LE CORPS EPIQUE ou un printemps définitif

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« Ces quelques cinquantes poèmes souhaitent dire que la guerre, c’est le cancer et que la lutte pour la guérison est aussi un combat pour la paix. Et lorsque mon corps, blessé, s’est transformé en pays – pays aux frontières incertaines – à travers cette épopée particulière, il est devenu le « Corps Epique ». Alors, j’ai puisé dans le pays aimé, le Liban, des recettes d’entêtement, de chaleur humaine et le sens inné de la providence. Puis j’ai souhaité montrer ma croyance dans une ébauche plus belle des frontières, dans un meilleur partage, dans un dialogue des cultures plus approfondi. »
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296301474
Nombre de pages : 94
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LE CORPS EPIQUE

ou

Un printemps définitif

Du même auteur: « l'Eleveur de Pigeons », recueil de poèmes, Editions Jacques André (2000)

« Cinq regards sur Beyrouth» interviews, textes et photos, Editions Romain Pages, avec Olivier Dalle et Frédéric Soreau (2002)

Astrid GATEAU

LE CORPS EPIQUE ou Un printemps définitif

Préface Evelyne ACCAD

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Illustration de couverture: Rim Al Joundi

@L'Hannattan,2002 ISBN: 2-7475-3174-0

PREFACE
Astrid, entrée dans ma VIe un matin d'automne à Beyrouth. Il est des rencontres qui portent au-dessus du temps, qui vous font traverser les rivières, découvrir les villes. Astrid fut cette rencontre. Une voix au bout du fil, celle des organisatrices de An-Nahar pour la Foire du Livre. J'y présentais mon livre "Voyages en Cancer". --Accepteriez-vous un témoignage, des poèmes? Une femme de Lyon, poète, qui signe son livre « L'Eleveur de Pigeons» ? --Bien sûr, notre lutte est un tissage d'expériences communes, un travail collectif. Quelle proposition enrichissante ! Nous nous rencontrons dans Hamra, la rue rouge qui a souffert comme tant de routes de Beyrouth en guerre. On se reconnaît à nos cheveux, la chimiothérapie les rend frisés, cotonneux. On se reconnaît aussi dans l'intensité du regard, la saisie frénétique du moment de tous les moments car ils sont comptés. On parle on parle comme si on voulait réunir tous les mots de la terre et leur trouver des liens. A la présentation, la lecture de ses poèmes est émouvante. La salle retient son souffle; sa parole met

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en relief les questions et les blessures, paroles qu'on retrouve dans «Le Corps Epique », livre que j'ai le bonheur de préfacer aujourd'hui, recueil de poèmes élaborés, grandis dans la maladie. La découverte du corps malade et d'un pays malade, les mots tissés dans la souffrance d'un corps mutilé comme des plantes qu'on a voulu écraser et qui relèvent la tête dans l'humus des larmes. Au-delà du corps meurtri, la beauté d'une femme: "Bien sûr le corps est défait Mais là-bas Loin Très loin Au cœur même de l'enveloppe Il y a toujours La jeune fille sereine et têtue Et sous le front fiévreux et chauve Cette belle chevelure Qui l'encadre et la protège Des avatars du temps Et tout autour de l'âme urgente Ce halo persistant" Et la révolte face au gaspillage, face à la violence de l'homme, cris de colère devant son arrogance: "Car je vous parle de femmes déracinées De saisons inversées de sève déconcertée D'errance ] e vous parle D'une nation de femmes apatrides"

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Mots aussi porteurs d'espoir racontant un message universel et lyrique dit dans la joie de vivre: "Et la terre est ce champ labouré par les larmes Et la terre est cet oiseau qui rêve d'un ciel plus grand Et la terre est ce jardinier qui rêve d'horizons plus vastes Plus universels" Et ces phrases ciselées dans la lutte et l'espoir Pour ses amis à qui elle donne la tâche ultime De reprendre le flambeau de l'allumer ailleurs pour que la flamme ne s'éteigne jamais: "N ous nous battrons Nous écrirons chaque matin Pour survivre Le lumineux territoire De nos émois Demeurant Le seul pays qui soit"

Evelyne Accad, romancière.

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Note de l'auteur
Je viens vous parler d'une rencontre pas du tout extraordinaire. Rencontre faite deux fois et dont je porte encore les empreintes. Ou plutôt les absences. C'était une rencontre avec la maladie.
Perdre le lien avec son cops et ses racines.

Et j'ai lu et relu Supervielle, Jules Supervielle qui évoque si bien l'énigme des frontières, et lorsqu'il écrit <gesuis si seul que je ne connais plus la forme de mes mains », c'est bien du même mystère qu'il s'agit. Et pourtant point de solitude pour moi, mais toujours dans la limite de l'événement. Car si le poète Ounsi el Hage écrit «Je dors dans ton isolement», comment faire?
Lorsqu'on est seul sur ce chariot, qui va vers la salle d'opération, seul dans ce corps, théâtre de la tragédie hier et pour toujours.
Perdre le lien avec son cops et ses racines.

Puis, à travers les traitements, à travers mon projet poétique, j'ai dessiné d'autres limites à mon corps, j'ai redéfini mes racines et j'ai pu FAIRE FACE. Leçon d'irréalité? Irréalité, en effet, lorsque la tête, comme dévissée,

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