Les femmes sont de merveilleux poèmes !

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Alain Senécal est né et a étudié à Montréal. En marge de sa formation en électronique, il a toujours développé des goûts et aptitudes pour l’histoire et les arts. Sa passion l'a mené au théâtre comme comédien et auteur de pièces à saveur historique.


Ce père de 5 enfants espère faire connaître davantage notre histoire aux générations futures. «On doit savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va… »



Julie St-Hilaire est née à St-Thomas-de-Joliette en 1988. Elle déménage à Montréal en 2007 afin de poursuivre ses études en Beaux-arts à l’Université Concordia.


Après avoir complété son Baccalauréat, elle vit et travaille toujours à Montréal. Elle désire poursuivre ses études pour devenir enseignante en art afin de transmettre sa passion aux autres.



Depuis la nuit des temps, la femme a inspiré les poètes et artistes de tout acabit.

Peu importe l’endroit ou l’époque, les femmes ne laissent personne indifférent. Ce recueil est un hommage aux femmes. Qu’elle soit noble ou pauvre, plantureuse ou délicate, fougueuse ou timorée, il y a toujours une femme pour nous charmer, pour attirer notre regard. Mesdames, vous êtes belles!

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782981255501
Nombre de pages : non-communiqué
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PIERRE DE RONSARD (1524-1585)
Sonnet
Douce lancette à la couleur vermeille, Dardant parfois la plus prompte vigueur, Qui au toucher met le feu dans le cœur,Assoupissant la vie qui sommeille, Et qui savoure avecque sa pareille Le doux friand d'une douce liqueur, Rafraîchissant la brûlante chaleur. Du sang bouillant sous l'ardeur non pareille; Chatouille un peu mon maintien endormi, Te retirant, traversant à demi Dedans le clos de la mienne couchée, Je te rendrai le semblable plaisir, Qui mettra sus le plus outré désir En attendant la lutte trébuchée.
Les poètes l'ont si bien dit...
Je te salue, ô merveillette fente, Qui vivement entre ces flancs reluis; Je te salue, ô bienheureux pertuis, Qui rend ma vie heureusement contente! C'est toi qui fais que plus ne me tourmente L'archer volant qui causait mes ennuis; T'ayant tenu seulement quatre nuits Je sens sa force en moi déjà plus lente. Ô petit trou, trou mignard, trou velu, D'un poil folet mollement crespelu, Qui à ton gré domptes les plus rebelles: Tous vers galans devraient, pour t'honorer, A beaux genoux te venir adorer, Tenant au poing leurs flambantes chandelles!
RÉMY BELLEAU (1528-1577)
Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,Trousse l’escarlatin de ton beau pelissonPuis me baise et me presse et nous entrelassons Comme, autour des ormeaux, le lierre se plis.
Dégraffe ce colet, m’amour, que je manieDe ton sein blanchissant le petit mont besson : Puis me baise et me presse, et me tien de façon Que le plaisir comme nous enivre, ma vie.
L’un va cherchant la mort aux flanc d’une murailleEn escarmouche, en garde, en assaut, en bataille Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.
Mais moy, je veux mourrir sur tes lèvres, maîtresse, C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesseCar j’ai logé ma vie en ta bouche, mon cœur.
(1552)
OLIVIER DE MAGNY (1529-1561)
À Anne
Anne, je vous supplie, à baiser apprenez, A baiser apprenez, Anne je vous supplie, Car parmi les plaisirs qu’en amour on publie,Les baisers sont divins quand ils sont bien donnés. Je suis, et comme moi plusieurs sont étonnés, Ayant ainsi la bouche en beaultez accomplie, Et de si bonne odeur l’ayant ainsi remplie,Qu’à baiser un peu mieux vous ne vous adoniez.Ce n’est pas tout d’être ensemble bec à bec,Les lèvres se pressant d’un baiser toujours sec,Il fautque l’une langue avec l’autre s’assemble,Ores à son amy doulcement la donnant, Ores à son amy doulcement la prenant, La suçant, étraignant et mordant tou ensemble.
(1550)
OLIVIER DE MAGNY (1529-1561)
Às’amie
J’entrevoyais sous un vêtement noir,Le marbre blanc de ta cuisse arrondie, Lors que ta main, jalousement hardie, Priva mes yeux du bonheur de la voir.
Dieux! Dis-je adonc, quel est votre pouvoir! Quel est le teint de sa cuisse embellie! Quelle est l’ardeur de mon âme assaillie,Et sa douceur qui mepaist d’un espoir!
Ni les crayons de Tymanthe ou d’Apelle,Ni les ciseaux d’un nouveau Praxitelle,Nous la feindraient si divinement bien…
Qu’ainsi ta main plus benigne devienne,Me faisant voir cette colonne tienne Sur qui fleurit ton jardin Cyprien. Jel’aime bien, pour ce qu’elle a les yeuxEt les sourcils de couleur noire, Le teint de rose et l’estomac d’ivoire,L’haleine douce et le ris gracieux.
Je l’aime bien, pour son front spacieux,Où l’amour tient le siège de sa gloire,Pour sa faconde et sa riche mémoire, Et son esprit plus qu’autre industrieux.
Je l’aime bien pour ce qu’elle est humaine,Pour ce qu’elle est de savoir toute pleine,Et que son cœur avarice n’est point;Mais qui me fait l’aimer d’une amour telle,C’est pour autant qu’ell’ me tienten point Et que je dors quand je veux avec elle.
(1547)
MADELEINE DE L’AUBESPINE (͕͙͚͘-1596) 2 ouHELIETTE DE VIVONNE (1558-1625) Le luth
Pour le plus doux ebast que je puisse choisir, Souvent, après disner, craignant qu’il ne m’ennuye,Je prends le manche en main, je le taste et manie, Tant qu’il soit en estat de me donner plaisir.
Sur mon lict je me jette, et, sans m’en dessaisir,Je l’estrains de mes bras et sur moy je l’apuye,Et, remuant bien fort, d’aise toute ravie,Entre mille douceurs j’accomplis mon désir.
S’il avient, par malheur quelquefois qu’il se lasche,De la main je le dresse, et, derechef, je tasche Au jouir du plaisir d’un si doux maniment:
Ainsi, mon bien aymé, tant que le nerf luy tire, Me contemple et me plaist, puis de luy, doucement, Lasse et non assouvie en fin je me retire.
2 Ce poème a été attribué à Heliette De Vivonne en 1618, mais il semblerait qu’elle ait copié ce poème écrit à l’origine par Madeleine De L’Aubespine.
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