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Le doigt de mer

De
146 pages
Le mot grec "poiêsis" signifie "création". C'est l'alchimie du rythme, de l'image et du message. Le poème, qui en est l'expression écrite et chantée, est, à chaque éclosion, la manifestion d'une vérité première, sans verbiage et souvent lapidaire... comme une stèle. Car le poème n'est jamais en trompe-l'oeil : il se veut trompe-le-temps - donc trompe-la-mort... Sur la période allant de 1959 à 2009, l'auteur s'est mué en abstracteur de quintessence pour offrir un recueil de quatre-vingt-neuf textes, dont treize "bilingues".
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JeanMichel C
Le doigt de mer et autres poèmes
Poésie(s)
Le doigt de mer
Poésie(s) Collection dirigée par Philippe Tancelin Déjà parus Stéphane CERVEAU,Le jeu d’éclipes, 2016. Claude BARDINET,Poïetique paradoxale,2016. José GUÉBO,Aux chemins de Babo Naki, 2016. Jean-François SABOURIN, Le préambule des innombrables, 2016. Jacques BARNOUIN,L’inspiration poétique, 2016. Alain HOAREAU,Quatre saisons plus une, 2016. Suzanne MÉRIAUX,Empreintes, 2016. Munesu MABIKA DE CUGNAC,Un monde plus fort que le reste, 2016. Arnaud BOURILLET,Le pavot rouge. Éloge de l’étrangère, 2016. Norbert SÉE,Femmes fleuves, femmes flammes, 2016. Mylène DANGLADES,Des paroles d’or et d’argent, 2016. Marc LE GOFF,Arrêts sur paroles, 2016. Amar MERIECH,Découverte de l’ordinaire, 2016. José Carlos RODRIGUEZ NAJAR,Prières amazoniennes,2016.Georges De RIVAS,Ce que la Colombe dit à la Rose,2016.Dominique LABADIE,Réveille-toi,ȏdémocratie. ma Chroniques d'un ancien homme libre,2016.VILLEBRAMARA,Métisse, 2015. Franck GIOL,Ouvrances, 2015. Maïté VILLACAMPA,Vers les commencements. Montage, 2015. Marie-Madeleine LEMAIRE-JARRY,J’ai rencontré le soleil, 2015. Raphaël SARLIN-JOLY,Et je vis le regard des chats sauvages, 2015. Jean-Marc ROTH,Première cellule, 2015. Anne ARNAUD,Unknown, 2015.
Jean-Michel CARTIERLE DOIGT DE MERET AUTRES POÈMES FEES... [FuseauxÉclatsEsparsStrettes] (1959 – 2009)L’Harmattan
Du même auteur Articles “Éducation, quand tu nous tiens...” ; « En relisantÉmile… » -Revue française d’éducation comparée(RFEC), nº 7 – 2011 ; nº 12 – 2014, L’Harmattan. En collaboration avec Louis Porcher « Apprendre et enseigner d’hier à aujourd’hui », CollectionÉducation comparée –L’Harmattan, 2010 Corédacteur « Dictionnaire », dans « Lisbonne » -Bouquins,Robert Laffont, 2013 Méthodes didactiques (Français, langue étrangère – FLE) xcollaboration En avec Nicole Muskaug :« En France avec les Gammas » [1 &2], Publications « Friundervisningen », Université Populaire, Oslo – Norvège, 1980. x En collaborationavec Jacques Blanc et Pierre Lederlin : « En avant la musique », « Série Jaune » [1, 2 & 3] et « Série Verte » [1, 2 & 3] – 1984-1987 ; « Bien reçu » [1 & 2] – 1987-1988 ; « Scénarios professionnels » [1 & 2] – 1994-1995 ; « Escales » [1 & 2] – 2001 ; « Déclic » [1, 2 & 3] – 2004 (CLE International : Nathan, puis Vivendi, puis Sejer – Paris) ; coédition en Italie : « En avant la musique », Mondadori (1984-1988) et « Dansle vent », Rizzoli-Sansoni (2005). Ouvrages de fiction « Monsieur Lentard » - Quasi-roman, Les Impliqués Éditeur – L’Harmattan, 2015. « L’irrésolution » - Roman, CollectionÉcritures -L’Harmattan, 2015. « Morosophoï, ou la sagesse par la folie et vice-versa » -Conte philosophique, Les Impliqués Éditeur – L’Harmattan 2016. Deux volets socioculturels(écrits directement en langue portugaise, sous le quasi-pseudonyme de Michel BJ Cartier) « Como é possível ser português ? » (Comment peut-on être Portugais ?), Matéria Prima Edições – Lisbonne, 2011 ; “Lisboa descascada”(Lisbonne décortiquée),Chiado Editora – Lisbonne, 2016. Roman(écrit directement en langue portugaise, sous l’hétéronyme de João Pessoa Lentardo)« Cartas soltas para um pai ausente »(Lettres éparses à un père absent),Chiado Editora – Lisbonne 2015. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10627-4 EAN : 9782343106274
« Suppose que tu n’existes pas, et sois libre. (…) / Rêve que tu n’es plus, déjà… et sois heureux. (…) / Nous étions venus comme de l’eau, nous sommes partis comme le vent. (…) » Omar Khayyam : « Rhubayat »(CL / CII / CXXI)“I believe that a man is the sum of his things, even if a few fortunate men are the sum of an absence of things.” Bruce Chatwin: “The Estate of Maximilian Tod” « Si j’étais écrivain, je ne permettrais qu’à mon cœur d’avoir de l’imagination et (…) pour le reste, je compterais sur la mémoire, cette ombre de notre vérité personnelle qui s’allonge au soleil couchant. » Vladimir Nabokov : « Printemps à Fialta »
PRÉFACE
«Le doigt de mer», est frappé du sceau-sigle «» –F. E. E. S soit :Fuseaux,Éclats,Espars,Strettes,ce qui forme l’acronyme : FÉES. Oui, comme un trèfle à quatre feuilles - dont on connaît la réputation magique. Il faut bien « conjurer le Sort » - par refus de se résoudre à « la politique de l’autruche » - face à ce que l’antique prophète Job (3, 20-23) désignait sous la formule : « la route sans issue ».
LaFée,c’est bien sûr «fata» - la « destinée » latine. Elle est de la même fibre que l’émerveillement : elle charme, elle ensorcèle, elle envoûte, elle subjugue, elle ravit, elle égare… Elle est sortilège incantatoire, évocation et invocation, appel. «F.E.E.S», c’est aussiFascination,Enchantement,Envoûtement, Séduction. 1 Ce recueil comporte 89 textes– dont 13 bilingues (« Poèmes2 étrangers»)Le poème intitulé «Le doigt de mer» (1960) est le troisième en date ; et il aura de multiples « échos » dans ces pages. Ce troisième poème donne son titre au recueil lui-même.
Ces 89 textes – tous datés – sont présentés, comme en déroulé : chronologiquement, selon leur apparition et composition, de 1959 à 3 2009 – soit sur une période de cinquante années.
1  Quatre extraits (; L’ancolie ; Blason ; MaSur cinq toiles de G.R. – 5 vie) ont déjà été insérés dans mon roman «L’irrésolution» (pp. 41, 54, 67 et 84-85), [L’Harmattan, 2016]. De même, «Haïku » et« Les sirènes »,dans mon conte philosophique « Morosophoï » (pp. 234 et 236), [Les Impliqués, 2016]. 2  Dans l’ordre alphabétique : allemand, anglais, corse, grec, norvégien, portugais, suédois. 3  Cf. la « Quatrième de couverture ».
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Ce ne sont pas des « morceaux » accumulés sur un demi-siècle. Ce n’est pas un vrac ; c’est plutôt un assemblage de « pierres d’angles » - donc un tri. Ce n’est pas non plus « un assortiment », quant à laforme et aufond, chers à l’enseignement des Lettres, il y a 1 encore, justement, un demi-siècle.Un choix sans complaisance y a présidé : choisir, on le sait bien, c’est refuser tout le reste. C’est à ce prix – parfois douloureux – qu’on s’assure de viatiques.
Comme l’affirmait le biblique Qohèleth-Salomon (3, 1-11),« il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel ».Et surtout, ajoutait-il :« un temps pour garder et un temps pour jeter ; (…) un temps pour se taire et un temps pour parler. »
Le poème – tel qu’il ose se donner à lire et à oraliser, et, d’aventure, à chanter – està prendre au mot. Le poème est un maillage 2 serré. Chacun de ses mots-mailles doitporter. Ilignore superbement la paraphrase ou la périphrase. Le poème n’est pas non plus une parabole; il n’a pas besoin d’explications savantes et ne tolère pas la vivisection : il s’adresse directement et ouvertement au cœur, aux sens et à l’esprit. Comme un « vieux marc » de raisin, le poème se déguste à petites gorgées… Tout « recueil » se veut ainsimenu dégustation.
En d’autres termes, le poème n’est ni un discours, ni une allocution, ni un exposé. Il s’affûte et s’ajuste pour nommer et animer l’insaisissable, le diaphane, le diapré, l’éphémère, le fragile, le labile, l’ellipse… jusqu’à l’éclipse. Ce n’est pas non plus un passe-temps ; c’est un ludisme lucide : un jeu par, sur, avec et pour les mots. Car, justement, pour citer Verlaine :tout le reste est littérature.Le poème, quelque soit le rythme et le nombre de son phrasé, est donc la saisie du fugacemaintenantpour revendiquer l’éternité.
1  Cf. l’ouvrage «Apprendre et enseigner d’hier à aujourd’hui» (L’Harmattan – 2010), que j’ai signé avec mon combien regretté ami Louis Porcher, décédé prématurément en 2014. Nous avions, avec cet ouvrage, « essayé de placer une première pierre » pour la recherche dans le domaine nouveau de « l’éducation comparée verticale » [cf. l’article de Louis Porcher dans « La Revue française d’éducation comparée » - nº 7 / octobre 2011 (L’Harmattan)]. 2  On pourrait ici faire référence à Leucippe, Démocrite et Épicure pour leurs « atomes crochus » (et jusqu’à Lucrèce :De natura rerum), d’autant que «atomos», en grec, signifie « indivisible » - c’est-à-dire « inaltérable ».
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D’ailleurs, si tout est vain, sitout est vanité, comme osait le proclamer Qohèleth (bis repetita placent), et si – toujours d’après lui (et on peut lui adjoindre Lao-Tseu) - l’être humain, créé ou spontané, est chroniquement incapable d’embrasser l’univers, comment alors expliquer et justifier qu’il cherche sans répit, durant sa vie mortelle (labien malnommée), à s’en emparer et à s’en parer pour tutoyer l’infini ?
Témoignent de cette questionforcémentshakespearienne les poèmes intitulés :Il était une fois(bilingue - 1965),Je(1992),Poème en « S »(bilingue – 1996),Point zéro(1999),Poèmes croisés – Depuis longtemps 1(2002) et3(2003),Tout et son contraire(2007), ou encore Alter ego(2009).
«Le doigt de mer» présente et représente donc un « bon » demi-siècle de « temps forts », une suite, pourrait-on dire, d’unicités.Si le poème peut être un jalon, une borne, un mât (parfoisde cocagne), il est aussi un cippe, une stèle… en même temps qu’un motif dramatique – donc une scénographie.
De fait, c’est – dans le Temps et l’Espace - un jalonnement incantatoire de nostalgies (du Bellay les appelait jolimentRegrets), de rêves, de hantises, de curiosités, d’attraits, de soifs, de faims, de passions ; mais aussi –pour faire bonne mesure- de manques, de ratés, d’échecs. Ce chemin et cette expérience sont cependant traversés d’un fil rouge – quoique ténu : la recherche constante et obstinée de ce que, faute de mieux et sans entrer en casuistique, on peut appeler, 1 après Pascal, «le souverain bien».
C’est, en quelque sorte, le témoignage d’une destinée qui ne se veut pas subie, mais puisée au creux même de l’être : eudémonisme plus qu’hédonisme – avec, précisément, ce souci du don et du partage. Et celui de tromper le temps, comme dansSurvivre à jamais (1984), ouAlter ego(2009). Dans ce but et dans cette attente, on peut même se faire une compagne de la désespérance – comme dans L’espoir(1967) ouPoème en « S ».
La règle intime de ce recueil est celle de la rythmique du Temps. Il coule et nous passons,écrivait jadis le bien oublié Lamartine, et, en écho, Apollinaire :Sous le Pont Mirabeau, coule la Seine / Et nos amours.
1  Cf. l’association « hédonisme » / « eudémonisme » dans mon ouvrage « Morosophoï », déjà cité, pp. 209-211.
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