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La jeunesse camerounaise

De
92 pages
"J'écris pour dénoncer tous les maux qui empêchent la jeunesse camerounaise de s'épanouir; ces maux qui empêchent l'Afrique de s'unir. J'écris pour placer l'homme face à ses responsabilités. J'écris pour que l'histoire retienne qu'il y eu de grands hommes sur la terre, peu importe le continent auxquels ils appartenaient. Je décrie la haine et soutiens l'amour, grâce à la magie de la poésie moderne qui permet d'interpeller, d'exhorter et de conseiller de manière directe le lecteur."
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MarieThérèse Ambassa Betoko
La jeunesse camerounaise Poèmes
Lettres camerounaises
La jeunesse camerounaise
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collectionLettres camerounaises présentel’avantage du positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, la collectionLettres camerounaises s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Ginette MINTOOGUE,Renaître. Regard vers le passé d’une adolescente, 2014.Patricia NOUMI,Aimer sans réserve, 2014. Marcelline Nnomo ZANGA,De la parole à l’écriture en Afrique, 2014. Josiane NGUIMFACK ZEUFACK,Lueur en flamme, 2014. Charles SOH,Ici, ce n’est pas comme là-bas,2014. Paul Emmanuel BASSAMA OUM,Un cheveu sur la soupe, 2014. Alain ABOUNA NOAH,Au-delà des tourments, 2013. Joseph SOP,Une parodie de justice, 2013. Éric ONANA AWOMO,Et si tu étais nègre, Nicolas ?, 2013. Jean André MANGA,Naître fille est-il une condamnation ?,2013. Diane DESCOTEAUX, Gervais de Collins NOUMSI BOUODPA, La luciole attend la nuit pour briller, 2013. Dongmo FEUGAP,Señoratou,2013.
Marie-Thérèse Ambassa BetokoLa jeunesse camerounaise Poèmes Préface de Victor Saudan
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02436-3 EAN : 9782343024363
Préface
Nous nous sommes rencontrés pour la première fois sur une des nombreuses collines de Yaoundé lors d’une séance de prise de contact entre des équipes d’enseignants-chercheurs de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé et de la Haute Ecole Pédagogique de Lucerne (Suisse germanophone). Notre objectif était d’ancrer notre coopération didactique et scientifique dans un espace d’identité et d’altérité en pleine construction dans lequel une Francophonie plurilingue et plurielle nous servira de matrice, une Francophonie mondiale désormais redéfinie par la périphérie, par la marge, au-delà des intérêts économiques ou institutionnels… A la fin de notre colloque Marie Thérèse m’a fait découvrir deux choses qui ont eu une influence extraordinaire sur moi et qui font que quelque chose de moi reste et restera sur les collines de Yaoundé et que quelque chose de ces collines m’accompagne et m’accompagnera jusqu’à la fin de mes jours: c’est d’abord le plat N’dolé, délicieuses feuilles vertes cuisinées avec du poisson que nous avons dégusté dans un petit circuit sur une autre colline de la ville, sous la pluie, et ce sont, ensuite et surtout, ses poésies que Marie Thérèse m’a proposées de préfacer à ce moment-là. Ainsi notre coopération intellectuelle, spirituelle, humaine, morale a aussitôt commencé à transformer nos réalités réciproques, tout d’abord la mienne, bouleversée par mon expérience camerounaise, en quête d’une compréhension autre, dépassant ce que j’avais lu, su, vu. Ainsi le recueil de poèmes de Marie Thérèse Ambassa est devenu mon fil d’Ariane à travers le passé, le présent et le futur d’un monde en transformation. 5
Le monde que nous découvrons à travers des poèmes d’un langage beau et serein est un monde profondément déséquilibré, marqué par la souffrance, la guerre, la solitude, la mort, la corruption, la décadence morale et politique. Cependant, les causes du déséquilibre sont complexes et ne se laissent plus réduire à des dichotomies simples comme les Blancs contre les Noirs, les Hommes contre les Femmes, les Riches contre les Pauvres… Certes, certaines entités sociales et culturelles apparaissent comme acteurs dominants dans la déséquilibration de la vie humaine : l’argent, les politiques corrompus et mégalomanes, le machisme, les institutions inhumaines et leurs fonctionnaires… Mais en fin de compte, le déséquilibreconstaté semble plutôt lié à une forme de Condition Humaine qui touche chacun de nous, partout sur terre…. Marie-Thérèse Ambassa décline, facette par facette, image par image, cetteconditio humanaqui apparaît comme véritable horizon existentiel et essentiel devant lequel les humains de tout bord se retrouvent réunis, solitaires et solidaires. S’agirait-i-il d’une fatalité ? En effet, un poème du recueil s’intituleLe péché originelIl ne s’agit pourtant pas du péché originel cher à Baudelaire, il ne s’agit pas d’un sombre destin irrévocable pour l’éternité. Chez Marie-Thérèse Ambassa, la signification de la notion dudestina changé de direction : il ne détermine plus des fins fonds des temps passés l’humanité. Bien au contraire ! C’est à partir de l’avenir, à partir de l’exploitation des potentiels existants que le destin agit sur le présent et s’oppose ainsi au passé.
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C’est la jeunesse camerounaise qui devient ainsi le véritable symbole de cette réalisation d’un moi (social, spirituel, culturel) supérieur dans l’histoire de l’humanité. Cette idée d’un potentiel de croissance et de renouveau social, culturel et moral concernant toutes les sociétés d’un monde déséquilibré me fait penser au PRINZIP HOFFNUNG (le «Principe de l’Espoir») du grand philosophe allemand de l’Utopie, Ernst Bloch. Les poèmes de Marie-Thérèse Ambassa nous rappellent l’existence de ce principe même dans un monde déséquilibré à travers l’amour, l’amitié, la solidarité, la pitié, la joie, la sensation des forces de la Nature… Marie-Thérèse Ambassa ne nous dit pas en détail comment le passage d’un monde déséquilibré à un monde du renouveau peut être effectué. Chacun de nous doit trouver une réponse à cette question… Mais une chose est sûre :il est grand temps de se mettre en route – ensemble. Ainsi un nouveau cycle de vie sociale et culturelle commencera sous les signe de la Relation dans le sens d’Edouard Glissant: «Dans la Relation, ce qui relie est d’abord cette suite des rapports entre les différences, à la rencontre les unes des autres. Les racines parcourant (les rhizomes) des idées, des identités, des intuitions, relaient : s’y révèlent les lieux-communs dont nous devinons entre nous le partage. Il nous faut aussi dire, nos silences parlent, et le 1 poème déjà pousse sous l’ordre des mots. »  VictorSaudan Professeur de Linguistique et d’études francophones à la Haute Ecole Pédagogique (HEP) de Lucerne (Suisse).
1 Edouard Glissant (2009) :Philosophie de la Relation. Gallimard, p. 72. 7