L'Arlequin de la lumière

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"Je ne prétends pas que ce livre donne toutes les clés de l'univers poétique de G. Dotoli. Tout au plus a-t-il voulu entrouvrir quelques portes. Toute oeuvre poétique digne de ce nom est infiniment plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord, pourvu que l'on se penche sérieusement sur elle. (...) Le poète est condamné 'à dire et révéler, et non pas se cacher, mais dans son langage énigmatique', qui rappelle selon G. Dotoli le langage originel.
Publié le : vendredi 1 juin 2012
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EAN13 : 9782296493773
Nombre de pages : 156
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A rlequin
de
la
lumière
« A ccent tonique » C ollection dirigée par Nicole B arrière
« A ccent tonique » est une collection destinée à intensifier et donner force au ton des poètes pour les inscrire dans l’histoire.
D ernières parutions Y  E S POUR  E . PO È E S SUR A C ORS E Toussaint édine Shangô SU D -OR D Than-Vân Tôn-Thât SOU DA   E S ROS E S POURPR E S aria Zaki E SO R DE S P É  SU E S Patrick Tudoret  E E T E B R A D O Paul-B ernard Sabourin À A R EC E R C E DE S P A S P E R D US aurice C ouquiaud G U É R R D E FA CE F rançoise C oulmin E R C R ED E TR E DE UX P E URS, D ana Shishmanian DA S E E Û E DE A P A RUR E arie-ise C orneille AF  QU E A SS E ÉB OU SS E E T C laire D émolin-C ordier C O ST E  A T O S DE S U TS D É T É G illes athieu E T T E R A DE SU T. PO É T QU E DE A P E RT E ean erold Paul
É ric acobée-Sivry
L’ A rlequin de
’univers
poétique
de
la lumière
G iovanni
A R A TT A
D otoli
C ollaboration à la maquette de couverture : icole
© LH A RM A TT A N    rue de l É colePolytechnique ;  Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
S B : 978-2-296-96235-4 EA : 9782296962354
B arrière
oute ma poésie est un chemin métaphysique angoissé. e dialogue avec les anges, avec D ieu, avec une figure féminine qui est le symbole de mon amour idéal, de mon union avec l’espace, le passé, le présent et l’avenir.
lis
et
eplis
de
G iovanni D otoli, mémoire poétique .
a poésie de G iovanni D otoli est un hymne à la beauté du monde et de l’être. e poète cherche à exprimer à la fois ses sensations, ses sentiments instantanés, ses interrogations face à l’univers. Tout ce qui n’est pas beauté et équilibre semble être nié, expulsé. Poésie de l’instant, celle-ci se corrige peu et utilise souvent le présent. Mais elle aime aussi à raconter le rêve, la « divagation » – le mot est utilisé par le poète lui-même. A lors domine le temps traditionnel du récit, l’imparfait. e vers est lui-même ici vers de l’instant, la « fulguration d’un instant d’éclair » 1 . C ette poésie est à l’opposé de la poésie de ceux qui mettent des années à écrire quelques vers et cherchent à les ciseler. E lle assume parfois l’impossibilité de la perfection car celle-ci décrit l’humain. C omme l’explique le poète dans le recueil a oix lumière , qui comprend plusieurs vers faisant le point sur la poétique de G iovanni D otoli :
C e n’est jamais un processus d’allégorie Ma parole est parole d’évidence 2
C ertains l’aimeraient moins spontanée. Mais c’est mal la comprendre. Tout ici est fulgurance, parole immédiate et fugace volée à l’instant, rendue par la métaphore, une syntaxe intuitive revisitée, les connotations personnelles données au vocable en poésie, créant poème après poème l’univers du langage de G iovanni D otoli.
À l’ensemble des poèmes qu’il a écrits jusqu’à présent, G iovanni D otoli donne le titre e la ie . C e pourrait être aussi F iançailles du out , car celui qui écrit semble sans
1 a oix umière , 5. « Voix de la poésie », e la ie , p. 803. Sauf indication contraire, je tire toute citation de e la ie (voir la bibliographie finale). 2 a oix umière , 1. « Voix du poète », e la ie , p. 774.
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cesse se fondre avec le monde, se fiancer temporairement avec lui. C haque poème serait le moment privilégié de ces fiançailles répétées, sensorielles et sensuelles. Pour ce qui concerne les récits de rêves auxquels je faisais allusion tout à l’heure, notons qu’ils constituent la poésie, car la poésie est ici un rêve. a ie est un songe, écrivait C alderon de la B arca. Nous en trouvons l’aveu dans le poème « Ê tre chimérique » du recueil C icatrices de oésie : e lutte contre le réel qui trompe E t proclame l’utilité de la poésie ibre de dire toute mélancolie e pénètre l’insondable réel 3 e récit peut s’avérer celui d’une sorte de voyage initiatique imaginaire, une sorte d’odyssée perpétuelle, comme dans le recueil es ept ortes . Parfois très influencée par l’antiquité, racontant sa propre matière, puisque « toute poésie est biographie » 4 , celle-ci raconte aussi ses propres métamorphoses, et propose en quelque sorte sa propre mythologie, comme dans ce poème du recueil es uages : es nuages devenaient un phénix Parfois des serpents multicolores Puis se métamorphosaient en papillons A ux cent couleurs du prisme 5 Si le poème dotolien raconte, souvent aussi il peint ou dessine le lieu même de la poésie :
3 Poème 36, p. 407. 4 C icatrices de poésie , poème 67, « F issure », p. 417. 5 es uages , poème 20, p. 332. 8
e dessine le lieu Remous de lignes 6 Ou bien : e peins et je narre ma vie 7 C ette poésie n’est pas seulement récit, disais-je, compte rendu du moi et de l’expérience, ou même écriture d’un mythe personnel, elle est aussi interrogation perpétuelle, carrefour d’interrogations multiples, comme l’exprime parfaitement le poème « Vérité » : Oh ! Nos dix mille questions Toutes sans aucune réponse Par l’angle incommensurable e vois le monde autrement 8 C e questionnement commence par le langage poétique lui-même :
’ouvre le prisme de la poésie e trouve le fil de la texture C onvergence de mille lignes 9 Toutes conduisent au sens Or ce langage caché derrière le monde, il nous faut regarder intensément pour le lire, car toute poésie est un décryptage, une traduction. C ette idée est récurrente : ’entrevoyais les mots É crits sur la vitre noire
6 es ept ortes , poème 2, p. 306. 7 a oix umière , 1. « Voix du poète », e la ie , p. 776. 8 Poème 33, p. 406. 9 Poème 66, « C onvergence », p. 417. 9
e lisais la bouche D e ton visage […] A genouillé à la fenêtre D es toits rouges vers la mer e lisais l’existence Sur la paume de la main 10 Ou encore dans es ept ortes : e vent emporte toute écaille É nigme de la poésie l se réduit à quelques lettres A une lettre P 11 ’Unité de l’œuvre déjà écrite est à trouver aussi dans la forme, dominée par l’emploi du quatrain. B eaucoup de recueils sont en effet composés de quatrains uniques, d’autres d’une suite de deux quatrains. a symbolique des nombres y est très présente – et parfois complexe –, mais le quatrain y apparaît comme ossature de base, un véritable pilier stylistique, repère qui revient d’autant plus facilement qu’il est spontané, de même que l’emploi du vers libre. A nalyser l’univers poétique de G iovanni D otoli, c’est donc interroger d’abord sa propre conception de la poésie et du langage poétique, son vocabulaire, ses thèmes et son style.
10 races de parole , p. 205. 11 es ept ortes , p. 313.
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