La question aux pieds nus

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La question aux pieds nus : une pièce en trois mouvements éthico-politique où l'allégorie et la poésie pulvérisent la langue de communication rationnelle pour faire advenir un sens cosmique de l'histoire.
En passant par Jénine : en 2002 lors d'une opération militaire menée dans les territoires occupés dans les territoires palestiniens, de nombreux quartiers de Jénine furent détruits. Comment la poésie peut-elle aborder l'événement d'actualité depuis le récit qu'en donne le témoin Confrontée à l'information brute, la pensée poétique dans sa langue propre, réfléchit la transparence du signe de l'événement.
Publié le : jeudi 1 février 2007
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EAN13 : 9782296162570
Nombre de pages : 63
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LA QUESTION AUX PIEDS NUS

suivie de

« En passant

par Jénine »

Ecritures Collection dirigée par Maguy Albet Déjà parus
Marie GUICHARD, Le vin du souvenir, 2006. Pauline SEIGNEUR, Les bonnes intentions, 2006. Michelle LABBÉ, Le bateau sous le figuier, 2006. Giovanni RUGGIERO, Tombeau de famille, 2006. Jacques BIOULÈS, La Petite Demoiselle & autres textes, 2006. Pierre FRÉHA, Sahib, 2006. Françoise CLOAREC, Désorientée, 2006. Luigi Aldino DE POLI, Bel Golame, 2006. Manuel PENA MuNoz (trad. de l'espagnol (Chili) par Janine PHILIPPS et Renato PA VERI), Sud magique, 2006. Maurice RIGUET, Un fuyard ordinaire, 2006. Eric RODRIGUEZ, Sur les chemins du Honduras et de Bora Bora, 2006. Elaine HASCOËT, Lafileuse de temps, 2006. Serge PAOLI, L'astre dévoré, 2006. Janine CHIRPAZ, La violence au cœur, 2006. Lucette MOULINE, Sylvain ou le bois d'œuvre, 2006 Paul ROBIN (t), La guerre de mouvement, 2006. Jean-Marc GEIDEL, Le voyage inachevé, une fantaisie sur Schubert, 2006. Léa BASILLE, La chute de JosefShapiro, 2006. AICHETOU, L 'Hymen des sables, 2006. Porfirio MAMANI MACEDO, Avant de dormir, 2006. Philippe EURIN, Le silence des étoiles, 2006. Gérard IMBERT, Deo gracias. De père en fils (trilogie), 2005. Gérard 1MB ER T, Au nom du fils. De père en fils (trilogie), 2005. Laurent BILLIA, La sorcière et le caillou, 2005. Anne V. MÜNCH, Expropriation, 2005. Bernard-Marie GARREAU, Les Pages froides, 2005. Philippe HECART, Une relation viennoise, 2005. Manuel PENA MUNoz, Folie dorée, 2005. Jean-François RODE, L'intruse. Fugue à trois voix, 2005. Vivienne VERMES et Anne MOUNIC, Passages, Poèmes et prose, édition bilingue, 2005.

Geneviève Clancy et Philippe Tancelin

LA QUESTION AUX PIEDS NUS
Pièce en trois mouvements
(Créée la première fois à Paris en 1982)

suivie de « En passant par Jénine »

L'Harmattan

Geneviève

Clancy et PhilippeTancelin Ouvrages collectifs

Tiers-Idées, Hachette Fragments-Delits, Le Bois de vivre, L'harmattan L'Esthétique

1977. Col. Dès à Présent 1996. Col. Ecriture

Seghers. Col. textes fous. 1979 1996. Col. Poètes des cinq continents 1997. Col. Poètes des cinq continents Octobre 2000

L'été insoumis, L'Harmattan de l'ombre, L'harmattan Cicep-édition

Les conditions sous lesquelles l'émeute demeure possible,

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L'HARMATTAN,

2007

5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
L'HARMATTAN, ITALIA s.r.l.

Via Degli Artisti 15 ; 10124 Torino KOnyvesbolt L'HARMATTAN HONGRIE ; Kossuth L. u. 14-16 ; 1053 Budapest

L'HARMATTAN BURKINA FASO 1200 logements villa 96 ; 12B2260 ; Ouagadougou 12 ESPACE L'HARMATTAN KINSHASA Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives BP243, KIN XI ; Université de Kinshasa RDC

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L'HARMATTAN GUINEE Almamya rue KA028 En face du restaurant Le cèdre OKB Agency Conakry - Rép. de Guinée

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http://www.librairieharmattan.com diffusion. hannattan@\vanadoo.fr harmattan 1(âJ.wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02298-0 EAN : 9782296022980

La question aux pieds nus
Nous sommes rendus spectateurs des pires choses, nous subissons ou croyons subir l'information. Nous sommes en permanence confrontés à l'horreur sans aucune censure. Les extrêmes sont banalisés, non seulement au titre de la forme dans laquelle les événements nous sont rapportés mais également dans le montage qui est réalisé à partir des évènements et qui favorise un rapport de neutralisation mutuelle. Tout est mélangé ou du moins le semble, alors qu'une étude fine de la dramaturgie des journaux montre à quel point la construction, le montage des faits révèlent une intentionnalité tout à fait contradictoire avec la prétendue objectivité de l'information. Les personnages de samuel Beckett, dans sa pièce En attendant Godot, insistent sur le fait que l'apparente absurdité du monde repose en réalité sur la relation que les hommes entretiennent avec ce monde. Plutôt que de se mettre dans la disposition d'être attendus, les personnages attendent. Peu importe qu'on se pose la question de savoir s'ils attendent Dieu ou non, ils attendent, ils attendent qu'il se passe quelque chose entre eux et il ne se passe rien. Il ne peut rien se passer car ces personnages veulent mais ne peuvent pas. Ils sont comme paralysés, handicapés par le fait même d'attendre que quelque chose donne un sens à leur vie, que quelque chose les réalise. A l'inverse de ces personnages, compte tenu du degré d'information qui est le nôtre et de l'évolution de la prétendue communication dans nos sociétés ainsi que leur orgueil à maîtriser tout, nous sommes renvoyés par Beckett à la situation de ceux qui peuvent ou qui pourraient mais ne veulent pas. La question de pouvoir mais de ne pas vouloir ou de faire semblant de croire que nous n'avons pas les moyens tandis que nous voudrions,

se retrouve à maintes occasions non débattue, non abordée jusqu'à entraîner une sorte de peur de penser la question même. C'est ce que nous avons étudié dans certains de nos ouvrages sur le thème de l'in-pensé, ce que nous refusons de penser et en particulier ce en quoi penser, déstabiliserait nos certitudes pacifiantes. Sans doute peut-on expliquer comment toute une part de la création contemporaine, se centre sur un « ego» dévorant qui nous rend autistes aux échecs d'un monde qui a rompu avec la dynamique utopique poétique nourrissant la créativité de la pensée critique. La peur a de multiples visages qui s'accommodent les uns des autres, au milieu du bal social masqué. Parmi ces visages, il y a celui que tisse la clôture d'un monde réduit à un penser de l'après, avec tout le temps nécessaire pour porter un nouveau visage, changer de masque. D'autres parmi ces visages, nous disent la peur «illogeable» de l'opinion dans le fournil des échanges de pensées qui surgissent sous la force de l'événement. C'est la même étrange et douloureuse peur que connut l'Allemagne blafarde des années 80. C'est une peur que nous connaissons aujourd'hui devant l'immense recul du débat sur les glissements conceptuels touchant au «révisionnisme» au « négationnisme ». Il y a toujours cette peur qu'une penséeet une analysene deviennentl' « in-pensable » et projettent leur auteur dans un isolement fatal, soit par traduction devant les tribunaux pour délit de penser, soit encore par disqualification intellectuelle (prétendument scientifique). C'est ce dont peuvent être victimes aujourd'hui tous les partisans de l'antique conversation de l'intelligence qui fit les heures de gloire de l' « Universitas» critique. Il s'agit d'une vieille, sale et grande peur qui saisit au creux des reins: lorsque ce qui est logeable, pensable dans et par le consensus, fait parfois encore plus peur que la destruction. C'est ce qui arrive à nos contemporains dans nos sociétés de démocratie sans fond. Ce qui s'autorise à penser, à être pensé, se prononce simultanément comme un verdict. On ne construit plus un raisonnement. On ne prononce plus une opinion, on prépare par l'acte de penser à haute voix, la réclusion du discours qui transformera l'existence, l'échange quotidien en terme de tribunal et l'autre, comme un juge ou un justiciable.

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