L’autre nuit, je veillais dans mon lit sans lumière

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Charles Augustin Sainte-Beuve
Les Consolations
L’autre nuit, je ...
Publié le : jeudi 19 mai 2011
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Charles Augustin Sainte-Beuve
Les Consolations
L’autre nuit, je veillais dans mon lit sans lumière, Et la verve en mon sein à flots silencieux S’amassait, quand soudain, frappant du pied les cieux, L’éclair, comme un coursier à la pâle crinière, Passa ; la foudre en char retentissait derrière, Et la terre tremblait sous les divins essieux : Et tous les animaux, d’effroi religieux Saisis, restaient chacun tapis dans leur tanière. Mais moi, mon âme en feu s’allumait à l’éclair ; Tout mon sein bouillonnait, et chaque coup dans l’air À mon front trop chargé déchirait un nuage. J’étais dans ce concert un sublime instrument ; Homme, je me sentais plus grand qu’un élément, Et Dieu parlait en moi plus haut que dans l’orage.
Août 1829.
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