La route est errante et rapide

De

Dans cette oeuvre de jeunesse, Louis Salomon nous fait entendre la voix singulière d’un poète méconnu, qui s’interroge sur le pourquoi du monde et la fuite du temps. Composé de poésies en vers, de poèmes en prose et de courts récits, ce recueil au lyrisme touchant mêle avec habileté humour et sérieux, contemplation de la nature et regard sur le monde tel qu’il va, jeunesse d’esprit et mémoire de sage.

A conseiller à tous les amateurs de poésie !


Publié le : samedi 1 janvier 2005
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EAN13 : 2952305056
Nombre de pages : non-communiqué
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La route est errante et rapide… Il est gai parfois le vent qui souffle à mes oreilles, Sombre et cruelle hurle trop souvent la tempête. Des fleurs fleurissent ça et là sur mon chemin Pendant que des cailloux et des ronces me déchirent Et font mes pas mal assurés. Ma route est errante et rapide. Je ne sais pas où elle mène Sa voie est-elle bonne et sa piste la seule ? Qu’importe si ma joie et mes chagrins Sont grands à chaque détour du chemin. Tantôt je tourne à droite, D’autres fois je vais errer à gauche ; Mais jamais je ne reviens en arrière. Il m’arrive pourtant de jeter derrière moi Un regard attristé qui, je ne sais pourquoi, Me glace d’angoisse et me brûle de mélancolie ; Mais ces instants ne sont que de très courts instants Et ils semblent m’inciter A courir encore plus vite et plus avant. Ma route est errante et rapide Ma route ne sait pas ce qu’elle veut : Elle sépare des pays en deux, Franchit des ponts, longe des rivières, Des mers, hésitant à plonger, prête à plonger pour traverser Puis, sans raison, Elle qui n’est que déraison Résignée, s’éloigne de la côte :
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Il ne s’est rien passé de sublime ; Elle va rejoindre les méandres de la terre. Alors ça et là de jolies fleurs fleurissent De tendres fleurs chaudement parfumées Et je flétris leurs robes de corolle En les serrant contre mon sein, comme s’il se pouvait Anéantir enfin cette indomptable ivresse Qui souvent bout en moi et qui renaît sans cesse. Il est gai le vent qui souffle à mes oreilles Quand je cueille les fleurs de l’été qui passe. Ah ! les fleurs du printemps ! Ah ! les années en fleurs ! Comme un souvenir rejailli, comme un désir lointain Me glace d’angoisse et me brûle de mélancolie Le regard chaud des filles du printemps Fières et gênées à la fois de leur virginale richesse Et cependant déjà sitôt prêtes En un instant à tout abandonner Pour rejoindre une route toute pareille à la mienne. Les cailloux et les ronces peuvent me déchirer Et faire mes pas mal assurés : Des fleurs fleurissent sans cesse sur mon chemin. Certains soirs, des soirs appesantis de linceuls de brouillard, Ou ces soirs où la tempête hurle, sombre et cruelle, Je cherche du regard au bout de la route Celle qui m’offrira le rendez-vous du soir. Est-elle là ? Est-elle loin encore ? Elevant alors comme un phare son vert sceptre d’espoir, Le spectre sans face s’effaçant aussitôt dans sa trace, La route continue son menu à la carte Et la route qui n’est que déraison, Résignée, s’écarte de la Mort. Ces instants ne sont que de très courts instants Et je cours encore plus vite et plus avant En respirant plus fort les fleurs de mon chemin
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Tandis que les cailloux font trébucher mes pas Et que les ronces me déchirent. Ma route aime passionnément Les fleurs, la beauté, le soleil Mais elle ne sait pas éviter les cailloux Elle ne veut pas se détourner Quand les ronces tendent leurs épines. Pourtant elle n’est pas audacieuse, Pourtant elle n’est pas courageuse, Mais imperturbablement, inéluctablement Elle trace un destin Qu’un Dieu secret peut-être Recueille paisiblement Comme les fils d’un écheveau de laine Et le lie à d’autres à la fois semblables et distincts. Tant que l’insolite ruban de la route Ne sera pas complètement déroulé Il faudra mépriser seulement Ceux qui bâtissent de haine et de méchanceté Leurs absurdes châteaux de cartes Et n’honorer que toi, Amour, Tant tu es seul à posséder un peu d’éternité. Quand il m’apporte la vibrante chanson de tes lèvres Il est gai sur ma route le vent qui souffle à mes oreilles. !"
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