Le reste peut attendre

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« La lecture de ce beau recueil de haïkus québécois, où se côtoient l'univers et l'intime, donne au lecteur la mesure de ce temps poétique qui n'a qu'une réalité, celle d'une conjonction entre intensité et immédiateté, car il y a parité absolue entre ce qui est réel et l'instant présent. »
Préface d’Alain Kervern
Neuf auteurs de la Côte-Nord empruntent la voie du haïku avec des sujets qui leur tiennent à cœur ou qui rejoignent leurs préoccupations. Alors que certains parlent des beautés de la nature, des secrets de la faune et de la vie paisible au chalet, d’autres évoquent des petits moments qui se passent au fil des jours, dans l’ici et l’ailleurs. Finalement, d’aucuns révèlent ce que perçoivent les sens, partagent la réalisation du rêve d’un voyage au Japon ou abordent l’inéluctable.
Textes de Gilbert Banville, Hélène Bouchard, Odette Boulanger, Thérèse Bourdages, Claire Du Sablon, Christine Gilliet, Carmen Leblanc, Monique Lévesque et Claude Rodrigue.
Publié le : lundi 4 avril 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895975663
Nombre de pages : 148
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Sous la direction de Francine Chicoine
Le reste peut attendre
COUVERTURE: Michel Desbiens
Sang de rocheCôteNord, 2013.
Le reste peut attendre
H A Ï K U S
Sous la direction deFrancine Chicoine
Le reste peut attendre H A Ï K U S
Collectif réunissant les textes de Gilbert Banville Hélène Bouchard Odette Boulanger Thérèse Bourdages Claire Du Sablon Christine Gilliet Carmen Leblanc Monique Lévesque Claude Rodrigue
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada  Le reste peut attendre / sous la direction de Francine Chicoine. (Voix intérieureshaïkus) Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 9782895975397. — ISBN 9782895975663 (pdf) e  1. Haïku québécois. 2. Poésie québécoise — 21 siècle. I. Chicoine, Francine, 1945, éditeur intellectuel II. Collection : Voix intérieures – haïku PS8285.H3R47 2016 C841’.0410806 C20169011976  C20169011984
Les Éditions David remercient le Conseil des arts du Canada, le Bureau des arts francoontariens du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
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Tous droits réservés. Imprimé au Canada. er Dépôt légal (Québec et Ottawa), 1 trimestre 2016
PRÉFACE
Des milliards d’années nous ont façonnés
Une certaine dialectique des extrêmes situe ce délicat recueil de haïkus entre le long terme géologique des reptations terrestres, les métamorphoses multimillénaires des climats et ces brefs instants où surgissent des nuées de bruants, l’ombre matinale des épi nettes, la montée des noirceurs de novembre, les fumées de mer et cette nageoire aperçue entre deux minéraliers. Deux réalités s’entre choquent : le temps humain, si fugace, si poignant, et les épisodes d’une autre histoire, celle de la nature, immense et impitoyable. La composition de haïkus est le fruit d’une stupeur primordiale où s’efface toute réelle
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identité. Choisir l’éternelle nouveauté du monde, c’est en accepter l’irréductibilité à tout critère humain. Seul demeure l’instant, fragile et dérisoire. La géométrie euclidienne sur laquelle repose notre conception du monde depuis plusieurs siècles fut remise en question le jour où des mathématiciens comme Alan Turing, précurseur du monde parallèle de l’intelligence artificielle, ou comme Albert Einstein, réalisèrent qu’on pouvait construire d’autres univers sur d’autres postulats. La création artistique a fait depuis longtemps voler en éclats les conventions du regard traditionnel sur l’univers en proposant elle aussi la logique de ses propres genèses. Qu’estce que la réalité ? Elle se décline en de multiples avatars, cette vibration primor diale qui explique la continuité fondamentale entre le mouvement des planètes, les lentes reptations de la tectonique des plaques de l’écorce terrestre, les amours d’une libellule, la vie des arbres et la pensée humaine.
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Qu’estce que la réalité ? Le haïku nous apprend que c’est une recréation provi soire, une régénération aléatoire, toujours recommencée, de ce que nos sens nous font connaître des métamorphoses et du dérou lement du monde. La réalité n’est qu’une convergence éphémère de toute la richesse d’une interprétation parmi d’autres, chacune étant aussi vraie que l’autre. Multiplier les expérimentations sur le langage pour élargir notre connaissance de la vie, c’est découvrir que l’aventure commence toujours demain. Car plusieurs lectures de ce monde mou vant sont possibles, des outils d’exploration du réel ayant été forgés par les savants, les philosophes, les artistes. Mais les mutations accélérées des différentes réalités humaines, notre environnement naturel luimême, révèlent une crise profonde et durable de notre mode de vie, dont le haïku, poème de l’intuition et de l’instantané, devient l’expression privilégiée. Sentinelle au bord de l’histoire du monde, le poète de haïku se tient aux aguets.
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Le succès international du haïku, si immé diatement disponible, devient l’expression artistique de ce qui est devenu essentiel, parce que temporaire, instantané et changeant. Ce qui est provisoire, valeur importante de la pensée japonaise, est devenu un élément fondamental des sociétés contemporaines. Et le haïku, cette forme si brève en poésie, devient la manière dont nous évoquons l’his toire sans cesse renouvelée de la réalité. Quel que soit le sujet abordé, le haïku palpite et n’existe qu’à l’unisson des grandes pulsions de l’univers, celles des saisons, des phases de la lune, de la mécanique des marées, des migrations d’oiseaux. Écrire des haïkus prend souvent les accents d’une ascèse personnelle sur les recherches à propos des horizons où s’éteint la parole. Il s’agit donc aussi d’un travail sur la dialectique parole/silence qui fonde la dynamique de la poésie du haïku. Écrire des haïkus est assimilable à un travail sur la force du minimalisme en poésie et sur l’ultime vérité des limites du langage.
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