Les contes de l'Aube

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Les hommes n’ont jamais été autant confrontés aux exigences d’un changement accéléré. Ils ne sont ni biologiquement ni mentalement adaptés. Les 12 contes du recueil mettent en scène symboliquement nos rêves, nos peurs, nos difficultés à recomposer nos identités. Le décalage poétique autorise la distance, l’humour, la tendresse et le questionnement sur une capacité d’adaptation qui s’impose - au delà de la souffrance - comme un enjeu de survie.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 34
EAN13 : 9782748119367
Nombre de pages : 101
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Les contes de l’AubeMichèle Créoff
Les contes de l’Aube
CONTE© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1937-1 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-1936-3 (pour le livre imprimé)Avertissement de l’éditeur
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contact@manuscrit.comPRÉFACE
Ce temps ne peut plus être dit, ou raconté par les
scènesordinaires,lesdialoguesentendus. Toutaété
trop dit, ou plutôt, les médias nous imposent− de
l’actualité à la fiction- un mode de pensée auquel il
est très difficile d’échapper tant nous finissons par
être prisonniers de nous-mêmes et de la façon dont
nousavonsintériorisélemessagedepuisdesannées.
Le conte, histoire symbolique et fantastique,
ouvre la porte à une autre vision du monde, plus
simple, plus linéaire, plus accessible.
A mon ami Jean-Pierre qui hante ces pages
7LELAMPADAIREETL’ÉTOILEFILANTE
Au bord d’une crique blonde, à l’ombre d’un co-
cotier que les années avaient déplumé jusqu’à une
hauteur impressionnante, un lampadaire scrutait un
point lumineux qui se déplaçait dans la nuit.
Sonhorizonhabituelselimitaitàcetteplage,aux
troiscocotiersquisebalançaientencadencedansles
alizés - salsa trop connue pour le séduire encore - et
àlacasedeLimbo,leroidudrum.
Le point lumineux grossissait à l’horizon. Der-
rière le point, une traîne lumineuse se distinguait
maintenantclairement. Unecomète! Enfinquelque
chose de nouveau dans son ciel. Il se garda de pro-
pager la nouvelle.
Lesvoletsvertsdubaravaientétédélavéspartrop
d’annéesettropdesoleil…tropderhumaussi…La
vérandacraquaitsouslespasdesnoceursquichaque
soirrejoignaientleLimbobar,pourunenuitdeplus,
unenuitdedanseetd’amour,unenuitdechaleurset
d’odeurs.
La comète dansait maintenant sous son ciel. Il
se l’imaginait riant de son attachement à son socle
d’acier. de son halo ridicule…
9Les contes de l’Aube
Non, la comète riait de tout. Elle avait tout vu.
Ellenesouhaitaitquepartagersesdécouvertesàqui
voulait bien l’écouter. Un lampadaire ! Pourquoi
pas. Tous deux étaient bien de la même famille
des lumières. Pas de comparaison possible avec la
sienne, bien sûr ! Un lampadaire qui lui ferait de
l’ombre, quelle horreur ! Elle rit de plus belle à sa
plaisanterie.
Le lampadaire n’était jamais de la fête. Il tra-
vaillait, lui. Il éclairait. C’était sa mission. Il la
remplissait. Lesnuitssuccédaientauxjournées-son
mécanisme s’était déréglé avec l’âge. Impuissant, il
sentait sa lumière décliner avec le temps. Le cercle
magique puissant qu’il dessinait jadis sur le sol se
rétrécissait. Il en avait maintenant une conscience
presque physique même s’il refusait encore de l’ad-
mettre. Chaque nuit, il tentait de déployer une fois
encore toute son énergie pour atteindre le rayonne-
ment de sa première jeunesse.
Lacomètesemblaitlégère. Elleaussidevaitavoir
vécu longtemps, du moins s’il en croyait toutes les
histoiresqu’ellesavaitsibienraconter,touslespays
qu’elle avait visités. Par quelle injustice du sort
avait-elle l’air toujours si fraîche et si brillante ?
La comète riait. Elle riait d’elle-même, de lui, de
tout,dupireetdumeilleur…Fasciné,iln’imaginait
mêmepasluienvouloir. Mêmesonrireluidevenait
nécessaire !
Il vieillissait. Bien de ses congénères lui auraient
enviésasituationauborddelaplage. Maisiln’avait
pas vécu la “vraie vie”. Chaque nuit, il assistait,
spectateur, aux vies désordonnées qui défilaient,
ivres, sur la plage. Participait-il vraiment à ses
déchaînements. D’une certaine façon ! Il préférait
y croire. D’autres lampadaires, sur la plage lui
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