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ParcE qu’EllE ESt aux prEMiErS coMMEncEMEntS d’unE nécESSité indicativE. ParcE qu’EllE ESt à dEMEurE, lE tEMpS dE vivrE danS l’inStant pour l’étErnité, tEl un StigMatE dE la chutE au front dE qui, chaSSé pour cauSE, portE la MarquE d’orguEil Et d’infaMiE.
PaSSagEr clandEStin dES grandES MigrationS, cElui-là pEnSE, agit En poéSiE, quEl quE Soit Son langagE, En languE ou En SignES. eSt bEl Et biEn poètE cElui-là qui, n’ayant pu fairE qu’il En fût autrEMEnt pErSévèrE danS l’EntêtEMEnt coupablE dE cE vicE iMpuni.
BrEf, cE rEcuEil, à vrai dirE, n’En ESt paS un. Il En ESt proprEMEnt dE Son caS d’ESpècE coMME d’unE « antholo-giE pErSonnEllE ». JE n’y ai paS réuni - cuEilliES dE lEurS branchES - lES flEurS MEntalES dE MES SaiSonS. J’y ai noué aux annEaux dE cirE du rESSouvEnir dES hErbagES En paquEtS : jaSMin dES poètES, aloèS (siempre viva), hErbE à SErpEnt (snake plant), lianE cathartiquE. J’y ai broyé lES tEinturES végétalES d’un hErbiEr légEndairE ; EMpilé, coMpacté, ainSi dES MEulES dE foin danS unE grangE, lES StrophES d’unE proSodiE SoutErrainE inintErroMpuE, qui, rESSurgiSSant tout à coup d’un puitS artéSiEn, giclErait En gErbES d’étoilES danS la nuit.
LES travaux d’analySE Et dE réflExion qu’ilS rElèvEnt, pour la plupart, dE la théoriE dE la littératurE, dE la théo-riE dE la culturE ou dE la théoriE dE l’art : articlES, bio-graphiES, étudES hiStoriquES, ESSaiS critiquES, Et qui SEMblEnt S’écartEr dE l’ExpériEncE proprEMEnt créatricE dE l’actE poétiquE - Sont lES ModES SignifiantS différEn-ciéS d’unE écriturE uniquE Et raMènEnt par dES chEMinS dE travErSE à cEttE SEulE Et MêME paSSion inavouéE, SouS l’EMpirE dE laquEllE unE MarquE dE fabriquE M’avait par SupErStition placé.
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CoMpagnonnagE cahotEux, tantôt déSabuSé, tantôt EuphoriquE, cES poèMES Sont ExtraitS dES livrES dE poéSiE quE j’EuSSE aiMé avoir antériEurEMEnt publiéS, qui, nE l’ayant paS été, ont néanMoinS priS conSiStancE, réEllE-MEnt ExiSté MaiS chacun à l’état d’un paliMpSEStE MuEt.
LES SinuoSitéS du parcourS SuivEnt danS lEurS périgri-nationS, au fil du tEMpS, d’îlE En archipEl Et d’archipEl En continEnt dES cargaiSonS pErduES : En Son foyEr optiquE, unE cartE MarinE où SEraiEnt dESSinéS lES côtES Et paragES d’unE MEr ténébrEuSE, portulan traçant lES routES Et réglant lES EStiMES, roSE dES vEntS dont lES pétalES S’ou-vriraiEnt aux quatrE horizonS.
Rafraîchissante vision de la mer : Compas désaimantés, Galions engloutis, Têtes de proue pétrifiées, Timons brisés, Bannières en haillons. « Shipwreck Landing », la Pointe des désastres. Par les nuits de gros temps, l’on voit passer des navires en flammes. La mer offre en présent au soleil pillard ses dépouilles. Le soleil brûle les corps défunts, les consume. Les cadavres rejetés sur la plage sont la proie des crabes. Les algues se mêlent à leurs cheveux, herbes de lierre, d’iode et de sel. Le naufragé lutte désespérément. Ses efforts sont inutiles mais redoublés. 14
Les rafales l’aveuglent. L’écume l’étouffe. Les vagues assènent de grands coups sur sa nuque meurtrie. Il gît sur le sable.
La cartE oniriquE dES itinérairES tErrEStrES, MaritiMES ou célEStES, épouSE lES contourS dE la géographiE réEllE ou iMaginairE dE « l’Arc dES AntillES ». médiatricES, dEux MétaphorES : l’« ArchE » Et l’« ArchEt ». La poéSiE ESt « parolE », « MuSiquE » Et « fiction» : «fiction», c’ESt-à-dirE, « fablE », « récitatif », coMME qui dirait « chant ». Jouant dE l’archEt Sur la cordE dE la lyrE, lE poètE élèvE, d’EnthouSiaSME, un hyMnE. LouangE, déprécation ou iMprécation, lE poèME ESt unE « archivE » lyriquE, l’archivE originairE dES prEMiErS coMMEncE-MEntS.
méMoirE dES SignES, infiniE patiEncE dES SignES -pharES, SéMaphorES, baliSES, rEliEfS topographiquES, réSEaux hydrographiquES, rivagES, florES - qui, tEllES dES EMprEintES dE paS, Sont lES lEttrES d’un alphabEt inScritES aux pointS dE tangEncE dES courantS atMoSphériquES Et du Gulf-strEaM.
La poéSiE a la hautE aMbition dE rEndrE coMptE dE la réalité d’un MondE dépoétiSé. subjEctivE Et analytiquE à la foiS, EllE ESt rEchErchE d’un rapport intEnSifié d’unE conSciEncE à Son MondE, d’un état dE la conSciEncE où S’EntEndE la voix pErSonnEllE dirEctE d’un liEu tErrEStrE.
LE bESoin dE poéSiE S’éprouvE dèS lorS quE S’inStaurE du Mot à Son référEnt unE filiation dirEctE quE nE Média-tiSE paS EncorE un concEpt dE l’objEt par lui déMontré.
ProfanE, déSacraliSéE, diSSociéE dE la prièrE, la poé-SiE crEuSE au pluS profond du liEu d’unE parolE délEStéE dES intErditS dE la languE, affranchiE dES contraintES du langagE Et du réEl. CoMME libErté contrariéE, coMME tra-15
vail, coMME conquêtE, EllE nouS fait ici SoMMation dE rEnoncEr à la jouiSSancE SErvilE dE noS EntravES. PréSEnt au jour dE la création, lE poètE ESt à jaMaiS congédié du MondE. CE pourquoi il a tâchE dE rEnouEr lE liEn, touS lES liEnS roMpuS à la racinE du corpS Et dE la pEnSéE.
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