L'Amande du temps

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Les poèmes portent une date et une marque, non dans une chronologie explicite qui indiquerait les année, les mois ou les jours, mais à l'intérieur des signes et des séquences, au contour des assonances et des analogies. Une manière pour ponctuer les métaphores et thématiser les étapes, du fait que toute l'écriture se trouve consignée depuis le premier poème intitulé Au seuil avec un soleil qui couve dans la nuit, jusqu'au terme du voyage qui s'arrête sur un Post Scriptum.
Publié le : mercredi 1 mars 2006
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EAN13 : 9782296146495
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L'amande du temps

<Ç)L'HARMATTAN,

2006

5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
L'HARMATTAN, ITALIA s.r.l.

Via Degli Artisti 15 ; 10124 Torino L'HARMATTAN HONGRIE Konyvesbolt; Kossuth L. u. 14-16 ; 1053 Budapest L'HARMATTAN BURKINA FAsa 1200 logements villa 96; 12B2260 ; Ouagadougou 12 ESPACE L'HARMATTAN KINSHASA Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives BP243, KIN XI; Université de Kinshasa- RDC

http://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan @wanadoo.fr hannattanl @wanadoo.fr

ISBN: 2-296-00520-9 EAN : 9782296005204

KASEREKA

KA VW AHIREHI

L'amande du temps

Poésie

L'HARMATTAN

Du même auteur
Chiffonnier de l'espoir, Kinshasa, Éditions Universitaires Africaines, 1994. Le crépuscule des ombres, AML, Bruxelles, 1998. 2002.

Pascalie. Journal d'un errant, Paris, L'Harmattan,

V.K Mudimbe et la réinvention de l'Afrique. Poétique et politique de la décolonisation des sciences humaines,

AmsterdamINew York, Rodopi, 2006.

Préambule
Les poèmes portent une date et une marque, non dans une chronologie explicite qui indiquerait les années, les mois ou les jours, mais à l'intérieur des signes et des séquences, aux contours des assonances et des analogies. Une manière pour ponctuer les métaphores et thématiser les étapes, du fait que toute l'écriture se trouve consignée depuis le premier poème significativement intitulé Au seuil avec un soleil qui couve dans la nuit, jusqu'au terme du voyage qui s'arrête sur un Post-scriptum dont l'ultime poème dit:
Peut-être ne suis-je qu'une feuille morte un chant ou un rêve éveillé d'enfant entêté qu'un vent léger emporte loin du lit des courants historiques

L'itinéraire qui couve annoncent l'espérance

se circonscrit entre les termes du soleil dans l'ombre et la feuille morte qui d'autres hivernages, et qui apportent des courants historiques.

Le premier mérite du recueil est assigné dans la thématique de la piste et de l'itinéraire. Il conviendrait de franchir les paragraphes, de ponctuer les articulations, et d'achever longitudinalement le voyage sur une promesse.

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Tout donc part d'un univers de l'éphémère, dans lequel tous les éléments sont entrevus du point de vue de leur précarité, l'ombre qui couvre la vallée autant que l'étoile espiègle. En suivant la gravitation des astres ou les mises au monde secrètes par quoi la vie se prolonge indéfiniment, le premier chant précède déjà la force contenue dans la promesse d'une Rédemption, et d'un acte de salut, au même moment où tout converge vers le désespoir et le découragement. Le deuxième acte engage d'abord à marcher, à partir, même sans trop bien savoir vers quelle destination les pas peuvent conduire. Au milieu d'une tristesse immense qui s'est abattue sur la ville muette et bavarde comme la décrivait déjà Césaire dans son Cahier d'un retour au pays natal, il faut se frayer un passage à travers les avenues de la souffrance et en mesurer les impasses cachées. Le monde semble tassé sur sa propre misère, sans aucun élan pour surmonter le désastre, ou même pour transgresser l'anathème. Écoute
les refrains mélancoliques des veuves condamnées à se lover sur les miasmes des plus beaux rêves

Tout le reste va osciller entre ces deux moments antithétiques, partir et revenir, comme pour engager le lecteur à parcourir dans le sens des latitudes les

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déchirures des hommes. Certes, ils ne sont pas encore nommés, et les milieux dans lesquels ils évoluent ne sont pas encore désignés distinctement. Et précisément, c'est de la difficulté à dire le lieu et le temps du poème, que provient le sentiment de solitude qui traverse tous les textes:
Prends ta plume et trempe-la dans le sang qui irrigue ta solitude pour créer d'autres langages

Il s'effectue déjà ici un phénomène important dans le discours du poème. Entre leje du scripteur et le tu de l' interpellatif, l'énoncé transgresse les limites du dialogue, pour produire une implication de rêves et de forces: Ton poème né du silence sera Pluie d'or. Ce type de pléonasme aboutit logiquement à un acte identitaire, intégrateur. Il est même vécu comme un moment d'unité entre narrateur-narrataire et récitantactant. Il réaménage en fait les paraphrases avant de les transformer en une incantation. L'unité convoquée n'est pas seulement faite de sang et de langages, elle s'accomplit dans la semence de vie et sur les lieux de la Terre meurtrie. Elle excède finalement les frontières d'un argument ou même d'un alibi contre les réserves d'usage, et elle se constitue comme un pressentiment afin de conjurer la hantise d'un horizon ouvert, selon le titre introductif à la première partie.

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Et brusquement, la tonalité change avec le retour au je énonciatif, en même temps qu'apparaissent des messies aux yeux révulsés qui accompagnent les derniers dieux nocturnes. En définitive, cette première partie se déroule comme un retour vers une protohistoire, lorsque les choses nommées demeuraient encore inconnues. Elle se situe à une époque où la terre grouillait d'êtres mythologiques, des hommes caïmans, mais également des femmes sirènes qui évoluaient au milieu des pythons blonds et qui démultipliaient des verbes hermaphrodites afin de marquer la distance avec la pensée. Ces mythes antiques sont scandés par de longues périodes d'anéantissement, de Mât brisé, des cendres de drapeaux délavés brûlés, en même temps que l'écriture prophétique pressent confusément l'emblème Arc-en-ciel qui grouille dans nos cœurs de chair. Car la poésie se veut un trajet et une trace à travers les méandres, une voix qui proclame l'avenir, un feu couvert (pour) danser l'étreinte des rêves. Dans le quatrième chant, la référence devient plus explicite, plus engageante aussi:
Je ramasse le pour réensemencer et ré inventer du premier bois mort les mot anciens I 'hymne matin

Alors commence le long cheminement pour reconstruire l'histoire, d'abord en réunifiant les

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