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ou
A rlequin
de
la
lumière
« A ccent tonique » C ollection dirigée par Nicole B arrière
« A ccent tonique » est une collection destinée à intensifier et donner force au ton des poètes pour les inscrire dans l’histoire.
D ernières parutions Y  E S POUR  E . PO È E S SUR A C ORS E Toussaint édine Shangô SU D -OR D Than-Vân Tôn-Thât SOU DA   E S ROS E S POURPR E S aria Zaki E SO R DE S P É  SU E S Patrick Tudoret  E E T E B R A D O Paul-B ernard Sabourin À A R EC E R C E DE S P A S P E R D US aurice C ouquiaud G U É R R D E FA CE F rançoise C oulmin E R C R ED E TR E DE UX P E URS, D ana Shishmanian DA S E E Û E DE A P A RUR E arie-ise C orneille AF  QU E A SS E ÉB OU SS E E T C laire D émolin-C ordier C O ST E  A T O S DE S U TS D É T É G illes athieu E T T E R A DE SU T. PO É T QU E DE A P E RT E ean erold Paul
É ric acobée-Sivry
L’ A rlequin de
’univers
poétique
de
la lumière
G iovanni
A R A TT A
D otoli
C ollaboration à la maquette de couverture : icole
© LH A RM A TT A N    rue de l É colePolytechnique ;  Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
S B : 978-2-296-96235-4 EA : 9782296962354
B arrière
oute ma poésie est un chemin métaphysique angoissé. e dialogue avec les anges, avec D ieu, avec une figure féminine qui est le symbole de mon amour idéal, de mon union avec l’espace, le passé, le présent et l’avenir.
lis
et
eplis
de
G iovanni D otoli, mémoire poétique .
a poésie de G iovanni D otoli est un hymne à la beauté du monde et de l’être. e poète cherche à exprimer à la fois ses sensations, ses sentiments instantanés, ses interrogations face à l’univers. Tout ce qui n’est pas beauté et équilibre semble être nié, expulsé. Poésie de l’instant, celle-ci se corrige peu et utilise souvent le présent. Mais elle aime aussi à raconter le rêve, la « divagation » – le mot est utilisé par le poète lui-même. A lors domine le temps traditionnel du récit, l’imparfait. e vers est lui-même ici vers de l’instant, la « fulguration d’un instant d’éclair » 1 . C ette poésie est à l’opposé de la poésie de ceux qui mettent des années à écrire quelques vers et cherchent à les ciseler. E lle assume parfois l’impossibilité de la perfection car celle-ci décrit l’humain. C omme l’explique le poète dans le recueil a oix lumière , qui comprend plusieurs vers faisant le point sur la poétique de G iovanni D otoli :
C e n’est jamais un processus d’allégorie Ma parole est parole d’évidence 2
C ertains l’aimeraient moins spontanée. Mais c’est mal la comprendre. Tout ici est fulgurance, parole immédiate et fugace volée à l’instant, rendue par la métaphore, une syntaxe intuitive revisitée, les connotations personnelles données au vocable en poésie, créant poème après poème l’univers du langage de G iovanni D otoli.
À l’ensemble des poèmes qu’il a écrits jusqu’à présent, G iovanni D otoli donne le titre e la ie . C e pourrait être aussi F iançailles du out , car celui qui écrit semble sans
1 a oix umière , 5. « Voix de la poésie », e la ie , p. 803. Sauf indication contraire, je tire toute citation de e la ie (voir la bibliographie finale). 2 a oix umière , 1. « Voix du poète », e la ie , p. 774.
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cesse se fondre avec le monde, se fiancer temporairement avec lui. C haque poème serait le moment privilégié de ces fiançailles répétées, sensorielles et sensuelles. Pour ce qui concerne les récits de rêves auxquels je faisais allusion tout à l’heure, notons qu’ils constituent la poésie, car la poésie est ici un rêve. a ie est un songe, écrivait C alderon de la B arca. Nous en trouvons l’aveu dans le poème « Ê tre chimérique » du recueil C icatrices de oésie : e lutte contre le réel qui trompe E t proclame l’utilité de la poésie ibre de dire toute mélancolie e pénètre l’insondable réel 3 e récit peut s’avérer celui d’une sorte de voyage initiatique imaginaire, une sorte d’odyssée perpétuelle, comme dans le recueil es ept ortes . Parfois très influencée par l’antiquité, racontant sa propre matière, puisque « toute poésie est biographie » 4 , celle-ci raconte aussi ses propres métamorphoses, et propose en quelque sorte sa propre mythologie, comme dans ce poème du recueil es uages : es nuages devenaient un phénix Parfois des serpents multicolores Puis se métamorphosaient en papillons A ux cent couleurs du prisme 5 Si le poème dotolien raconte, souvent aussi il peint ou dessine le lieu même de la poésie :
3 Poème 36, p. 407. 4 C icatrices de poésie , poème 67, « F issure », p. 417. 5 es uages , poème 20, p. 332. 8
e dessine le lieu Remous de lignes 6 Ou bien : e peins et je narre ma vie 7 C ette poésie n’est pas seulement récit, disais-je, compte rendu du moi et de l’expérience, ou même écriture d’un mythe personnel, elle est aussi interrogation perpétuelle, carrefour d’interrogations multiples, comme l’exprime parfaitement le poème « Vérité » : Oh ! Nos dix mille questions Toutes sans aucune réponse Par l’angle incommensurable e vois le monde autrement 8 C e questionnement commence par le langage poétique lui-même :
’ouvre le prisme de la poésie e trouve le fil de la texture C onvergence de mille lignes 9 Toutes conduisent au sens Or ce langage caché derrière le monde, il nous faut regarder intensément pour le lire, car toute poésie est un décryptage, une traduction. C ette idée est récurrente : ’entrevoyais les mots É crits sur la vitre noire
6 es ept ortes , poème 2, p. 306. 7 a oix umière , 1. « Voix du poète », e la ie , p. 776. 8 Poème 33, p. 406. 9 Poème 66, « C onvergence », p. 417. 9
e lisais la bouche D e ton visage […] A genouillé à la fenêtre D es toits rouges vers la mer e lisais l’existence Sur la paume de la main 10 Ou encore dans es ept ortes : e vent emporte toute écaille É nigme de la poésie l se réduit à quelques lettres A une lettre P 11 ’Unité de l’œuvre déjà écrite est à trouver aussi dans la forme, dominée par l’emploi du quatrain. B eaucoup de recueils sont en effet composés de quatrains uniques, d’autres d’une suite de deux quatrains. a symbolique des nombres y est très présente – et parfois complexe –, mais le quatrain y apparaît comme ossature de base, un véritable pilier stylistique, repère qui revient d’autant plus facilement qu’il est spontané, de même que l’emploi du vers libre. A nalyser l’univers poétique de G iovanni D otoli, c’est donc interroger d’abord sa propre conception de la poésie et du langage poétique, son vocabulaire, ses thèmes et son style.
10 races de parole , p. 205. 11 es ept ortes , p. 313.