Les deux pincettes

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Découvrez la fable "Les deux pincettes" écrite par Antoine-Vincent Arnault et publiée en 1812. Ce fabuliste est né en 1766, mort en 1834. "Les deux pincettes" est une belle fable extrait du recueil Fables, Livre IV et, comme toutes des fables, il s'agit d'une leçon de vie qui est dite de façon plaisante. Vous avez besoin de cette célèbre fable pour vos cours ou alors pour votre propre plaisir ? Alors découvrez-la sur cette page. Le téléchargement de la fable "Les deux pincettes" est gratuit et vous pourrez aussi l’imprimer. En téléchargeant le PDF de la fable "Les deux pincettes" de Antoine-Vincent Arnault, vous pourrez faire une analyse détaillée ou bien vous évader grâce au vers de "Les deux pincettes".
Publié le : mercredi 1 janvier 1812
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Les deux pincettes.

Fable III, Livre IV.


Madame était au bal, monsieur était au jeu,
Et leurs gens, comme on l'imagine,
Sur le poêle assoupis, s'inquiétaient fort peu
D'une pincette de cuisine,
Par eux, dans le salon, laissée au coin du feu.
Mais la pincette de leur maître,
Noble pincette, qui, de droit,
Seule avait jusqu'alors servi dans cet endroit,
S'en inquiétait trop peut-être.
« Laisser auprès de moi cet instrument grossier !
À quoi pense-t-on ? disait-elle.
Voudrait-on mettre en parallèle
Et le fer et la rouille, avec l'or et l'acier
Dont ma double branche étincelle ?
Comme monsieur, à son retour,
Des valets négligents frottera les oreilles !
Comme on vous renverra, ma chère, au feu du four
Vous chauffer avec vos pareilles ! »
« — Mes pareilles, répond l'instrument roturier,
Madame, ainsi que vous sont faites,
Et j'en vois, en dépit de l'art de l'ouvrier,
Partout où je vois des pincettes.
Les efforts de cet art n'ont mis
Qu'une différence assez mince
Entre la pincette d'un prince
Et la pincette d'un commis.
L'une et l'autre, ma sœur, quittent fort peu la cendre ;
L'une et l'autre, soit dit sans vous effaroucher,
À celui qui s'en sert, prêtent leurs doigts pour prendre
Tout ce qu'avec ses doigts il ne veut pas toucher.
Pensez moins à votre parure,
Et pensez plus à votre emploi ;
La différence, au fait, n'est, entre vous et moi,
Que de la rouille à la dorure. »



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