La frayeur de la mort ébranle le plus ferme

De
Publié par

Évadez-vous en lisant le poème "La frayeur de la mort ébranle le plus ferme" écrit par Théophile de VIAU. Ce poète de France est né en 1590, mort en 1626. "La frayeur de la mort ébranle le plus ferme" de de VIAU est un poème classique. Vous avez besoin de ce poème pour vos cours ou alors pour votre propre plaisir ? Alors découvrez-le sur cette page. Le téléchargement de ce poème est gratuit et vous pourrez aussi l’imprimer.
Avec le poème de de VIAU, vous pourrez faire un commentaire ou bien vous évader grâce au vers de "La frayeur de la mort ébranle le plus ferme".
Publié le : lundi 30 juin 2014
Lecture(s) : 25
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

La frayeur de la mort ébranle le plus ferme

Stances

La frayeur de la mort ébranle le plus ferme :
Il est bien malaisé,
Que dans le désespoir, et proche de son terme
L'esprit soit apaisé.

L'âme la plus robuste, et la mieux préparée
Aux accidents du sort,
Voyant auprès de soi sa fin toute assurée,
Elle s'étonne fort.

Le criminel pressé de la mortelle crainte
D'un supplice douteux,
Encore avec espoir endure la contrainte
De ses liens honteux.

Mais quand l'arrêt sanglant a résolu sa peine
Et qu'il voit le bourreau,
Dont l'impiteuse main lui détache une chaîne
Et lui met un cordeau,

Il n'a goutte de sang qui ne soit lors glacée,
Son âme est dans les fers ;
L'image du gibet lui monte à la pensée,
Et l'effroi des Enfers.

L'imagination de cet objet funeste
Lui trouble la raison,
Et sans qu'il ait du mal, il a pis que la peste,
Et pis que le poison.

Il jette malgré lui les siens dans sa détresse,
Et traîne en son malheur
Des gens indifférents, qu'il voit parmi la presse
Pâles de sa douleur.

Partout dedans la Grève il voit fendre la terre,
La Seine est l'Achéron,
Chaque rayon du jour est un trait de tonnerre,
Et chaque homme Charon.

La consolation que le prêcheur apporte
Ne lui fait point de bien :
Car le pauvre se croit une personne morte,
Et n'écoute plus rien.

Les sens sont retirés, il n'a plus son visage,
Et dans ce changement
Ce serait être fol de conserver l'usage
D'un peu de jugement.

La nature, de peine et d'horreur abattue,
Quitte ce malheureux,
Il meurt de mille morts, et le coup qui le tue
Est le moins rigoureux.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.