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La mue des chimères

De
123 pages
Voyages intérieurs et exodes lointains, exils sans fin et retours sur terre, parcours de combattants et routes pavées de soie : ces chimères ont parcouru du chemin avant de parvenir à leur fin. La vie avait décidé de les choyer, la mort de les frôler : leur peau tanée témoigne des rudes combats qu'elles ont dû mener jusqu'à leur mue... Ces rimes pauvres et ces strophes atrophiées sont leurs mots de haine et d'amour, leurs chants d'envies et de colères, un appel au secours, un hymne à la joie, malgré tout, malgré vous, malgré elles, malgré moi... Entendez-les...
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La mue des chimères
Matthieu Dufour
La mue des chimères





POÉSIE
























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7239-6 (fichier numérique)
ISBN 13 : 9782748172393 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-7238-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748172386 (livre imprimé)


[la gloire hivernale des noires hellébores]


- tout ce qui suit n’est qu’illusion -

(préhistoire)
avant tout, avant toi
inventant la vie qui allait avec
racontant la vie qui allait de soi, devant
avide de présent, d’or et de vitesse, après tout
pourquoi pas… En passant… En attendant…

(autrefois)
j’ai su l’espoir éteindre à petit feu
la lumière sombre des châteaux forts
j’ai cru pouvoir atteindre de peu
la gloire hivernale des noires hellébores
… enfin…
j’ai vu ma langue enfreindre ta loi
laisser filer et choir ses métaphores

(digression)
je ne suis pas devin, tu n’es pas diluvienne
mais j’imagine ce que deviennent les alluvions
quand sur moi tu déverses ton amour avec passion

(flash-back)
tu sais qu’un jour j’ai pu vouloir briller
dans le noir au large, au loin éparpillé
mais jamais je n’ai pu quitter des yeux
l’éclat de tes photophores amoureux
9
(aujourd’hui)
…où il est question de nous, d’eux…

je désire tes baies incandescentes
quant à l’autre, cantatrice incertaine
laissons décanter ses mornes incantations

elle s’inspire de tes lueurs évanescentes
quant à toi tentatrice et magicienne
chante tes trente et quelques printemps

tu aspires son venin, mes plaies béantes
quant à moi, vice débarrassé de sa haine
je compte au temps et goutte ton oxygène,
jete tant que le temps nous enchante
autant qu’il nous hante

(je me demande)
à quoi s’arriment mes pauvres vers
quand ils s’éloignent de tes riches rimes
à quoi se tiennent mes faibles mots
quand ils dérivent au large de ta peau
à quoi ça tient
à quoi ça rime…

(maintenant)
ta peau marbrée ne me laisse pas de bois
tes senteurs boisées ne me laissent pas de marbre
j’essaye, mais en vain, je n’arrive pas
à me lasser s en vain, je n’arrive pas
à te saler

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(demain)
alors oscilleront tes ailes affûtées
que mes mille voiles au ciel fileront
aussitôt riront nos corps convoités
qu’en chœur nos mains libèreront

(temps indéterminé)
informel nous voilà tout là haut, audacieux, eux dans
l’eau…
au plus haut désormais, je m’endors nuageux, et tout
bas
au plus beau stupéfait, je décore les combats de ton
corps

(après)
passer la poussière au tamis pour n’en conserver que
l’air
penser à lisser les volutes, penser à tisser l’étoile
suivante

(le dernier jour)
le chaos, debout et en paix

tout ce qui précède n’est que futilité

(question)
pourquoi écrire tout cela quand un silence suffit ?

(réponse)
je préfère ne pas savoir, je préfère errer…



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Ces mots et les suivants sont dédiés à toi, à elle, et à
tous ceux qui t’aiment : les prophètes généreux, les
fêtards génétiques, les soleils lunatiques, les pleines
lunes brillantes, les filles difficiles, les hommes
courageux, les plaines dévastées, les vestales infidèles,
les enfants sujets, les rois déchus, les fées mères, les
pères et leurs guerres, les mages alités, les ignorants
extralucides et les non croyants timides, les anges
désailés, les démons désargentés, les déjà poussière et
les pas encore chair, les étoiles infiltrées, les sorcières
amoureuses, les magiciens trop âgés, les handicapés
spirituels, les orpailleurs déguenillés, les dames de
cœurs, les valets d’ambre, les faux-monnayeurs intègres,
les agents doubles, les agents troubles, les têtes de
mules, les têtes brûlées, les fossoyeurs du noir et tous
les autres.

Mêmes les plus durs.
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