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La fête prenant de vitesse l'obscur

De
102 pages

La fête plonge dans le labyrinthe des racines, en extrait l'air et le feu. Parlant d'elle c'est de l'innomée qu'il s'agit, ne craignant ni tempête ni blessure, menant le subconscient à sa geste. Emprise subtile et radicale, le poète enfin respire les autres dans leur nature mouvante.

Publié par :
Ajouté le : 01 juin 2014
Lecture(s) : 10
EAN13 : 9782336350493
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Michel Cassir
La fête prenant de vitesse l’obscur
La fête prenant de vitesse l’obscur
Levée d’ancre Collection dirigée par Michel Cassir Levée d’ancreune collection privilégiant l’écriture est poétique, créée en 2001 par Gérard Augustin et Michel Cassir. Elle se propose d’abord de publier, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le «noyau de prose» par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y a de plus actuel, dans sa construction d’un sens de la poésie. Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la poésie, les différents arts et la vie. Dernières parutions 87 – Marc DELTA,Nus suivi de Triple saison, 2014. 86 – Paul RODDIE,Le ravisseur du monde. Taking the World by Storm, 2014. 85 – Alain ROBINET,DANTE-CI ! ».« D’ENà l’image« qui », d’icelui, l’Auteur, rééc(r)it en vis-à-vis... ... pour nos temps d’ici-là, 2014. 84 – Christian CAVAILLE,Abrupts, 2014. 83 – Hoda ADIB,L’instinct distal, 2014. 82 – Catherine LECHNERREYDELLET,Guerre oubliée, 2013. 81 – Luis ARAUJO PEREIRA,Poésie pour dire moins, 2013. 80 – Michel CASSIRDanielle A etUGUSTIN (dir.),Pour Gérard Augustin. Textes et témoignages, 2013. 79 – Françoise LECLERC,Le tombeau sakalave suivi de Soava Dia... !, 2013. 78 – Catherine BOUDET,Bourbon hologramme. Poésie-théâtre, 2013 77 – Delphine BACKER,Ciel nourricier, 2013. 76 – Ahmed BENDHIAB,Lune andalouse. Poèmes et dessins, 2013. 75 – Christian CAVAILLE &Alain ROBINET,Isles et passages. <& Montaigne & Rabelais &>, 2013. 74 – Tristan CASSIR,Pointe rouge, 2012. 73 – Alain Robinet,Je fais résonner le ROULEAU-TOMBEAU-TAMBOUR de mes mots zélés !, 2012.
Michel Cassir La fête prenant de vitesse l’obscur
LEVÉE D’ANCRE L’Harmattan
Du même auteurLe sang qui monte lucide, P.J. Oswald, collection « La poésie est contagieuse»,1976. Innocence comme une racine flambée, Abeilles, 1977. Une étoile avala moi, Éd. des Prouvaires, 1979. Il est temps d'arracher l'oreille bleue du charme, St-Germain-des-Prés, collection « À l’écoute des sources »,1986. À cause des fusées et de la mélancolie, St-Germain-des-Prés, collection « Blanche »,1986. Il se peut que le rêve d'exister, L'Harmattan, collection « Poètes des cinq continents »,1991. Il n'est d'ange que de parfum, Éd. des Moires, 1995. Ralenti de l'éclair, L'Harmattan, collection « Poètes des cinq continents »,1995. Enluminure de terre(livre d'art), B.G. Lafabrie, 1995. Atelier de sable, L’Harmattan, collection « Poètes des cinq continents »,1999. Braise de galop, L’Harmattan, collection « Ecritures »,2000. L’infini rapproché par les cornes, L’Harmattan, collection « Levée d’Ancre », 2003. Les distances magnétiques, avec Antoine Boulad, L’Harmattan, collection « Levée d’Ancre », 2005. Creuset de souffle(livre d'art), B.G. Lafabrie, 2005. Dieux des dieux des dieux, L’Harmattan, collection « Levée d’Ancre », 2007. Itinéraires, L’épingle du jeu, 2011. Hors Temazcal, L’Harmattan, collection « Levée d’Ancre », 2012. Point d’orgue(bilingue arabe-français), El Saqui Books, Londres-Beyrouth, 2012. Beyrouth clair de ruine, El Ayn, Beyrouth, 2012. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03652-6 EAN : 9782343036526
à Claudia, pour ces lunes réinventées
L’Égypte ou la beauté de la vitesse Le fer de lance du manifeste futuriste en 1909 « Une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse » est-il devenu une parodie un siècle plus tard ? L’emprise de la technologie et des nouveaux concepts,i-pads, drones, androïdes, guerres éclairs, finances masquées par l’électronique, a pris de vitesse nos besoins impérieux et immémoriaux. Cette stimulation forcée est-elle un rêve éveillé ou l’anéantissement de nos liens, du déroulé de nos pas, de notre singularité ? L’Égypte pouvait ressembler à une belle tortue assoupie sur ses misères et l’ignominie de ses dirigeants, avec un humour remontant du fond des âges et surnageant dans l’aire des songes dépecés. Soudain, sans prévenir, l’accélération produite par la révolution a lancé dans les rues des centaines de milliers d’Égyptiens en colère. La Place Tahrir est devenue le point d’orgue de la dignité reconquise à la face de l’Égypte, du Monde Arabe et du monde entier… Si l’on ne perçoit à travers cette dynamique que la jeunesse réunie par les dieux du sans fil, il ne s’agit que du sommet de l’Iceberg. Les prémices de ce mouvement extraordinaire de foule viennent de très loin. Révoltes urbaines et paysannes ont déjà existé au vingtième siècle, même si la révolution nassérienne a été vidée 7
de sa substance. L’Égypte a abrité sous son manteau de sable des surréalistes, des trotskystes, des anarchistes et des insoumis à la Robin des Bois. Dans mes années de jeunesse, je me souviens de l’histoire d’un brigand au grand cœur qui volait les riches pour redistribuer aux miséreux. Il défiait la police en lui donnant des rendez-vous où il devait se rendre déguisé en mendiant, homme d’affaires ou vieille femme. Il échappait avec brio aux autorités qu’il finissait par ridiculiser, jusqu’au jour où l’armée l’a traqué avec des dispositifs disproportionnés et descendu à coup de canons. Mille hommes contre un rêveur ! Je dois à l’Égypte de savoir déjouer le manquement d’âme d’une supposée modernité qui, tout en niant le désordre amoureux, sème l’immense chaos de l’injustice portée à son comble par la poudre magique de l’efficacité. La poussière remplit la bouche de l’Égypte et lui donne cet air moqueur et frondeur. Son esprit est souvent tendre et inoffensif, mais peut devenir perçant comme une lame savamment subtilisée au regard qui n’en discerne pas le poison. L’Égypte qui tout en doutant d’elle-même crée de l’imaginaire pour conquérir un futur à ses blessures. Elle est multiple cette Égypte, mais je vois surtout celle qu’anime ce bon sens populaire qui a rompu les chaînes et les craintes pour se placer dans l’arène du combat démocratique. Car il ne saurait y avoir de démocratie sans convulsion ni risque. Et ceci vaut même pour les berceaux de la
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démocratie de plus en plus altérés et traqués par des intérêts déguisés en sirènes. La révolution égyptienne, qui a été doublée assez rapidement par les experts en religion puis subrepticement encerclée par le pouvoir des armées, a montré ses limites. Elle n’en demeure pas moins une expérience exceptionnelle de revendication directe, car elle a su détenir la violence. Elle a mis en évidence dans cette prise de vitesse sa créativité qui a transcendé la peur et sa capacité de jonction entre le peuple et l’intelligentzia urbaine. Le lien entre la révolte préexistante à d’autres époques de l’Egypte et le sang neuf de nouvelles générations a pu ainsi se fortifier. Ce liant est un atout majeur même si les circonstances immédiates ont rejeté l’espace de liberté dans la pénombre. Ce pays tourné vers l’Afrique et l’Asie est une plaque tournante entre rigorisme et éclosion de la pensée. Il n’empêche que le balancement de la foule égyptienne est plus proche de la danse que de la procession et l’ingéniosité de sa parole porte le défi. Il est surprenant de constater que ce peuple humilié soit doué d’un pouvoir de célérité qui est en soi un influx poétique. Et là on peut affirmer que la beauté de la vitesse est une vertu collective et non une image publicitaire en accéléré qui pollue notre humanité. Cette Égypte sens dessus-dessous est sortie en pyjamas de son long sommeil pour capturer un ciel plus vif. «La beauté sera convulsive ou ne 9