L'éclat de ton corps et autres poèmes

De
Publié par

Dans ce bref recueil de poèmes, Carlos Henderson invente une sensualité verbale. Il procède avec le plus grand naturel en croisant des images venues de la mythologie amoureuse avec des rythmes et des sonorités qu'il module de manière séduisante (pour ne pas dire caressante). Sa réussite est dans cette conjugaison, qui mêle sens et son pour construire de petits tableaux évocateurs, dont on ne sait s'ils convoquent seulement la mémoire personnelle ou s'ils constituent des miroirs de l'Amour.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
Lecture(s) : 171
Tags :
EAN13 : 9782296266698
Nombre de pages : 89
Prix de location à la page : 0,0062€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

L’éclat de ton corps et autres poèmes El fulgor de tu cuerpo y otros poemas

Accent tonique – Poésie Collection dirigée par Nicole Barrière

Maquette de la couverture Nicole Barrière et Osama Khalil

Peintures Talía Urbina

Photo 4e de couverture Claudia Danant

© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13044-9 EAN : 9782296130449

CARLOS HENDERSON

L’éclat de ton corps et autres poèmes
Préface de Jacques Ancet Avant-lire de Bernard Noël

Édition bilingue

L’HARMATTAN

Préface de Jacques Ancet

6

LE DON DE L’ERRANCE

Il faut risquer: c’est-à-dire, il faut travailler pour l’incertain. Maurice Blanchot

L’œuvre de Carlos Henderson est considérable. Essayiste, auteur de textes sur Cortázar (Etudes sur la poétique de Rayuela, 1995) et sur Vallejo (La poétique de la poésie posthume de Vallejo, 2000), traducteur (Bernard Noël, L’ombre du double, 1998), il est avant tout poète et c’est cette activité menée avec obstination et passion (« en brûlant, j’écris en brûlant ») depuis bientôt cinquante ans qui donne à son travail sa cohérence. Confronté aux événements historiques, aux idéologies et au quotidien le plus aliénant, son itinéraire poétique peut-être vu, d’abord, comme une quête d’identité entre l’obscur des déserts intérieurs (« voilà ce qui s’appelle l’identité — ce qui est obscur, ce qui est tien ») et le kaléidoscope cosmopolite d’un monde extérieur hostile. Ouverte aux incitations les plus diverses, depuis celles de la poésie qui a marqué ses débuts, dans les années 60, jusqu’à celles de la poésie française d’aujourd’hui, en passant par celles des avant-gardes des années 70 et, bien sûr, celles, majeures, de César Vallejo et de Martín Adán, sa voix qui aurait pu se perdre au milieu de tant d’influences en est, au contraire, ressortie comme passée au feu, raffermie, plus assurée d’elle-même et, en même temps, plus disponible aux sollicitations de l’inconnu. Oscillant entre les deux pôles 7

d’une écriture du laconisme et de la concentration et d’une écriture du flux, du « parler dans l’écrit », selon ses propres termes, sa poésie s’aventure aujourd’hui dans des territoires toujours plus vastes. D’autant que, vivant depuis longtemps à Paris (après Lima et México), Carlos Henderson s’est mis peu à peu à écrire en français. Il faut voir là, après d’autres expériences similaires de certains de ses compatriotes, comme celle de César Moro, une pratique de la distanciation et du décentrement qui laisse chaque fois plus de place aux forces noires de l’inconscient. Comme en témoigne son dernier livre publié (et écrit en français) Vers la phrase infinie, où continuité et discontinuité, fragments lapidaires et mouvement ininterrompu pactisent dans ces pages traversées par l’à vif de la brisure et l’élan de cette « phrase infinie » montée de l’obscur, de cet inconnu qui ne cesse d’aimanter le poème. Ce nouveau livre qui est une réécriture de textes plus anciens (certains remontent à 1965), concentre en trois parties toutes les manières de Carlos Henderson : la célébration (du corps aimé et du monde) ; la méditation (sur l’écriture et la vie) ; la dénonciation (de la souffrance et de la mort). L’éclat de ton corps est comme une pause dans la quête intérieure tourmentée du poète. S’inscrivant en effet dans la tradition de la poésie amoureuse arabo-andalouse que la langue espagnole porte dans sa mémoire, il nous offre une suite de miniatures en prose où l’alliance du raffinement et de la simplicité rend le mouvement de sa langue « caressante », comme le dit Bernard Noël dans l’avant-lire qui précède ce petit recueil, et accroît ainsi l’intensité de l’émotion : Ma belle, ma douce amie, tu es loin : l’aube est triste. 8

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.