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L'inconnu de Mandela Square

De
110 pages
"Des pas inconnus / Dans le corridor sombre / Brisent ma liberté s'effrite / Dans Paris étranger à mon supplice / Mon regard s'égare dans le creux des motifs achromes / D'un plafond par endroits éventré / La police n'est pas à mes trousses / Elle est à moi / En moi / Dans le corridor sombre / De toutes les errances / De tous les projets à blanc / Comme les balles bleutées / De mes rêves d'enfant."
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L’inconnu de Mandela Square Poèmes
L’inconnu de Mandela Square
Hobelais AKONDZOL’inconnu de Mandela Square Poèmes Préface d’André Kodet
Du même auteur
L’Arbre à rêvesȋPoèmesȌ, Editions Lemba, Brazzaville, ʹͲͲ͵. À paraître : Franklin Boukaka, ChanteviesȋessaiȌ.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr )SBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-ͳͲͳ͸ͳ-͵ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵ͳͲͳ͸ͳ͵
Préface Dans un court texte qui ne fut jamais terminé et qu’il préparait pour introduire un vieux poème écrit de la main d’un de ses amis, poète, aujourd’hui établi aux Etats-Unis, Akondzo note : « La poésie est un bien précieux pour nous qui avons été, depuis l’enfance, nourris à sa mamelle généreuse. Dans toutes nos pérégrinations, au travers – quelquefois en travers – de la vie, elle est là, qui veille et nous fait tantôt conserver, tantôt recouvrer, ces petits joyaux que nous nommons vers. A l’occasion.» Cette belle déclaration d’amour pour un art qu’il pratique depuis de longues années introduit, à mes yeux, toute la poétique d’Akondzo dont je dois rappeler que la première expérience, quelque peu méconnue, fut«L’arbre à rêves »coup d’essai ».Les pièces essentielles de ce « sont, d’ailleurs, reprises dans le présent recueil de poèmes. La poésie d’Akondzo est quête volontaire et assumée de l’autre. Quête constante, qui se renouvelle d’année en année, se nourrissant, ainsi qu’il le déclare lui-même ici, de son enfance, de sa jeunesse et de son vécu actuel d’homme adulte. Le poète procède par petites touches successives qui finissent par former des motifs auxquels il donne diverses appellations qui constituent autant de subdivisions du recueil lui-même :têtes de charter ; au frais l’air ; fragments d’opale ; mauves rivages ; Rhône ; grisailles ; guerres lasses, etc. La phrase est courte, haletante ; elle est ciselée comme à l’effet de dérouler allègrement des grappes coloriées de thèmes aussi riches que variés, qui
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prennent en charge l’amour, la guerre, le voyage, la filiation, l’amitié, etc. Le contrepoint émotionnel est, quant à lui, porté par la joie, la tristesse, le chagrin, la désolation, les larmes, etc. Cette quête est de longue haleine, qui se joue et se déjoue, en un même mouvement, des lieux et des rencontres qu’elle enfante pourtant. Le groupe de poèmes introductifs au recueil,Têtes de charter, met l’auteur aux prises avec Paris, ville à la fois attirante et hostile, qui semble crier gare à l’étranger : Dans Paris étranger à mon supplice Mon regard s’égare Dans le creux des motifs achromes D’un plafond par endroits éventré Dans la plaquetteAu frais l’air, s’agrandit cette constellation des villes ; et je pourrais légitimement me demander si l’auteur les a visitées toutes ou s’il les a seulement vécues. Je voudrais dire dans d’autres vies de poète. Rue des Alpes Près d’une gare D’où ne part nulle rumeur De fumée argentée… Au fil des pages, Akondzo nous offre une poésie qui est éminemment présence, qui naît et se déploie dans un univers éclaté, écartelé entre plusieurs espérances quelquefois antagoniques.« De contradictoires desseins »selon ses propres mots. Des mots qui se font prose, du moins dansRhône. A la façon d’anciens maîtres dont il s’estimait pourtant affranchi : « Verlaine est là tout d’un coup. Sa parole d’ancêtre s’allie à mes maux. Vieux de trente années déjà, ce
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souvenir s’échappe de mon front perlé d’émoi. Verlaine télescopait ma vie. » Je sais quelle influence Verlaine exerça sur notre poète à ses débuts. Ses premiers vers étaient, en effet, dédiés au célèbre compositeur desPoèmes saturniens. En poésie, les ruptures ne se consomment peut-être pas tout à fait. C’est la moindre leçon que j’en tirerais. Car, au tournant de quelques ruelles étroites et des mots joliment tournés, il est loisible de découvrir des continuités, l’écho de lointains ébats qui puisent leur source dans l’enfance et l’adolescence de l’auteur : « Ami tu as été Seras l’ami des jours lointains A venir -Jadis j’aimais ta voix fluette Voix de fille un peu gâtée… » Mais pas seulement : il y a aussi des leviers de témoignages positifs que le poète convoque pour nous, à l’instar de Franklin Boukaka. Nous savons, par ailleurs, qu’il réserve un livre sur le souvenir de sa rencontre avec le fabuleux créateur de « Pont sur le Congo » lequel, d’après lui, est passé, depuis, du côté des dieux. Sans compromission. L’interpellation suprême vient du poèmeL’inconnu de Mandela Squarequi donne son nom à tout le recueil et qui le ferme aussi. Est campée, ici, la silhouette de cet homme-dieu qui veille, au détour de rêves erratiques. Rêves de poète, s’il en fut. Comme quoi, la quête de soi est une mise en questions présente à tous les âges. Mieux, et je laisse cette parole qui ne me fut pas donnée, elle est de tous les temps :
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