Le pluvier kildir

De
Le pluvier kildir est un oiseau des champs qui, par ses cris et en imitant le vol d’un oiseau blessé, s’acharne à détourner les prédateurs du nid où nichent ses petits. Son nom latin, charadrius vociferus, « charade vociférante » décrit le ton de son appel, très puissant.
Phil Hall nous offre dans ces poèmes-essais une rétrospective, en quelque sorte, de sa venue à l’écriture. Un ouvrage décliné en quinze sections, dont « Devenir poète », « La mauvaise séquence », dans lequel il essaime large et, un peu à l’image du totem qu’il s’est choisi, où il donne autant de pistes qu’il en camoufle, de ce qu’a été sa vie, sa venue à la poésie, de ce qu’il en conçoit, des gens qu’il a côtoyés, aimés, qui l’ont touché.
Un ouvrage riche, foisonnant, intime. Des pages parfois empreintes de naïveté – comme quand il raconte, à l’adolescence, être allé cogner à la porte de Margaret Laurence pour lui remettre une liasse de poèmes de jeunesse, textes dont il est aujourd’hui peu fier ; de tendresse quand il sort de l’oubli ce libraire-éditeur, Art Cravan, qui faisait œuvre de moine à Toronto dans les années quatre-vingt. Pages d’érudition, aussi, quand il interroge ce qu’est la poésie et qu’il met à contribution divers auteurs aimés, et qu’il vilipende ceux qu’il apprécie moins.
Publié le : jeudi 22 octobre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782897440190
Nombre de pages : 124
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Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine.
Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 www.prisedeparole.ca Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) et du programme Développement des communautés de langue officielle de Patrimoine canadien, ainsi que du Conseil des Arts du Canada, pour nos activités d’édition. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier. Nous reconnaissons également l’aide du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme national d e traduction, pour nos activités de traduction.
DUMÊMEAUTEUR X, Kingston (On), Thee Hellbox Press, 2013. The Small Nouns Crying Faith, Toronto, BookThug, 2013. A Rural Pen, Ottawa, Apt. 9 Press, 2012. Shikibu Shuffle, with Andrew Burke, Ottawa, above/ground press, 2012. Killdeer, Toronto, BookThug, 2011; gagnant, prix du Gouverneur général, catégorie poésie; prix Trillium; finaliste, prix de poésie Griffin Poetry Prize. The Little Seamstress, Saint John’s (NL), Pedlar Press, 2010. Verulam, Ottawa, above/ground press, 2009. Pen Is Les Sons, Beautiful Outlaw, 2007. White Porcupine, Toronto, BookThug, 2007. An Oak Hunch, London (On), Brick Books, 2005, finaliste, prix de poésie Griffin. Eighteen Poem (revived), Beautiful Outlaw, 2005. The Bad Sequence, Toronto, BookThug, 2004. Trouble Sleeping, London (On), Brick Books, 2000; finaliste, prix du Gouverneur général. Hearthedral: A Folk-Hermetic, London (On), Brick Books, 1996. The Unsaid, London (On), Brick Books, 1992. Amanuensis, London (On), Brick Books, 1989. Old Enemy Juice, Quarry Press, 1988. Why I Haven’t Written, London (On), Brick Books, 1985. A Minor Operation, blewointment, 1983. A Writer’s Guide to Restaurants, Flat Singles, 1982. Homes, Black Moss, 1979. The Crucifiction, Flat Singles, 1977. Eighteen Poems, Mexico, Cyanamid, 1973.
PHILHALL
LEPLUVIERKILDIR
Traduit de l’anglais (Canada) par Rose Després
Poèmes-essais
Éditions Prise de parole Sudbury 2015
Œuvre en première de couverture : Olivier Lasser d’après iStock/Paul Reeves Photogaphie Conception de la première de couverture :Olivier Lasser Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Copyright © Phil Hall & BookThug, Toronto, 2011. Cette traduction publiée avec l’accord de BookThug; © Ottawa, 2015 Diffusion au Canada : Dimedia Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Hall, Phil, 1953- [Killdeer. Français] Le pluvier kildir / Phil Hall; traduit de l’anglais (Canada) par Rose Després. Traduction de : Killdeer. Poèmes. Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 978-2-89423-932-2. – ISBN 978-2-89423-773-1 (pdf). – ISBN 978-2-89744-019-0 (epub) I. Després, Rose, 1950-, traducteur II. Titre. III. Titre: Killdeer. Français. PS8565.A449K5514 2015 C811’.54 C2015-906261-6 C2015-906262-4 ISBN 978-2-89423-932-2 (Papier) ISBN 978-2-89423-773-1 (PDF) ISBN 978-2-89744-019-0 (ePub)
Ne vous repentez pas. Ne vous débrouillez pas. Essayez. HÉLÈNECIXOUS
Adios Polka
Chaque fois que je me perds l’Ontario ne me blesse pas
le miaulement et faufilage des mi-yeux aux registrariats
ont défini la distance comme santé – & la nostalgie comme un sac vaporeux tortillant de chenilles
(les raisins sauvages beurrés de battements & ingurgités verts)
ces bordereaux de plaquettes-bourses déversements de collection de curiosités je balance une forteresse de /si je dois être chez-moi /êtrechez-moâ
sont apolitiques s auf dans leur endurance
il pleut depuis trois jours et les bûches de bois rond sont des éponges cartes obsolètes démontées sur le plancher de pin
(première croissance rabotée large onctueuse /botée tueuse)
nulle part où aller sauf vers les vers
Bess & Lloyd
Lorsque la tante Bess – de ma femme – a emménagé à Bridlewood (& accroché au mur, à côté du lit, l’énorme impression de la photo de son défunt mari : Ross prise par Karsh)
Elle a retrouvé un autre homme bon – de ses jours d’école – Lloyd – un veuf élégant mais pratiquement aveugle – ils avaient dansé une fois longtemps passé
Bien qu’il ait été assigné à une autre table de la salle à manger – à chaque repas il tenait la chaise pour elle – puis retournait à la sienne
Eh que ça faisait jaser les gens du foyer
Tous deux détestaient la place – ça leur coûtait une fortune – deux fortunes – ils sont donc partis & ont acheté un condo dans une tour au centre-ville de Brockville avec une vue surplombant le Saint-Laurent
Ils pouvaient y voir les pétroliers naviguer sur le fleuve – & de l’autre côté –Amérika
Ils ont même rénové – fait installer une fenêtre de service entre la petite cuisine et la table à manger – pour ménager les pas
Les voici sur le balcon – contemplant leur piscine bleue et chancelante – elle est incluse avec le condo & située juste à côté de la sombre voie maritime
Sur le fleuve, les moutons pleurnichent dans le vent étranger qui tire sans pitié leur crinière
Un chevreuil est dans la piscine – il a sauté la clôture de bois & déchiré sa patte arrière – le sang entoure sa nage
Penchés au-dessus de la rambarde, ils se passent les grosses jumelles de Lloyd – en prenant soin de remettre chaque fois le col autour de la nuque
Des cercles en fusion montrent la queue du chevreuil – un drapeau – vu de près un bleu détrempé lourd – un tampon renflé dans le chlore
Plus tard – Bess nous téléphone – quand on retourne l’appel – Lloyd répond –Salle de billard chez Joe
Nom de Dieu, comment a-t-il pu traverser toute la ville pour arriver à l’eau – pourquoi sauter la clôture – personne ne l’a remarqué avant ce moment – n’avait-il pas peur – ou assez peur?
Oh – oui – vraiment– dit Bess – affolée confuse – puis elle éclate d’un rire nerveux comme une maîtresse d’école à la fête de patinage – pose ensuite une main contre sa gorge pour
interrompre son rire – timide
Vous savez, Bess est retournée habiter Bridlewood – et la photo prise par Karsh de son mari Ross est de nouveau accrochée à côté du lit – elle prend tous les jours le Wheel-Trans pour visiter Lloyd plutôt alité de ces jours – dans un foyer de soins pas très loin
Vous ignorez cependant que pour le moment, Bess garde le condo tel quel – pour sa fille Judith – qui habite Fort McMurray – qui s’y installe quand elle visite – & les pièces vides – donnant sur la Voie maritime agitée – sont garnies d’étonnants tableaux et sérigraphies des Canadiens William Kurelek – David Blackwood – Mary Pratt – Allen Sapp
Vous ignorez que Bess a un frère cadet – Howard – il avance en âge lui aussi – il vend sa ferme cet été & il y aura une vente à l’encan à ne pas rater – il s’installera ensuite à Bridlewood – et partagera une suite double avec sa sœur
Howard est un maître faiseur de tartes – & tout le monde se pose la question, mais où donc va-t-il faire ses tartes maintenant
Devenir poète
A
Un dimanche matin de juillet 1973 – il me semble – j’ai fait du pouce de Bobcaygeon à Lakefield pour y rencontrer Margaret Laurence
Lorsqu’un lift m’a déposé à Buckhorn, j’ai pris le petit déjeuner au comptoir, sur un tabouret parmi les pêcheurs – des œufs brouillés servis par un homme manchot
Je suis arrivé à Lakefield vers dix heures – la plupart des gens si tôt levés étaient à l’église – je tenais une coupure duGlobe and Mail– une photo de la maison de Laurence
Les devinsvenait de paraître – j’en avais un exemplaire en main – le tout premier livre relié que je me payais
Avec la photo pour m’aider, je comptais trouver la maison de Laurence & simplement frapper à sa porte
L’hiver précédent, j’avais complété ma première année d’études à l’Université de Windsor – où r mon professeur d’anglais – D Huong – avait dit – sans le moindre soupçon d’interrogation – Vous ne savez pas rédiger une phrase, n’est-ce pas
Néanmoins – pendant que je me promenais autour de Lakefield – on préparait à Mexico une mise en page atroce de mon premier petit recueil de poèmes adolescents
Je ne me souviens plus de ce qui m’a possédé de rechercher Laurence – mais j’espère que ça me possède encore
Ce n’est pas que j’affectionnais particulièrement son écriture – à ce moment-là – j’étais trop gonflé d’orgueil et étourdi – ayantquitté la ferme– ayantdéguerpi à l’université
Aussi sentimental que ça puisse paraître – depuis des générations d’ivrognes, j’étais le tout premier à finir l’école secondaire
À cause du Premier Livre imminent, je nous considérais Laurence & moi comme des collègues
D’ailleurs – elle habitait tout près maintenant à Lakefield – & à dix-neuf ans je percevais cette proximité comme preuve d’un lien familial
J’avais déjà commencé à chercher & à m’inventer une famille littéraire pour remplacer celle dans laquelle j’étais né et ne pouvais tolérer
Elle n’y était pas – j’ai frappé – deux fois – mais pas très fort – j’avais hâte de m’évader – peut-être je m’étais trompé de maison – était-il trop tôt – était-elle à l’église
J’ai marché autour du cimetière pendant une heure en lisant les pierres tombales (il n’y avait pas de Hall) & quand j’ai frappé de nouveau à onze heures la porte s’est ouverte
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