KENDA ET L'ENSORCELLEUSE

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Kenda qui se souvenait avoir déjà entendu réciter ces augures voulut dire à l’,ancienne qu’,elles lui paraissaient complètement dénuées de sens. Mais il se tut, se rapprocha d’,elle et essaya de repérer le point qu’,elle fixait dans l’,horizon lointain. Il ne lui sera rien demandé …, la princesse fera dot d’,un chat noir…, La suite, Kenda la connaissait par cœ,ur : La fluorescence de la lumière du soleil, atteignant son paroxysme, traduira la fougue du jeune innocent pour la princesse sanguinaire , son cœ,ur est pris. Il s'émerveillera pour celle à qui il était destiné…, Comme un jour qui perd de son éclat en rougissant, ainsi son sang bouillira…,
Publié le : mercredi 8 septembre 2004
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EAN13 : 9782748140507
Nombre de pages : 88
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KENDA ET L'ENSORSELLEUSE
Eric Kande
Kenda et l'ensorselleuse





ROMAN











Le Manuscrit
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ISBN : 2-7481-4051-6 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-4050-8 (livre imprimé)














I
Le soleil se leva avec un visage différent ce jour-là
au-dessus de Denka. Denka était un village étrange,
peuplé de trois milliers d’adultes -c’est à dire
d’hommes âgés d’au moins dix-neuf cycles de saisons
et de femmes de seize - situé à l’orée d’une forêt
sacrée que l’on appelait Nantaba. Cette dernière,
encore inexplorée, faisait l’objet de nombreuses
légendes chez les villageois, lesquels avaient besoin
de raisons précises, voire vitales pour y pénétrer. Il
était entendu qu’elle recelait un nombre d’arcanes
séculaires se rapportant à la création du village et
essentiels à sa survie, mais entre tous, une, que l’on ne
pouvait découvrir qu’au prix de sa vie. Tous les
intrépides qui s’étaient risqués à l’aventure avaient
emporté le fruit de leurs découvertes dans la tombe.
C’est l’une des raisons pour lesquelles personne au
village ne pouvait prétendre connaître seulement le
quart de cette forêt. Elle faisait l’objet d’une profonde
crainte, mais aussi de respect, parce qu’elle
pourvoyait à l’essentiel des besoins du village. D’où
son nom Nantaba : mère nourricière. Les Denkois
étaient tenus, chaque fois qu’ils avaient procédé à un
abattage, de repiquer à l’endroit précis un plant de
remplacement. Ainsi on disait qu’aucun arbre, aucun
buisson ne s’était soustrait à la flore depuis des
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KENDA ET L'ENSORSELLEUSE
décennies, que les espèces et le nombre d’animaux
que l’on tuait lors de la semaine de chasse (laquelle
avait lieu tous les trimestres) n’avait aucun effet sur la
faune, que la régulation des prédateurs comme celle
des proies se faisait toute seule, de sorte qu’il n’y ait
jamais de problème de cohabitation entre animaux et
animaux, et entre humains et animaux.
Si la forêt était mystérieuse, le village ne l’était
pas moins avec ses us et coutumes, ses croyances et
ses mythes. A Denka on construisait avec de la terre
battue et de la paille. Aucune autre matière n’était
admise. Les chaumières, uniformément architecturées
en arc de cercle au-dessus du sol constituaient
chacune une seule et spartiate pièce, laquelle servait à
la fois de salon, de cuisine et de dortoir. Quand les
enfants devenaient encombrants -c’est à dire quand ils
avaient atteint l’âge de la sagesse- on leur construisait
des cases à eux, simplement. Pareillement, tous les
objets que l’on pouvait trouver dans le village avaient
cette figure arrondie, suivant une obscure prescription
ancestrale. Ce n’était là qu’une des nombreuses
coutumes qui faisaient de ce village le plus étrange
qui existât sous le ciel.
Le ciel justement se présentait sur un jour insolite
ce matin-là comme nous l’avons dit, avec un soleil
exceptionnellement morose, qui distillait de violents
rayons aux reflets rouge vif, comme si un voile de
cette couleur recouvrait le village et l’horizon au-delà.
L’année de l’éclair… Le premier jour… Le mois
obscur… Un mâle succombera au charme mortel de
la princesse …
Kenda, debout devant la fenêtre de sa case, sourit
pensivement. On disait tellement de choses dans ce
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