Le Chant de l’arène

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Victor Hugo — Odes et BalladesLe Chant de l’ArèneL'athlète, vainqueur dans l'arène,Est en honneur dans la cité ;Son nom, sans que le temps l'entraîne,Par les peuples est répété,Depuis cette plage infécondeOù dort sur la borne du mondeL'Hiver, ...

Publié le : vendredi 20 mai 2011
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Victor HugoOdes et Ballades
Le Chant de l’Arène
L'athlète, vainqueur dans l'arène, Est en honneur dans la cité ; Son nom, sans que le temps l'entraîne, Par les peuples est répété, Depuis cette plage inféconde Où dort sur la borne du monde L'Hiver, vieillard au dur sommeil, Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore, On entend, sous l'onde sonore, Hennir les coursiers du Soleil.
Voici la fête d'Olympie ! Tressez l'acanthe et le laurier ! Que les dieux confondent l'impie ! Que l'antique audace assoupie Se réveille au cœur du guerrier !
Venez, vous que la gloire enchaîne ! Voyez les prêtres d'Apollon, Pour votre victoire prochaine, Ravir des couronnes au chêne Qui jadis a vaincu Milon !
Venez de Corinthe et de Crète, De Tyr, aux tissus précieux De Scylla, que bat la tempête, et d'Athos, où l'aigle s'arrête Pour voir de plus haut dans les cieux !
Venez de l'île des Colombes, Venez des mers de l'Archipel, De Rhode, aux riches hécatombes, Dont les guerriers jusqu'en leurs tombes De Bellone entendent l'appel !
Venez du palais centenaire Dont Cécrops a fondé la tour ; D'Argos, de Sparte qu'on vénère ; De Lemnos où naît le tonnerre, D'Amathonte où naquit l'amour !
Les temples saints, les gynécées, Chargés de verdoyants festons, Tels que de jeunes fiancées, Sous des guirlandes enlacées, Ont caché leurs chastes frontons.
Les archontes et les éphores Dans le stade se sont assis ; Les vierges et les canéphores Ont urifiéles amhores
Suivant les rites d'Eleusis.
On a consulté la Pythie, Et ceux qui parlent en rêvant. A l'heure où s'éveille Clytie D'un vautour fauve de Scythie On a jeté la plume au vent.
Le vainqueur de la course agile Recevra deux trépieds divins, Et la coupe agreste et fragile Dont Bacchus a touché l'argile, Lorsqu'il goûta les premiers vins.
Celui dont le disque mobile Renversera les trois faisceaux, Aura cette urne indélébile Que sculpta d'une main habile Phlégon, du pays de Naxos.
Juges de la gloire innocente, Nous offrons au lutteur ardent Une chlamyde éblouissante De Sydon, qui, riche et puissante, Joint le caducée au trident.
Lutteurs, discoboles, athlètes, Réparez vos forces au bain ; Puis venez vaincre dans nos fêtes, Afin d'obtenir des poëtes Un chant sur le mode thébain !
L'athlète, vainqueur dans l'arène, Est en honneur dans la cité ; Son nom, sans que le temps l'entraîne, Par les peuples est répété, Depuis cette plage inféconde Où dort sur la borne du monde L'Hiver, vieillard au dur sommeil, Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore, On entend sous l'onde sonore Hennir les coursiers du Soleil.
Janvier 1824.
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