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Un si long parcours

de harmattan

VOL DE FEU

de harmattan

Préface
J’ai rencontré Marie-Ange Pigot sur le Web, cette toile étrange capable de tisser des liens fugitifs, légers, volatiles ou profonds et durables. Plus précisément, sa poésie et ma peinture, deux formes d’expression très différentes, se sont croisées, au hasard des ruelles du Net, comme deux étrangers qui, après un regard furtif mais intense, ont perçu en l’autre, immédiatement, une part d’eux-mêmes …
Ce recueil est le témoin et l’aboutissement de cette rencontre. La plupart des poèmes préexistaient mais certains furent inspirés par des tableaux et réciproquement, tel « Le Piéton des Etoiles » qui orne la couverture et donne son titre à l’ouvrage. Loin de moi l’idée de dresser ici une analyse exhaustive et un peu froide de ce qui nous rassemble et nous complète. Plutôt tenter de saisir au vol d’une phrase, d’un mot, dans le sillage des litanies verbales qui reviennent en flux et reflux, l’essence d’une poésie en quête d’un surplus d’âme, petite sœur jumelle d’une peinturedont formes et couleurs aspirent au même élan …
Les deux expressions semblent se fonder sur une dualité constante: ombre et lumière, feu et glace, eau et terre, ciel et terre, ici et ailleurs, maintenant et hier ... ou demain … Esprit et Matière...Dualité qu’on retrouve dans la verticalité des toiles et l’opposition entre les espaces de lumière et de ténèbres, entre les étendues de vide et de matière brute.
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La délicate poésie ciselée de Marie-Ange est rythmée par des mots de lumière et d’eau qui disent une aspiration à un autre monde, un monde de pureté et de passion vraie: étoiles, azur, or, feu, argent, ciel, cristal, lune, mer, écume, glace, brume, autant de mots qui gémissent ou vibrent sous les pas du Piéton des Etoiles… Elle nous aspire aussi dans les espaces confus et plus sombres d’une réalité décevante: gouffres et blessures, nuit et tourmente, perte de l’autre …
Dans un des poèmes les plus âpres, la Dame de Bourgogne se dit l’esseulée, l’écorchée, l’assoiffée … Ecorchée d’unmonde où elle ne se reconnaît pas, assoiffée d’un ailleurs ou d’une autre époque, la «Visiteuse d’un autre temps» marche sur le fil de l’errance, entre nostalgie et espérance.
Un autre temps, un ailleurs qui distilleraient leurs réponses. Temps révolu des Chevaliers ardents et des Dames courtoises, Temps mythique et merveilleux des elfes et des forêts magiques. Temps où le Mystère nous était familier. Mais aussi Temps magnifié d’une rencontre tant espérée avec cet Autre, l’Etre de pureté, «»,qui fait renaître », « qui régénère «un être à l’âme belle». Attente vive et douloureuse mais sans résignation. Cet Autre tant appelé, tant entrevu, aussitôt disparu, à nouveau recherché, cet Autre venu d’Outre-monde, n’est-il pas aussi l’autre moi-même ? Un Outre-ciel au tréfonds de nous-mêmes que l’Autre nous désigne comme un guide. Un passeur vers notre Intra-monde que l’écrivain supplie «de lui accorder enfin ce pour quoi elle est née»…
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