Larmes cadenassées

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Tu marches. Tu continues de marcher. C'est ton destin de le faire. Mais, un jour tu arrives à un pont tissé de mots et paroles qui s'est érigé avant toi, sans toi. Tu es nu. Seulement devant le mot tu peux te déshabiller, chercher les mains des autres, t'oublier. Ce pont s'est accompli avant toi, sans toi mais tu continues d'espérer qu'il y a encore un pont à bâtir.
Publié le : jeudi 1 mai 2003
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EAN13 : 9782296315280
Nombre de pages : 86
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Cristina Montescu ,

Larmes cadenassées

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I. Cris et paroles

LE CRI

Lune et Soleil, hier et demain rêves de soie, rêves de sables cris de velours. Cris, je veux crier à pleine gorge jusqu'à ce que Lune Soleil Hier Demain saignent à mon cri. Je veux crier d'hier jusqu'à demain jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'hier et demain.

Au commencement du temps le soleil et la lune étaient frères. Moi, je le savais et j'ai caché leur amour. Au commencement du temps hier et demain étaient frères. Moi, je le savais et j'ai caché leur bonheur. Déchaîné entre lune et soleil, hier et demain leur rupture effaça mon droit de crier.

Je veux crier d'hier jusqu'à demain. Sables bleus, lumière aquatique emprisonnent mes cris. 9

Je veux crier avec la bouche les yeux les oreilles les orteils les doigts de mon cœur.

Je sens que la mer n'est plus eau mais poussière bleue. Le ciel pleut de poussière bleue sur ma tête. Il n'y a personne pour comprendre mon cri. Je vais inventer une autre langue pour ceux qui vont naître plus tard, quand la poussière sera noire et compacte.

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LA RONDE

Des chants bleus me suivent dans la ronde des cris égarés. Je bredouille mon cri d'acier, la lourdeur des attentes épinglées à l'étoile; J'invoque les noms de tous mes visages hurlant leurs souffrances; J'appelle les bouches béantes des ombres jaunies, les cris aveugles avalés par la terre.

Il

LA VALLÉE DES LARMES

Les barrières du cri flottent devant mes yeux; L'homme à couronne de pleurs surgit de mon chant inouï. Il est celui que j'ai attendu jusqu' à hier, jusqu'au moment où, l' œil lourd la parole malade le sein effiloché, j'ai décidé de glisser, de m'endormir quelques siècles.

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