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G A L L I M A R D
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J A C Q U E S R É D A
L A N É B U L E U S E D U S O N G E suivi de V O I E S D E C O N T O U R N E M E N T L A P H Y S I Q U E A M U S A N T E I I I
G A L L I M A R D
©Éditions Gallimard, 2014.
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Une fois établi le sens brut de sa tâche (Être à tout prix alors qu’il surgit du Néant Et, goutte infime, veut devenir océan), Est-ce que l’Univers invente ou bien rabâche ? Minuscules fragments de ses explosions, En tout cas il se peut que nous reproduisions En esprit comme en chair l’élan qui le transporte Et qui semble devoir le mener à ses fins. Ainsi reprenons-nous les mêmes vieux refrains, Heurtant de nos questions une absence de porte. Je tourne donc en rond, ressasseur et fumeux, Sur la trace des sauts que d’autres, plus fameux, Accomplirent au seuil qui recule à mesure Qu’on avance ; n’ayant guère d’autre instrument Plus précis que le mètre à la souple césure Et son rythme propice à mon entêtement.
Comme par gravité, ce monde-nébuleuse Appelle à lui celle du songe où j’ai flotté Au risque de fâcher l’école querelleuse À qui je dois le peu de mon savoir, hanté
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Par la soif de franchir enfin la barricade Dressée entre le centre obscur et mon circuit. Mais je n’aurai suivi, de rocade en rocade, Que ce qui m’en éloigne et plonge dans la nuit. Cependant j’adhérais au rythme qui dirige Le moindre mouvement des astres et les bonds Des coursiers que le Vide attelle, sans aurige, À ce rythme emportant les mondes vagabonds Par l’Espace uniforme et les ponts du vertige. Et vous étiez toujours, et simultanément, La fin de mon voyage et son commencement, Étincelle du Temps, qui le brûle, et voltige.