LE CHANT DE SAMA N'DÉYE suivi de LA SILHOUETTE DE L'ÉCLAIR

De
Publié par

En s'inscrivant sur le registre du chant, Léopold Congo Mbemba élève la poésie à un niveau d'exigence que seuls atteignent ceux qui ont déjà achevé d'exprimer " le firmament intérieur " de nos mots. Le chant de Sama N'déye dessine la courbe blessée du monde à travers les rivières sudorales, les lignes orphelines, la géométrie imparfaite de ceux qui cherchent dans la rectitude des règles, les lois qui gouvernent nos sentiments.
Publié le : mardi 1 juin 1999
Lecture(s) : 278
Tags :
EAN13 : 9782296393172
Nombre de pages : 97
Prix de location à la page : 0,0051€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

Le Chant de Sarna N' déye
suivide

La Silhouette de l'Éclair

(Ç) L'Harmattan,

1999

5-7, rœ de l'École-Polytechrûqœ 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacqœs, Canada H2Y lK9
L 'Harmattan,

Montréal (Qc)

I tal i a s.r.1.

Via Bava 37
10124 Torino

ISBN: 2-7384-8117-5

Léopold CONGO MBEMBA

Le Chant de Sarna N' déye
suivide
,

La Silhouette de l'Eclair

Préface de Babacar SalI

L'Harmattan

Du même auteur, chez le même éditeur:
Déjà le sol est sen1é,poésie, 1997 Le ton1beau transparent, poésie, 1998

PRÉFACE
de Babacar SALL

La poésie origine le monde, car 'au début les mots furel1t sable; et l'écriture ensablement, mais aussi dévoilen1ent de la pierre des sel1timel1ts : « Écoute le chant de N'déye, / écoute mon chant». EI1s'inscrivant sur le registre du chant, Léopold CONGO MBEMBA élève la poésie à un niveau d'exigence que seuls atteignent ceux qui ont déjà achevé d'exprin1er"le firmament intérieur" de mots. N'déye, c'est à la fois le prénom d'une femme et le vocable qui sert à désigner en wolof la mère. Cette ambivalence non1inale est le noeud gordien à partir duquel Léopold CONGO MBEMBA scelle son voeu

d'amour, secret et riche comme le gisement bleu d'un rêve nocturne. N'déye, c'est aussi la source qui jaillit en gerbes pluviales sur la platitude sableuse du Sahel, dans l'attente d'une sen1ence aftl1de renaître, le temps d'Ul1 poème, en abeille convoyeuse d'âme entre pollens et
nénup11ars.

Le miel qui coule ainsi en ondes pures sur le tapis herbeux de la rosée aurorale est le sang du poème, la sueur du poète, son labeur intime. C'est poufquoi les plus grands chal1teursdu royaume des sables, soigne!1t la qualité de leurs cordes vocales avec le lait des fietIfS, pour porter le chant au loin, là où l'inspiration se n1ue en oeuvre inquiète entre le silence du n10nde et la maladresse amante des poètes. Car: «Je crois à la pluie qui répond aux appels / des terres que calcine la soif.. / Une rivière de lumière coule / à laquelle tu
viendras boire.
»

Entre les deux, Léopold CONGO MBEMBA assun1e le corps à corps avec la chair des syllabes et enfante les

8

sonorités qui balisent le surgissement de la voixlaiteuse de l'aube: la première qui annonce le lever du jour, la naissance d'un enfant ou la mort. Qu'importe! car tOtIt est recon1mencen1e11t, nsemencement, déploien1ent e infini vers la voûte céleste. Le poète ne meurt pas parce qu'il chante. Le poète ne meurt pas parce qu'on ne n10nte pas au ciel avec une ân1edéchirée. On la répare d'abord pour retrouver le déploiement con1plet des oiseaux lumineux, ces étoiles qui nous vienne11t u royaun1edes songes et qui d illun1inentla nuit des angoisses. Et le feu qui en naîtra brûlera « toutes les nuits du monde» pour fertiliser, demain, la terre qui donnera à la progéniture hun1aine l'arôme des sentin1ents, le souffle d'espérance permettant de tenir et de survivredans l'univers des dran1es. Le chant de N'déye dessine la courbe blessée du n1011deà travers les rivières sudorales, les lignes orpl1eli11es, la géon1étrie in1parfaite de ceux qui chercl1e11tdans la rectitude des règles, les lois qui gouvernent nos sentÎn1ents.

9

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.