//img.uscri.be/pth/a45d0ccbdaf3e148a4c9b5d4239d55b98e7af212
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Le Cri du passant

De
92 pages
Viens mon fils, sortons des vestiaires où s’entassent nos peines et partons jardiner le monde. Le passant est un inconnu qui a besoin de nous comme nous avons besoin de lui. Savoir d’où l’on vient, c’est pouvoir se situer et défier l’horizon. Il y a tant à voir et à vivre, des champs de blé mûr aux souvenirs ratés, de l’amour des rêves infinis aux maîtresses d’un jour. Ayons soif d’apprendre et de contempler le jour. La poésie de Robert Le Meur est simple et douce comme la caresse du matin sur la peau endormie. Elle réveille les sens et, en toute innocence, appelle à la vie. À vivre ses passions, ses émotions et son destin. Les pieds dans le réel et l’esprit dans ses rêves, le poète trace un chemin, un sillon pour le passant que nous sommes et nous engage à cultiver un arbre de toute beauté: la sincérité.
Voir plus Voir moins
Le Cri du passant
e
t L u
P
e
M
p
b
o
o
k
u
b
l
i
r
C
i
a
s
e
u
r
e
d
r
L
n
R
t
a
s
o
b
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com
Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55
IDDN.FR.010.0116518.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2011
Du temps de naître
Le passant Enfant, petit dhomme à venir, je suis assis sur un muret de pierres sèches qui sépare le rien dici du rien dà côté, comme le jour et la nuit sur le bord de la route. Je suis immobile dans lheure dété et jattends. Je porte une culotte courte et, de temps en temps, parce quune pierre me blesse, je lève une jambe pour me gratter la cuisse, alternativement, à droite puis à gauche ; jinstitue le traitement égalitaire du mouvement. Ma petite veste est bleu foncé, cest un ciel nu percé de poches où se perdent mes secrets. Je tiens à la main, cousu sur une branche, un morceau de toile blanche qui séchait ce matin ; sur cette bannière, cent couleurs bariolées ont fait naître un pays. Il na pas de nom, cest le mien. Le paysage sans verticales est sans ombres ; cest un pays de courbes et de vagues comme mon pays sans nom, où le peintre sennuie.
9
Jagite mon drapeau comme le ferait le vent sil y avait du vent au premier jour de paix, mais je ne crie pas. Mon pays est celui du silence. Jattends. Un passant inconnu sarrêtera bientôt, là, devant moi, à la porte de mon pays. Avec ses mots il me dira sa vie, en murmures de larmes et en bulles de rires, en soupirs damour et de musiques lointaines, puis il se taira et ses yeux me supplieront de lui rendre sa place. Je ferais de sa trace un sillon ; dans un champ de bruyères et détoiles je porterais sa mémoire et son nom, puis jirais au pays où le ciel est à terre écouter cette complainte ; cest le cri du passant. Assis sur un mur, immobile et patient. Je dis : « il viendra », mais personne ne mentend.
10