Le pavot rouge

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Mêlant l'amertume et l'éblouissement, ce voyage idéalisé vers l'Afrique et l'Orient revisite les civilisations naguère qualifiées de « barbares ». L'exotisme et l'érotisme rejoignent l'histoire et parfois la mythologie, sans refuser les ressources d'une imagination nourrie par des récits d'explorateurs et d'aventuriers. Plus qu'une simple invitation au voyage ou la confession d'un mythomane, ces textes constituent un hommage appuyé à la diversité ; ils forment la suite du précédent recueil, Outremers.
Publié le : vendredi 4 mars 2016
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EAN13 : 9782140003981
Nombre de pages : 122
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Arnaud B
Le pavot rouge Éloge de l’étrangère
Poésie(s)
Le pavot rouge
Poésie(s) Collection dirigée par Jérôme Martin Déjà parus Norbert SÉE,Femmes fleuves, femmes flammes, 2016. Mylène DANGLADES,Des paroles d’or et d’argent, 2016. Marc LE GOFF,Arrêts sur paroles, 2016. Amar MERIECH,Découverte de l’ordinaire, 2016. José Carlos RODRIGUEZ NAJAR,Prières amazoniennes,2016.Georges De RIVAS,Ce que la Colombe dit à la Rose,2016.Dominique LABADIE,Réveille-toi,ȏma démocratie. Chroniques d'un ancien homme libre,2016.VILLEBRAMARA,Métisse, 2015. Franck GIOL,Ouvrances, 2015. Maïté VILLACAMPA,Vers les commencements. Montage, 2015. Marie-Madeleine LEMAIRE-JARRY,J’ai rencontré le soleil, 2015. Raphaël SARLIN-JOLY,Et je vis le regard des chats sauvages, 2015. Jean-Marc ROTH,Première cellule, 2015. Anne ARNAUD,Unknown, 2015. Gilles GONTIER,Repentirs précédé de Chasseur de pierres,2015. Soula SAID-SOUFFOU,Une vie pour la France, Hommage au combat d’une chatouilleuse de la République, 2015. Junior GUSTAVE,Tentacules de ma terre, 2015. André LOUBRADOU,Dispersion des silences, 2015. Roy SINCLAIR,Silhouettes, 2015. Arthur BRIAND,Je suis un cri, 2015. Marguerite CHARBONNIER,Aux passagers, 2015. Anna-Maria CELLI,Peaux d’ombre, 2015. Claude LUEZIOR,La couleur d’un silence. Trilogie, vol. III, 2015. Claude LUEZIOR,D’un seul geste. Trilogie, vol. II, 2015.
Arnaud BOURILLET
Le pavot rouge
Éloge de l’étrangère
Du même auteur, aux éditions L’Harmattan Outremers, poèmes, 2013 © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08192-2 EAN : 9782343081922
À Laurent Brossard À tous les inventeurs d’Amériques
J’ai vu briller entre tes dents le pavot rouge de la déesse. L’amour en mer brûle ses vaisseaux. Et toi, tu te complais dans la vivacité divine, comme l’on voit les dieux agiles sous l’eau claire, où vont les ombres dénouant leurs ceintures légères… Hommage, hommage à la diversité divine ! Saint John Perse, Amers, strophe III
PRÉFACE
Les voyages ne se satisfont pas d’une ville ou d’un climat, ni même d’un continent. Ils en appellent toujours d’autres : si l’escale n’en constitue pas la part la moins heureuse, c’est qu’elle est déjà la promesse d’un nouvel appareillage. Le but reste bien le départ et non l’arrivée. Après le premier émerveillement, il faut fuir, vite, très vite, de peur que la lassitude et la déception, ces chiennes faméliques qui vous suivent à la trace, ne viennent vous mordre les mollets. J’ai essayé, à travers ces sonnets classiques, d’évoquer un monde divers en plein bouleversement, avant qu’il ne se dépouille définitivement de sa richesse : j’en ai trouvé de beaux éclats sur les plages des Antilles paresseuses, à travers le regard brillant d’une jeune Bambara qui arpentait les rues d’un bidonville, ou encore dans la cour d’un temple chauffé à blanc par le soleil de l’Inde du Sud… Les ports populeux du Levant m’ont apporté une poésie douloureuse que je ne soupçonnais pas… Alors, puisque tout s’efface ou se salit, il ne faut pas hésiter à forcer le trait. Les récits des explorateurs et des anciens colons ne m’ont pas moins inspiré. Leurs pages m’ont souvent offert ce qui est déjà irrémédiablement perdu : des coutumes barbares qui ne l’étaient peut-être pas tant, un exotisme un peu tapageur mais qui porte un immense regret, et des paysages intacts dont la sauvage harmonie peut à peine se concevoir : le monde n’est jamais aussi beau que depuis le pont d’un bateau ou le dos d’un chameau. Dans ce qu’on nomme, faute de mieux, les lointains ailleurs, la femme prend valeur de symbole. En contemplant la peau noire ou seulement ambrée d’un visage finement dessiné, derrière l’accumulation de bijoux de cuivre ou d’ivoire, j’ai souvent saisi cette part de mystère et d’attraction qui fait le bonheur du voyage. Condamnant sans appel nos canons occidentaux, la plastique d’une jeune indigène est sans doute le plus sûr refuge de la beauté et l’érotisme lui-même devient une forme de nostalgie. En parallèle, j’ai recomposé un passé fantaisiste avec une mythomanie qui paraîtrait naïve si elle n’était ouvertement avouée et si elle ne s’accompagnait d’une ironie terriblement amère. L’imagination permet une étrange liberté quand le « je » reste une fiction navrante : on voyage dans sa tête bien plus vite et bien plus loin que dans les trains, et c’est une des énigmes de l’homme que de vouloir regretter ce qu’il n’a pas seulement connu. Chacun rêve de retrouver un âge d’or flamboyant et de franchir les portes d’une Atlantide évanouie. En cueillant ce pavot rouge sombre, j’ai entendu, chaque soir, chanter les gonds de ma cité disparue et j’ai deviné, derrière des créneaux énigmatiques, le regard de ses princesses tristes. Alors partons ! Vite, avant, bien sûr, avant que la mort ne nous rattrape… À Cochin, le 15 octobre 2015
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