Les marécages de la paix

De
Ouvrage des Editions Salamata coédité par NENA.

A travers ses poèmes, Diallo semble décourager le critique littéraire le plus féru vu que l'art apparaît en filigrane dans sa production poétique. Nostalgique passionné du passé, il est aussi épris de quiétude dans « Crépuscule Dakarois » tout en chantant l'amour des lieux qui l'ont connu, « le Fouladou » dont le lait et les guerriers sont exaltés ; St Louis dont l'hospitalité est évoquée dans « le jumelage ».
Partagé dans ses poèmes entre tristesse, joie et regret, c'est à une prise de conscience qu'il nous invite, bâtir une nation nouvelle à partir de nos racines et dans laquelle plus de maux ni de morts.
Publié le : samedi 19 septembre 2015
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EAN13 : 9782370151292
Nombre de pages : 59
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Préface

Pourquoi étudier le style poétique de Monsieur Diallo, alors que tant de critiques pourraient être tentés d’analyser son éloquence. L’entreprise peut sembler hasardeuse. Ce qui nous amène à songer au mot de la Bruyère : « tout est dit, et l’on vient trop tard, d’un grand poète ». Ce recueil a le don de nous plonger dans les traditions du Sud du Sénégal; le poète nous fait vivre la culture à travers les poèmes « diambadong » et la danse du « kankourang » ce masque ancestral : cela nous montre toute la richesse folklorique de la société mandingue et par extension la richesse culturelle de la Casamance naturelle.
A travers ses poèmes, Diallo semble décourager le critique littéraire le plus féru vu que l’art apparaît en filigrane dans sa production poétique. Nostalgique passionné du passé, il est aussi épris de quiétude dans « Crépuscule Dakarois » tout en chantant l’amour des lieux qui l’ont connu, « le Fouladou » dont le lait et les guerriers sont exaltés; St Louis dont l’hospitalité est évoquée dans « le jumelage ». Partagé dans ses poèmes entre tristesse, joie et regret, c’est à une prise de conscience qu’il nous invite : bâtir une nation nouvelle à partir de nos racines et dans laquelle plus de maux ni de morts.
Monsieur Diallo montre son attachement à son terroir mais aussi à ses figures historiques qui font la fierté du Sénégal d’autrefois dans le poème « Hommage à Aline Sitoé Diatta » une héroïne célèbre du Sénégal et de la basse Casamance. Par ailleurs le poète montre son attachement à son pays et à sa patrie et lance un appel à l’unité nationale dans le poème « Sénégal, mon pays, ma patrie ». Il rend également hommage à la bravoure et à l’attitude chevaleresque de la femme sénégalaise dans le poème « Hommage aux femmes ». Dans un style élégiaque le poète se souvient de la mémoire des militaires sénégalais tombés en Arabie Saoudite lors de la première guerre du Golf en 1991 : » Elégie pour le Diambars ». Toujours dans le même registre Diallo évoque avec tristesse et recueillement le souvenir du naufrage du bateau le « Joola » survenu au large de la Gambie le 26 septembre 2002. Il lance un appel à la compréhension, à la prière pour les disparus mais dénonce la surcharge et la défaillance humaine à l’origine de l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire du monde.

C’est comme à son insu que les images, les figures s’imposent à lui, dictées par les exigences de sa pensée et de son cœur, traduisant ainsi une poésie pleine de vitalité, et de naturel, ces valeurs esthétiques montrent la qualité de la création poétique de Diallo. On retrouve chez lui le grand admirateur de la poésie classique à la croisée des chemins entre une tonalité lyrique et une autre élégiaque suivant la nature et le thème abordés par le poète. C’est pourquoi nous pouvons dire que Diallo ne s’enferme pas dans la description géographique et l’évocation de la richesse du folklore de la Casamance. Il fait preuve d’ouverture en parlant des autres régions du Sénégal, à travers les poèmes : « Jumelage », « Crépuscule dakarois », « au milieu des collines ». Au total nous pouvons dire que c’est un poète de la diversité culturelle sénégalaise.
Nous ne pouvons terminer ce travail sans insister sur cette diversité de thèmes de tons et de style qui montre la variation dans le traitement des idées et dans la création poétique. Diallo s’est sans doute nourri de la négritude et de la pensée du poète président Léopold Sédar Senghor qui disait dans une pensée célèbre : « Enracinement et ouverture ».
A l’orée de ce XXIème siècle, l’enracinement dans nos valeurs traditionnelles négro-africaines positives est le dernier rempart contre les effets pervers de la mondialisation que sont le déracinement et la crise identitaire.


Klomia François BASSENE

    Professeur de lettres classiques au
    Lycée Alpha Molo Baldé de Kolda.
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