Les armes neuves, la faim

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Ce qui est fêté ici, c'est la "simple chose d'être là dans l'écoulement du jour", cette qualité partagée avec le ciel d'orage, le courant divisé du fleuve ou l'arbre qui vacille. A portée de la main qui écrit, les armes neuves que la faim accompagne se tiennent, jour après jour, au plus près de ce qui survient pour en éprouver le timbre, le rythme, la nature singulière. Dans cette confrontation s'ouvre le champ du poème, l'alliance de chair et de phrases où la musique du monde advient.
Publié le : dimanche 1 juin 2008
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EAN13 : 9782296199897
Nombre de pages : 81
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Les armes neuves, la faim

DU MÊME AUTEUR

DANS UN CONCERT JAUNE D'ARBRES ET DE PIERRES Cahiers Bleus / Librainoe Bleue, 1997

PATIENCE

DE LA FOUDRE 2004

L'Harmattan,

Certains des poèmes ici rassemblés ont été publiés dans les revues Les Heures, Neige d'août, La Revue de Belles-Lettres,
Riveneuve Continents, La Revue des Archers.

Emmanuel DAMON

Les armes neuves, la faim

L'Harmattan

1) L'Harmattan, 5-7, rue de l'Ecole

2008 75005 Paris

polytechnique;

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Quelqu'un naît dans la langue Prend corps Se multiplie dans l'air Et force la terre ombreuse Ses lèvres sa chaleur Quelqu'un Fait le guet à nos portes S'empare de nos chemins et use nos yeux en pleine lumière Oui ses armes sont belles! Dans le sommeil de l'acier Son ombre de lait tendre sur l'aigu de nos visages Et sa complicité au vent d'hiver rien ne nous épargne Ses voies sont crues La terre ne s'émeut pas Loin des vignes De la caresse des orges et du sucre des fleurs L'aube l'emporte Avec ce sang dans la voix qui affleure et passe

Matin de paisible violence! Dans le soleil cru qui dépouille le jour J'entre mains nues La terre est sourde encore Les chemins s'emparent du dessous du ciel avec une [cruauté neuve Lève le vent qui remue le sang Brusque le paysage et gonfle l'air Dans un goût de miel et de feuilles cinglantes Il nous dérobe à la douceur Brasse nos mémoires avec le feu Notre dérive commence sur la terre domestique où [d'autres s'enracinent

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Afin d'engager le combat tête neuve Sans rien qui retienne le bras Ou gâte l'allant joyeux du cœur Laisse aller ta main dans le courant du fleuve Toutes blessures nues Emporte Un peu de lumière tombée Et taille ton armure dans l'écorce neuve (Qui se souvient de l'eau pépiante Du seuil de pierre dur au talon De l'heure vidée de sang en plein soleil ?) Ta course encore Foison d'embrasements et de brusques départs! Le combat dure et le jour est plein d'oiseaux debout De sueurs

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Ma faim neuve Née de nuits D'éclairs portés loin dans la chair Maîttesse de mes soleils et de mes rires Tu es douce à qui vient et fête L'incendie levé le ciel mûr L'ombre nouvelle au tournant de l'heure Ma faim ! Sœur d'une pluie rousse que le soleil déchire Sur tous chemins où lèvent des fleurs dures Tu n'en fmis pas de célébrer les jours Où les écarts du ciel font lit à natte porte De peupler d'arbres le vent Pour qu'il garde sa voix Son souffle

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