Le cercle d'or

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Quête endeuillée d'amour qui reconduit un deuil et appelle un seuil, la poésie de Catherine Lechner-Reydellet demande une compréhension musicale et mathématique. Le rythme de ce recueil comprend 7 jours, contenant chacun 14 poèmes de 20 vers, soit une somme de 1960 vers. 1960 est l'année de naissance de l'auteur. Le temps de cette poésie est celui des commencements, du surgir et de l'effacement. Au terme du poème, l'auteur a rejoint sa naissance.
Publié le : lundi 1 octobre 2007
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EAN13 : 9782296183506
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LE CERCI-IE D'OR

(Q L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanaooo. fr
ISBN: 978-2-296-04241-4

1':AN : 9782296042414

Catherine LECHNER- REYD ELLET

LE CERCLE D'OR

Préface de Hervé Bauer

L'Harmattan

Du même auteur

La force d'être et de raison, poésie, Debresse, 1982 Mémoires d'un prince, roman, Aléas, Prix du festival de littérature fantastique de Gérarmer, 1991 Esther, roman, Le Bord de l'Eau, 1996

Le miroir, poésie, PL, Prix de la Fondation Blanchard, 1996
Le profil de l'ombre, roman, Séguier, 2001 Alsace lorraine, histoires d'une tragédie oubliée, récit, Séguier, 2004 Guide musical répertorié à l'usage de tous les pianistes, pédagogique, Séguier, 2005 guide

Messiaen, l'empreinte Séguier, 2007

d'un géant, biographie témoignage,

Cadence rompue, roman, Séguier, 2007

LES MOYENS RECIPROQUES

DU MYSTERE

«Alors on possède, avec justesse, les moyens réciproques du Mystère -oublions la vieille distinction entre la Musique et les Lettres, n'étant que le partage, voulu, pour sa rencontre ultérieure, du cas premier: l'une évocatoire des prestiges situés à ce point de l'ouïe et presque de la vision abstrait, devenu l'entendement; qui, spacieux, accorde au feuillet d'imprimerie une portée égale. » Mallarmé

Si une anthologie est, en somme, comme un chœur seulement de circonstance et par l'opération seule du hasard concerté, une voix ne s'en soustrait que comme aucune autre audible. Ainsi ai-je pu lire, dans l'ébranlement de la découverte, les extraits, éclats, plutôt et le miroitant accord, inouï, qui en résulte, de ce
poème innombrable (<<III poètesen Rhône-Alpes,Anthologie».)

La poésie est puissance adamique de nomination. Celle de Catherine Lechner-Reydellet l'accomplit, l'assume à la fois comme la preuve et l'épreuve de la poésie. Dans l'inaccessible immanence de tout. Le vers, tantôt une chance, tantôt un risque d'existence élargie. Où l'homme est incommensurable à luimême parce qu'il parle et est mortel. « Qui es-tu? Toi tangentiellement balancée Entre la mort et le perpétuel qui exorbite le monde? }) Le vers et la matière étonnée qu'emprunte le Verbe pour susciter encore le monde. La poésie est une création continuée. Ce poème pythagorique hanté par le Nombre, c'est des propriétés lyriques de la seule mesure qu'il tire son pouvoir fatal d'envoûtement, son parfait mystère musical. Le geste de l'écrire n'alla pas pourtant sans tremblement, à l'instant de jeter au creuset de l'impeccable proportion le balbutiement de la voix humaine. C'est pourquoi du cœur du poème, coulé dans le métal solaire de son incantation, rayonne <<l'inftacassable noyau de nuit» d'où l'homme parle à tâtons.

Le mouvement circulaire du poème est pour rassembler, recueillir ce qui est voué à la dispersion, du commencement, inexorable. Poésie de l'exil et du retour, comme, sous son fmnament biblique, le périple d'une tribu, par les vocables, amoureusement dénombrée, parmi le dénombrement poussiéreux du temps. Et le même geste, insensé, qui protège, expose. Invoquant expose à la révocation. Comme si le souffle, qui ordonne et informe le chant, par une fatale conuption, comme le soleil des Atrides inversait son cours dans l'avènement même du vers, propageant l'événement contagieux de sa dévastation. Le vers est l'ombre portée de cet égarement. « Ce rivage est si loin que notre vrai lieu de grâce sera toujours ailleurs Nous avançons pour le trouver et au passage dans l'air Nous regardons notre jeunesse passée, sans perfection Seuls, sans eux, seuls sans triomphe, avec l'idée De notre mort envahissante qui rôde à nous meurtrir. » Ainsi s'accomplit le destin du souffle, entre cantique et suffocation. La musique est Nombre. La lyre pythagoricienne instrument de mesure qui n'en réduit le mystère orphique. Le poème de Catherine Lecbner-Reydellet appelle une compréhension musicale. Si la musique est bien cette mathématique expansive. Sa division en 7 jours, contenant chacun 14 poèmes de 20 vers, soit une somme de 1960 vers, ressortit d'une musicalité chiffrée. 1960 est l'année de naissance de l'auteur. Nulle concession à la circonstance. Il y va, au contraire, d'une décision poétique de chiffiement du texte qui récupère la puissance opératoire primitive des nombres, leur efficace: qu'on pense à cette matrice d'architecture divinatoire que constitue le 9, nombre parfait, dans «La divine comédie ». Au terme du poème et de sa grande respiration de 1960 vers, le poète a rejoint sa naissance. Au monde, comme l'a tant voulu Rimbaud. Quant à la musique, au premier jour commence la quête endeuillée d'amour, comme le thème perpétué auquel la successive tonalité des jours imprimera ses variations. Jours de tous les jours et ceux encore tout humides de la Création. « La 6

musique savante manque à notre désir », dit encore Rimbaud. Le poème en porte la nostalgie et la promesse. Le Nombre, donc, à l'œuvre dans le chant croît vers j'or du sens serti, comme une Eurydice, dans sa gangue nocturne, par cercles concentriques. Car, ce à quoi on assiste est l'expansion sonore de l'Amour. La poésie est création ex amore. Il m'est toujours apparu que la Bible, du moins l'Ancien Testament, n'exprimait vraiment sa vérité, la saveur et la fraîcheur de sa vérité, qu'en la lisant, non dans l'esprit, mais dans la lettre. C'est cette lecture, de toute évidence, que requiert la poésie de Catherine Lechner-Reydellet. Elle est à prendre au pied de la lettre, comme le souffle qui change la poussière adamique en un homme. Car le temps de cette poésie est celui des co~encements, et c'est pourquoi si ample est le vers, au poumon claudélien de verset. « Ici régnant notre asile dans un nuage presque invisible De rites, de cycles, et de paix sans durée, Couvrant l'immensité de notre solitude avec la majesté d'un roi. » Ce qui commence est l'événement respiratoire du rythme. Par lui, le vers - entre cécité et nécessité (par quoi la poésie de Catherine Lechner-Reydellet emprunte aussi les masques
écumeux de la tragédie grecque)

-

le vers, dis-je,

incante

jusqu'à la gloire de la chair, de cette chair vocale dont palpitent, dans le Verbe, les vivants et les morts.

Toute vraie poésie se tient au lieu d'embrassement du surgir et de l'effacement. Littéralement, oui, entre la vie et la mort. Toute vraie poésie, et celle-ci est frappée au coin de la révélation, reconduit un deuil et appelle un seuil.

Hervé BAUER

7

Les géomètres et les philosophes de l'Antiquité ont cru en l'existence d'une proportion privilégiée que les artistes de la Renaissance ont appelée « Nombre d'Or ».

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