Le Livre des Sodades

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Le Livre des Sodades est un recueil de 22 poèmes et d'une lettre sur la Sodade. Il livre une litanie d'élégies, de cantiques, d'odes et d'hymnes, un sonnet, etc., qui sont des poèmes d'amour, familiaux, historiques, politiques et ontologiques. L'ouvrage réhabilite le Souvenir, occulté en Occident depuis Platon et le Christ, et ce à partir d'une double expérience fondamentale. Celle de Hölderlin et celle des Hespérides (îles du Cap-Vert), dont les mythiques pommes d'or constituent la matrice ontologique de Sodade. Par un inédit effort de pensée, l'auteur restitue la place, le statut et la fonction du Souvenir, par le renversement de la Mémoire. Le Livre des Sodades ne se laisse étudier qu'avec Sodade et Souvenir, ouvrage théorique publié aux Éditions Le Manuscrit.
Publié le : vendredi 10 juin 2011
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EAN13 : 9782748167443
Nombre de pages : 127
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Le Livre des Sodades
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Pierre Franklin Tavares
Le Livre des Sodades
Recueil de poèmes et théorie de la Sodade POÉ SIEÉ ditons Le Manuscrit
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© É ditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2748167457 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748167450 (livre numérique) ISBN : 2748167449 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748167443 (livre imprimé) 6
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RE MERCIE MENTSQue signifie, en propre, remercier ? Cette question est appelée au jour par notre époque, uneepok hêdont le grand relâchement a égaré toutes les significations authentiques. C’est même un des traits distinctifs. E n effet, jamais les ambiguïtéssens des linguistiques) (au n’auront été aussi présentes au monde. E t chaque ouvrage publié nous le rappelle, par la coutume surannée des remerciements. C’est que, pour les uns, le plus grand nombre dans lequel se range la plupart des écrivains, remercier n’est plus qu’un banal signe d’amabilité, et même l’un des plus convenus, qui se distribue au quotidien, au gré des circonstances d’une époque marquée par la « dépolitesse » du monde. Tout remerciement n’est plus désormais qu’une marque de rien, produit par la fabrique d’un espace culturel mondial en crise continue. Notre époque ne sait plus faire ni dire les salutations. Autrefois,saluer parlait hautement. Par exemple, il accueillait l’hôte, en lui souhaitant « bonne santé ». C’est du reste ainsi qu’il est conservé et résonne encore pieusement dans L’Angélus. Notre époque, elle, a perdu le sens réel et toute la signification dumerci, qui ne s’accompagne d’aucune prévenance et de nul égard. Pourquoi donc s’obliger à
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remercier ? C’est que, pour d’autres, fort peu nombreux, nulle gratuité n’est admise. L’énoncé d’unmerci est toujours chose précieuse ; une « parole » qui se médite et se dit avec parcimonie. Parce qu’ils entendent encore le mot étymologiquement en tant que «merces, edes», autrement dit comme un salaire, un prix ou encore une récompense. Car, toutmerciest en réalité un vrai salaire, c’estàdire un acte constitué de sel, le rappel d’une « alliance de sel ». Aussi se méritetil. C’est ce sens et cette signification qui prévalent dans le cercle restreint des grands poètes qui accordent un prix de sel aumerci. Plus que tout autre, ils attachent une grande valeur au remerciement qu’ils adressent d’abord aux Muses, avec la levée inspirée de leur coupe. Au fond, ne peuvent vraimentremercierMuses, filles de Mnémosyne, que les ceuxlà mêmes qui sont inspirés ! E t chaque vers écrit par les grands poètes est une ode deremerciements. Mais que disentils ? Pour qui prête l’oreille et veut les écouter de façon authentique, c’estàdire selon leur fondement ou leur pouvoir propre, leursremerciementsvrais retentissent d’abord et toujours comme le renouvellement d’un témoignage initial par lequel est proclamé un souvenir qui l’autorise. Car le Souvenir fonde tout, ou comme il nous sied de le dire à l’aide d’un néologisme,profonde, même l’amour. Aimer, c’est se souvenir, ditdes SodadesL ivre L e . Tandis queSodade et Souveniret théorise l’idée de reconnaissance. E t se dit souvenir, profonder donc, reconnaître, c’est être libre fondamentalement et en acte. Dans un vers magnifique Hölderlin dit : « l’homme habite la terre en poète ». Mais l’homme ne le peut, que dans la mesure où il dit et montre le Souvenir. Á cet égard, le dernier vers de son poème majeur,Souvenir:, atteste de toute profondation
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