L'ambition de certains courtisans nouveaux venus

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Voyagez en lisant le poème "L'ambition de certains courtisans nouveaux venus" écrit par Claude d'ESTERNOD. Ce poète de France est né en 1592, mort en 1640. "L'ambition de certains courtisans nouveaux venus" de d'ESTERNOD est un poème classique. Profitez de ce poème en le découvrant sur cette page. Et n’oubliez pas que vous pouvez télécharger gratuitement en format PDF le poème L'ambition de certains courtisans nouveaux venus et l’imprimer depuis chez vous !
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Publié le : lundi 30 juin 2014
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L'ambition de certains courtisans nouveaux venus

[...] Pour amortir l'orgueil de mille vanités,
Considérons jadis quels nous avons été,
Et, faisant à nature une amende honorable,
Dis, superbe : J'étais vilain au préalable
Que d'être gentilhomme ; et, puisque de vilain
Je me suis anobli du jour au lendemain,
Du jour au lendemain je peux changer de titre
Et de petit seigneur devenir grand bélître,
Et en siècle d'airain changer le siècle d'or,
Et devenir soudain 'de consule rhetor'*.
J'ai vu des pins fort hauts élever leurs perruques
Par sus le front d'Iris, et tout d'un coup caduques,
Arrangés sur la terre, et ne servir qu'au deuil
D'un cadavre puant pour faire son cercueil ;
J'ai vu de Pharaon les pompeux exercites
Et contre Josué les fiers Amalécites
Gripper, triper, friper ; et après un combat
Je passe derechef, 'et ecce non erat'**.

Sur la flottante mer je voyais un navire
Qui menaçait la terre et les cieux de son ire ;
Mais, tout soudain rompant le cordage et le mât,
Je cherche mon navire, 'et ecce non erat'.
J'ai vu ce que j'ai vu, une rase campagne
Enceinte devenue ainsi qu'une montagne,
Qui pour mille géants n'enfanta qu'un seul rat ;
Où est-il ? je regarde, 'et ecce non erat'.
Bref que n'ai-je pas vu, que ne contemplé-je ores ?
Et avant que mourir que ne verrai-je encores ?
Le monde est un théâtre où sont représentés
Mille diversités de fous et d'éventés.

Ô constante inconstance ! ô légère fortune !
Qui donne à l'un un oeuf, et à l'autre une prune ;
Qui fait d'un charpentier un brave maréchal,
Et qui fait galoper les ânes à cheval ;
Qui fait que les palais deviennent des tavernes,
Qui, sans miracles, fait que vessies sont lanternes ;
Qui fait que d'un vieux gant, les dames de Paris
Font des godemichés, à défaut de maris ;
Que le sceptre d'un roi se fait d'un mercier l'aune,
Que le blanc devient noir et que le noir est jaune ;
Qui change quelquefois les bonnets d'arlequins
Aux couronnes des grands et les grands en coquins,
Les marottes en sceptre, en tripes les andouilles,
Les chaperons en houppe, en glaives les quenouilles,
Le rôti en bouilli, une fille en garçon,
La loutre en bon castor et la buse en faucon ! [...]


(*) de consul orateur
(**) et il n'était plus

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