Les cinquante-huit odes

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« À ressentir la lune, à fredonner le vent, je me suis tant appliquée, À présent m’éloigne vieillie sans avoir rien accompli ». La femme qui écrivait ces mots a laissé en réalité sa trace fulgurante dans le ciel de la littérature mondiale. Li Qingzhao 李清照 (1084 – après 1149), considérée comme la plus grande poétesse de la littérature chinoise classique, est l’un des écrivains les plus admirés de sa civilisation. Mais pour nous, lecteurs et lectrices d’un autre monde, avec le recul du temps et sous le projecteur de l’époque moderne, les joyaux poétiques taillés par la poétesse n’ont rien perdu de leur éclat : la qualité des sentiments, l’originalité des images, l’art de la composition nous touchent immédiatement et nous font rentrer d’emblée dans son univers poétique.
Quand on se penche un peu plus sur la substance des poèmes, il est frappant de constater que cette femme, qui connaissait tout de la culture de son époque, n’a jamais hésité employer toutes les ressources de sa langue pour s’éloigner des sentiers battus par ses prédécesseurs.
Cet ouvrage regroupe cinquante-huit odes, l’essentiel de l’œuvre poétique de Li Qingzhao, accompagnées d’une introduction qui replace cette œuvre dans le contexte historique et culturel de l’empire des Song et d’un commentaire qui tente d’en explorer les principaux aspects.
Publié le : dimanche 25 novembre 2012
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Li Qingzhao «À ressentir la lune,à fredonner le vent…»Les cinquante-huit odes partraduites et présentées Bertrand Goujard Vent du Soir http://www.ventdusoir-poesie.fr
II
Édition : Vent du Soir http://www.ventdusoir-poesie.fr) Contact :contact@ventdusoir-poesie.frTous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays ©Bertrand Goujard, septembre-octobre 2011 ISBN : 978-2-9543337-0-0
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
Li Qingzhao
Les cinquante-huit odes Il n’y a pas de plus éminent service à rendre à la littérature, que de transporter d’une langue à l’autre les chefs-d’œuvre de l’esprit humain. Il existe si peu de productions de premier rang ; le génie, dans quelque genre que ce soit, est un phénomène tellement rare, que si chaque nation moderne en était réduite à ses propres trésors, elle serait toujours pauvre. D’ailleurs, la circulation des idées est, de tous les genres de commerce, celui dont les avantages sont les plus certains. Madame de Staël -De l’esprit des traductions
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
III
IV
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
Avant-propos
Fallait-il bien accompagner les traductions des ces poèmes par une introduction ou des
commentaires ? Ne serait-ce pas assez que de les laisser parler par eux-mêmes ? N’en disent-ils
pas déjà suffisamment ? Et que pourrait-on ajouter de plus, que ne soit surcharge sur le texte
original ?  Il semble superflu quoi qu’il en soit de conseiller ici aux lecteurs et lectrices que les préfaces assomment, et plus friands du contenu poétique lui-même que soucieux du contexte de son élaboration, de se porter directement aux textes de la grande Dame, à partir de la page LVII. C’est là sans doute l’essentiel. Li Qingzhao est l’un des plus grands poètes d’une grande littérature.
Elle mérite d’être mieux connue.  Néanmoins, au-delà de l’agrément qui émane directement des mots, l’appréciation que l’on peut porter sur une œuvre doublement lointaine, conçue à une époque disparue et en des lieux éloignés, et par conséquent d’une œuvre qu’il a fallu traduire, ne va pas sans susciter des questions. On trouvera donc ci-après, plutôt qu’une introduction, un accompagnement de l’œuvre
constitué de deux parties : la première présente l’essentiel du contexte historique et de la vie de
l’écrivain ; la seconde s’efforce de mieux cerner, d’abord en référence à la poésie classique
française, ensuite par l’examen même des poèmes présentés, ce que Li Qingzhao a apporté de
spécifique à la littérature de son temps et de sa civilisation, mais aussi ce qui est encore
susceptible de nous intéresser et de nous charmer, nous qui la lisons aujourd’hui.  Ces poèmes ont déjà été, et pour certains plusieurs fois, traduits en français. Malgré tout ceci, je n’ai pas trouvé superflu, au moins pour moi-même, de retraverser une nouvelle fois
l’œuvre de la poétesse李易安.
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
V
Sommaire
Li Qingzhao : une vie traversée par son siècle Regards sur l’œuvre poétique de Li Qingzhao
Les cinquante huit odes
Table des matières
VI
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
VII XV LVII
71
Li Qingzhao : une vie traversée par son siècle
Profondément plongée dans son époque, la vie de Li Qingzhao (1084 – après 1149) fut portée par le flux montant du bonheur d’une civilisation d’un dynamisme exceptionnel, et balayée par le flux
descendant du malheur d’un pays bouleversé par l’invasion : comme ce contexte historique n’est pas nécessairement familier aux lecteurs francophones, les pages qui suivent seront consacrées à présenter les principaux traits de ce monde chinois du XIème siècle, avant d’aborder quelques détails biographiques relatifs à la poétesse. Si l’œuvre peut paraître dépasser son temps, la vie de l’écrivain est bien inscrite dans son siècle.  Le siècle de Li Qingzhao
Contemporaine de notre Moyen Âge roman, la Chine de Li Qingzhao n’a strictement plus rien de médiéval. À la suite de progrès décisifs obtenus dans tous les domaines, le pays a traversé
d’importantes évolutions qui semblent avoir mis la civilisation chinoise de l’époque en ébullition :
les techniques de toute nature, les institutions, la société et la culture même de la Chine de la
dynastie des Song (宋代en chinois, Xème-XIIIème siècle) doivent être qualifiées de modernes.
La riziculture s’étend sur le Yangzi et en Chine du Sud, et le rendement s’en accroît pendant toute
cette période grâce à l’irrigation, un meilleur outillage et de nouvelles variétés de riz. D’autres productions agricoles se développent : le thé, le chanvre, les mûriers pour la soie et le papier, le coton même un peu plus tard. Cette abondance va permettre d’une part un accroissement notable
de la population, qui atteint 100 millions d’habitants à cette époque, d’autre part le développement des échanges, d’où une économie plus urbaine. Les villes se développent, peuplées de propriétaires terriens qui vivent de leurs rentes, de marchands, de fonctionnaires et d’artisans,
vite rejoints par tous ceux que l’exode rural pousse à tenter leur chance dans les petits métiers
urbains. La production artisanale atteint souvent une échelle industrielle : la soie et la porcelaine
chinoise sont dès cette époque exportées dans toute l’Asie ; il en est de même de nombreux objets
de luxe, dont les laques et les meubles. Cet essor du commerce maritime repose sur les jonques de
haute mer, des navires de grande taille qui bénéficient de nombreuses innovations (gouvernail
d’étambot, boussole, compartiments étanches, voilure pivotante permettant de naviguer au près,
etc.) : la flotte chinoise domine les routes maritimes. L’exploitation des mines (on y utilise des
explosifs, car la poudre à canon se répand à cette époque) permet d’extraire fer et houille, et des
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
VII
La vie de Li Qingzhao
Chacun se bâtit un destin comme un tombeau sur la colline  Il n’est plus de chemin privé si l’histoire un jour y chemine  Et dans la rumeur de l’exode où sont nos calculs hasardeux  Louis Aragon –Le roman inachevé Li Qingzhao est née dans une famille aristocratique et cultivée à Jin Nan, dans l’actuel Shandong. Son père est fonctionnaire au Bureau des Rites, sa mère est elle-même une poétesse remarquée. Elle bénéficie ainsi d’une éducation à la fois approfondie et ouverte, et manifeste dès l’adolescence
des dons exceptionnels de composition poétique qui lui valent déjà une certaine notoriété ; elle
sait aussi peindre, composer de la musique et chanter. Elle épouse en 1101 à dix-huit ans un jeune lettré lauréat des concours, Zhao Mingcheng, passionné d’épigraphie et de poésie, dont le père deviendra premier ministre, et qui se trouve employé à Kaifeng, la capitale des Song. Suite aux
revers que subissent les carrières de leurs pères respectifs lors des luttes politiques entre factions, le couple en 1107 doit s’installer en province, où pendant une dizaine d’années il rassemble avec passion une importante collection de peintures et d’inscriptions antiques. Le bonheur est au
rendez-vous : Li Qingzhao sera un chantre de l’amour conjugal.  Mais l’attaque des Jin en 1126 les contraint à s’enfuir vers le sud à Nankin ; Zhao Mingcheng retrouve des postes dans cette région, mais meurt en 1129 lors d’un voyage à Nankin
pour recevoir une nouvelle affectation. Dans la confusion totale qui règne devant l’avance des
Jürchen, Li Qingzhao s’enfuit de ville en ville à la suite de la Cour, jusqu’à Hangzhou où elle fera
publier, en 1136, leCatalogue des inscriptions sur pierre et bronze: il ne reste alors rien des collections qui en furent la source, brûlées ou pillées. D’après une lettre qui nous est restée, la poétesse désemparée et malade s’est remariée en 1132 avec un homme qui la bat : refusant de se résigner à ce nouveau malheur, elle obtient le divorce au bout de trois mois au prix d’un séjour en prison. Elle passera la fin de sa vie dans l’errance et la pauvreté. On ne connait même pas la date
de sa mort : les indications varient largement d’un ouvrage à l’autre.  Son œuvre et ce qu’il en reste
Li Qingzhao publia durant sa vie sept volumes depoèmes réguliers et de prose, et la partie la
plus remarquable de son œuvre : six volumes de, odes à vers irréguliers.
XII
Li Qingzhao – Les cinquante-huit odes
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