité vécue, visible,que tout le mondepeut toucher,préalable au recul de l'impasse identitaire.
Mais hélas, les Kamerunais (aujourd'hui Kam & Runners) et une bonne partie des États d'Afrique noire ont laissé les autres
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prendre le gouvernail de leur avenir. Au point où le drapeau national est un vert-rouge-jaune à la bleu-blanc-rouge et l'hymne national un mini-plagiat de la Marseillaise. Pas besoin d'être Beethoven pour s'en apercevoir. Aimé Césaire, lors d'une de ses dernières interviews, rappelle l'étymologie du mot émancipation: du latinmanucapare,prendrepar la main. En effet, c'est celuiqui fixe la ligne de départqui fixe également la ligne d'arrivée. En droit, un mineur émancipé est celui qui par ses actes a prouvé qu'il peut se passer de l'autorité parentale, ou d'un quelconque accompagnement tutélaire. Il n'y a doncpas de miracle dans l'hypothèse d'un développement sociétal : il faut s'émanciper, il faut se prendre en main. Un point, un trait. Nous vivons au Kamerun aujourd'hui une crise nationale émotionnelle,ponctuée de peur et d'angoisse rebelles à toute forme intérieure de thérapie.
Faute de repère unificateur, le Kamerun se retrouve fortement amputé, incapable de s'adosser à un mur mitoyen de son histoire (inexistante?). Comme une abeille qui rentre dans un TGV, selon l'allégorie du défunt professeur et visionnaire Georges Ngango, le Kamerun ne sait pas d'où il vient, où il va. C'est un fait réel, le processus de strangulation arrive à son terme. Seul espoir, c'est qu'un jour, une certaine élite, mue par un sentiment d'orgueil du monstre agonisant, sursaute en dernier recours et qu'en une énergie du désespoir, brise les chaînes de l'esquive.
Kam & Run , le poème éponyme de l'ouvrage (viens et fuis, en pidgin, langue fondée par les Kamerunais dans les maquis sanglants de la résistance nationale face aux colons), vient rappeler à tous que le moment est venu de lier le compromis et de détester l'insalubrité. En tant que chroniqueur et historien de l'instant, MML essaie d'interpellerpar l'outrance, tirer une sonnette d'alarme, une des dernières probablement. Parce que la « Conscience Noire », chère à Steve Biko n'a pas trouvé terrain fertile au Kamerun. Parce que les avancées inquiétantes de ce pays vers le trou noir se confirment dans l'insoutenable légèreté des statistiques. Six cent mille emplois sur treize millions d'habitants, un médecin pour deux cent mille personnes, des salles de classe de quatre-vingts élèves !!!
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