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Les Métamorphoses de Fatuma, une Ѐve immaculée

De
302 pages
Les Métamorphoses de Fatuma, une Ѐve Immaculée, comme le dit l’auteur lui-même, est une série de poèmes prosaïques apparemment imaginés lors de ses multiples rêves, grâce à une muse qui se reconnaît à travers toutes les pérégrinations que l’histoire raconte. Le début est ponctué par des visions fantasmagoriques, parfois réelles, qui envahissent le personnage secondaire et embellit sans cesse, et au fur et à mesure, le rôle de Fatuma à travers ce récit percutant.

Lorsque Fatuma, éternelle Ѐve, jeune et belle, entre en scène effective, ce conte sensationnel prend son ampleur merveilleuse. En effet, Fatuma va tour à tour connaître plusieurs péripéties étonnantes qui vont la faire passer de l’Éden à la Séraphie, puis au royaume ténébreux de Lucifer où elle va découvrir, quoiqu’indirectement, l’horreur de ce lieu infernal.
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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-11734-0

 

© Edilivre, 2016

Introduction

Immortel tu l’es, Delphin,

Car, avec une pensée douce,

D’un sceau indélébile,

Tu marques le monde.

Immortel, immortel, tu l’es, Delphin,

Car par la sincérité de ta plume,

A jamais tu marques le monde,

Tu le marques avec ton cœur aussi beau

Que les magnifiques tableaux

Que tu peints au bout de ta plume dorée,

Aussi généreux, aussi merveilleux

Que tout ce que tu offres au monde !

Immortel, tu l’es et tu le resteras,

Car tes écrits atteignent l’immortalité,

Atteignent l’âme dans ses émois.

Merci pour ce regard bienveillant

Qui va au de-delà de l’horizon

Que nous voyons ou entrevoyons,

Au-delà de l’émotion et de la pensée.

Bozenge F. M-N

Résumé

« Les métamorphoses de Fatuma » est une série des poèmes prosaïques racontant l’histoire d’une femme, créée, selon la tradition folklorique admise, à partir d’une côte d’un homme, Adamu ; charismatique dès sa création, cette femme vit et revit pour s’épanouir et surtout enrichir les univers d’un sang nouveau et de beaucoup de trésors insondables.

C’est donc un voyage onirique, voire utopique, dans l’espace et dans le temps, voyage en lui-même ponctué de rencontres intemporelles inattendues qui mettent à nue l’identité véritable de cette dame aux multiples dons, toujours élue et aimée de Dieu. L’ouvrage écrit avec les cendres des rêves où se mêlent réalités et illusions nous en dévoile, en la mettant en exergue, l’histoire qui maquille et rehausse le destin de cette illustre femme dans la vision et face aux contradictions modernes des passions et des pensées.

Belle et divine, elle se montre toujours prête à tout assumer grâce à sa douceur, à son approche maternelle et surtout à sa foi en Dieu, son créateur. Devant les pièges, les tentations ou la malice du Satan, elle fait preuve de témérité et de courage. Elle n’est nullement cette Eve véhiculée par la bible et qui aurait mordu à la pomme. Elle n’est donc nullement cette Eve chassée de Paradis. Elle est une Fatuma, car tel est son véritable nom, aux nombreux Paradis, une Fatuma adulée, sous son pseudonyme d’Eve, par son créateur qui sans cesse lui donne de nombreuses missions à accomplir pour sa gloire. Elle est à la fois amour et tendresse, candeur et obéissance, femme et mère.

A tout moment, à toute époque de l’humanité, elle sait prendre ses responsabilités. Elle est toujours à l’écoute de son créateur, à l’écoute de sa progéniture dont elle est toujours fière et sur qui elle est toujours prête à verser l’énergie qui inonde son cœur maternel. Son souci éternel est de ne laisser ici-bas des larmes et du sang aux traces de ses pas.

Enlevée par la concupiscence et l’arrogance de Lucifer, elle se fait humble ne comptant, dans sa solitude absolue, que sur l’abnégation de son compagnon Adamu, sur sa foi en Dieu et son obéissance à ce dernier. Le Dieu l’en délivre, l’élève au plus haut des faîtes, puis la récompense par sa bénédiction sur elle-même et sur sa progéniture qui de ce fait ne subira pas les implacables méfaits du soit disant péché originel.

Commence alors pour Fatuma une longue quête au bout d’elle-même pour accomplir sans faille la volonté de son Seigneur Dieu. Elle est alors ponctuée de confrontations inattendues illustrées chaque fois par sa fidélité à accomplir son destin. Mais, à la moindre incartade de l’humanité, sa progéniture, elle sait chaque fois se métamorphoser subitement en d’autres Fatuma prêtes à accomplir d’autres missions. Elle a toujours gravé en mémoire et dans son cœur que chaque naissance est un grand rêve, celui d’un nouveau voyage vers l’inconnu, celui de l’accomplissement de la volonté de Dieu. Et cela étant, et de façon symbolique, chaque mère est en quelque sorte une nouvelle Fatuma appelée à régénérer la vie, donc l’humanité dont elle fait, quoiqu’infime maillon, partie de la chaîne.

Dans la Séraphie angélique, son humilité sans limite la rend plus perceptible à comprendre et à accepter la volonté divine. Elle glorifie le bon Dieu de lui avoir permis d’être à la fois mère universelle des anges, des hommes et de toutes les essences existantes et surtout de lui avoir épargné de céder à Lucifer, le Prince des ténèbres.

Redresseuse des erreurs de ses enfants, elle est chaque fois génératrice d’un souffle nouveau parmi sa progéniture. Chaque fois que celle-ci s’avère décadente, elle revient au secours pour insuffler une nouvelle sève, un nouveau sang, une nouvelle spiritualité.

Elle est cette Lucie, ici nous aurons l’honneur de l’appeler par son nom africain de Fatuma, dont les traces ont été découvertes étonnamment dans la vallée du fleuve Omo, en Ethiopie, d’où peut-être, (mais pourquoi ce saugrenu doute de peut-être ?), indubitablement les hommes ont pu essaimer le reste de la planète bleue, confirmant ainsi le rôle qu’a joué et joue l’Afrique dans l’histoire controversée de l’humanité. Mais n’entrons pas ici en guerre avec un certain président français qui a prétendu que l’Afrique a été oubliée par l’histoire. Mais c’est peut-être lui qui a oublié ou ne sait pas l’histoire de l’Afrique !

Fatuma, en tant que Lucie, sa réelle réincarnation, livre un message qui fait frémir les racistes. Le message de Lucie est que nous avons tous la même origine, un démarrage et un ancêtre commun. Nous sommes unis par notre passé, enchaînés par lui de sorte que les sept milliards d’humains sont comme dans un réseau infini connectés entre eux grâce à Lucie, sinon grâce à Fatuma, browser de l’universel internet humain. L’homme est donc le fruit de l’évolution et sa généalogie revêt la tunique d’un buisson aux ramifications aussi complexes qu’infuses.

Les gènes de Fatuma se transmettant des générations en générations, nous sommes tous vieux de la vieillesse du monde ou en bref de la vieillesse de cette ancêtre que nous avons en commun. Aussi sommes-nous hantés par la mémoire de tous ceux qui nous ont précédés. Et même si l’on veut nous bourrer de cette idée que chaque société ou chaque race a son sacré, ses idoles, ses vrais et faux dieux, sa langue et, en un mot comme en mille, ses traces, celles laissées par Fatuma, la nouvelle Eve, toute fois sont hors de toute atteinte. Elles nous rassemblent tous ; elles nous font rêver à cette femme dont le squelette fut préservé pour nous prouver le contraire de ces fausses idées donnant supériorité culturelle des uns sur la culture des autres ou parlant des peuples élus et des peuples condamnés d’office à la malédiction, donc à la soumission. Son squelette endormi depuis des millénaires est un livre posthume où est écrite en lettre d’or l’histoire de l’humanité, l’histoire que notre mémoire doit veiller avec respect et condescendance.

Mais l’homme se donnera-t-il la peine, ou en sera-t-il capable, de savoir réellement le temps qui a roulé son tapis depuis la création de cette mère universelle dont les nouvelles générations héritent du passé profond de ce buisson et portent à jamais les stigmates de tant de printemps écoulés depuis son avènement sur terre ? Ainsi donc chaque arbre généalogique que nous cultivons avec tant d’affection et de soin plonge profondément ses racines dans le cœur et l’âme de cette présumée première femme qui restera comme l’incarnation de l’anthropologie universelle, c’est-à-dire une science de l’homme et particulièrement de ses origines. Notre vie solidarise donc le présent au passé et le futur portera toujours à cœur cette femme merveilleusement divine, Fatuma, un être beau zen, gai, promis à jamais mère de l’univers.

L’insondable labyrinthe

Merveilleuse hantise onirique

Dans le labyrinthe de mes pensées

Au fin fond du labyrinthe profond de ma mémoire des illusoires,

Je parviens à peine, dans mon cœur, à semer quand même un espoir

Même si ma tête fortement éperdue est, comme une jointure rouillée

Ou comme de vieux souvenirs défaillants, par la peur embrouillée,

Complétement imbibée dans l’obscur dédale des incertitudes sombres.

Même si les larmes amères de mon affliction ne cessent, de mon cœur,

De couler silencieusement à flot, sur mes joues et de noyer mes lèvres,

Je ne retiens rien, me laissant aller au rythme de mes pensées.

Mais, malgré cela, contre mon gré, je me mets à me morfondre,

Car, au fur des jours, je me vois berné par une inconscience fuyante

Qui m’inflige, à vivre seul avec moi-même et mes lourdes pensées,

Des heures noires, mélancoliques, bilieuses et atrocement effrayantes.

Dans un combat inégal, je lutte contre le temps vorace et le présent,

Mais ceux-ci, aguerris et semblables à des éclairs fuyant le conscient,

Ne me laissent, hélas, dans leur passage brutal, qu’une labile ombre

Dont je ne peux rallier, à ma cause désespérée, l’opaque pénombre.

À toute allure, sans escale, sans ce présent ni cet éphémère temps,

En vitesse filent ma vie et mes espoirs sans me donner du répit

Comme un songe vaporeux presqu’irréel, presqu’illusionné.

Je me contente alors, dans cet instant, dans mon âme cloisonné,

De regarder désespérément les saisons en toute vitesse s’écouler,

Insane spectateur inactif ou passif d’un monde inconnu, insondable

Et incapable de me donner l’assurance d’une réelle positive onde.

Alors une idée nonchalante me turlupine dans la tête et dans la mémoire.

Spontanément à moi-même je parle et en moi-même je pense croire :

Dans l’absence de ce présent assassin et de la chance qui nous persécutent,

Ne leur permettons, à ce temps et à ce présent, qui nous abandonnent,

Que leur sale besogne ignominieuse sur nous nonchalamment ils exécutent.

En restant plus solidaires qu’eux désunis, nous serons plus forts

Et la connaissance de nos faiblesses fait d’eux de faibles pions

Qu’à notre gré et plaisir nous pouvons déplacer ou enlever.

Malheureusement ce présent volubile, ce précieux temps perdus

Même si nos cœurs, avec les regrets, les ont entre eux confondus,

Sont pour nous ab ovo morts ou étouffés d’inanition et d’inaction.

Leur générosité nous donnera-t-elle la chance de nous racheter ?

Le présent aura-t-il la veine et la sagesse de nous offrir la chance

Avant qu’il ne soit exterminé par la durée ou par la désinvolture ?

A chaque moment de notre vie, nous appelons demain à notre aide,

Sans savoir que ce demain alléchant, chaque jour, entre les doigts, nous glisse

Jusqu’à sa dernière syllabe épelée, puis profondément enterrée par le temps

Qui s’empresse doucement à transformer nos beaux hier en ombres spectrales

Et sournoisement à écosser nos minutes joyeuses en heures angoissantes.

Les choses étant pour nous ainsi faites, nous ne pouvons aucunement, hélas,

Faire machine arrière. Alors il ne faut pas éternellement ressasser ce passé révolu,

Qui jour après jour résolument s’éloigne et de son poids lourdement nous écrase,

Mais plutôt avancer en tournant la page, même si celle-ci rien ne contient.

Ayons cependant le courage de nous secouer la tête et les jambes.

Un jour, et ce jour sûrement viendra si nous avons courage et détermination,

Nous aurons alors plaisir à sentir un parfum doux s’élever de notre mémoire

Comme d’une belle brouette jardinière remplie jusqu’aux bords de lavande.

Sachons, dès lors, que les moyens de locomotion moderne nous emmèneraient

Bien lentement ou avec doute là où notre rêve nous conduirait si vite.

Ainsi pour être à la lune, nous n’avons qu’à fermer les yeux, le cœur ouvert

Et si par un malheureux hasard, nous ratons notre cible sur cette lune,

Le rêve nous conduira sûrement atterrir dans d’autres merveilleuses étoiles.

Mais voyons, ne soyons pas si durs, si intolérants envers nous-mêmes !

Devant une faux téméraire et faucheuse de nos précieuses minutes

Ou une impatiente clepsydre prête à expédier ses grains de sable fugitif,

L’être humain est un faible blotti dans la lâcheté, il faut le reconnaître.

Sans nous tracasser, sans gémir du regret ni de vilénie, gardons toujours

Assez de confiance en nous, une fenêtre béante ou ouverte avec sa clé,

Une issue perméable pour parfois, en cas de besoin, nous échapper

Ou généreusement faire entrer chez nous de la détresse la victime.

Ayons tout simplement le courage de nous secouer la tête et les jambes.

Un jour sûrement nous aurons plaisir à sentir un parfum doux et captivant

S’élever spontanément de notre mémoire, comme d’une rivière la vapeur.

Mais victime en détresse et en désespoir, je me trouve et je n’ai où aller.

Atrocement les jours me torturent avec leurs incessantes contraintes,

Les nuits ténébreuses me persécutent de leurs fallacieuses rêveries répétitives

Qui paradoxalement m’apportent un mélange incongru, une bonne macédoine

À la fois de souffle et de crânerie, de soulagement et d’appréhension.

Ces chimères chroniques.

Mais à force de les repousser imprudemment, ces chimères chroniques,

Qui s’entrecroisent aux nobles et beaux sentiments de mon astral supérieur,

Lourdement me frappent en pleine figure et sans pitié, avec la violence

D’une vague déchaînée et récalcitrante rudement s’éclatant sur des rochers.

Avec beaucoup de clarté effroyablement mêlée de confusions morbides,

Elles jettent, chimères obscures, sur moi un étrange regard farouche

D’illégale possession dominatrice et de conquête despotique sur mon âme.

Se transformant vite en pensées, elles font l’ombre sur mon cerveau

Comme le fait un arbre tentaculaire sur le sol qui le nourrit affablement

Et puis se mettent, couleuvres rampantes, à planer autour de moi ou en moi

Tels des rêves cauchemaresques me hantant de leur effroyable puissance.

Comment oserai-je donc, faible et démunie créature, facilement m’en libérer

Ou tout simplement, comment saurai-je, avec conviction, efficacement les affronter ?

Dois-je sans façon croiser mes bras, tourner mes pouces ou m’en accommoder ?

Contre moi et mon âme et contre ma vie, elles luttent avec acharnement ;

Contre moi et mon esprit à l’unisson elles se cotisent à nous laminer

Et, à mon plus grand étonnement, à la fois contre elles, à m’immuniser

Et à verser sur moi rêves et utopies, fantasmes et trompeuses illusions

Me traînant rudement pour me jeter, malgré moi, sur les bras d’une inconnue,

Cette inconnue qui chaque nuit hante toutes mes douces rêveries.

Pour m’échapper de cette infernale geôle m’imposée à mon insu,

Suis-je obligé de lancer cris, lamentations et perpétuelles complaintes ?

Peut-être dois-je tout simplement avoir le courage de dévoiler au beau jour

Le mystère de cette créature à la fois magicienne, reine et déesse.

L’inaccessible idéal qu’est cette ombre astrale m’attirerait-il au point

Qu’il me serait difficile d’affronter ce désir, ce plaisir si difficiles à contrôler ?

Dois-je tragiquement me maudire d’avoir si naïvement dosé dans son amour

Un bien-être incontrôlé, la peine oppressante et mon fantasme erroné

Que je n’avais su ni le rejeter a fortiori comme un insupportable poison,

Ni chercher au moins comment m’en guérir ou m’en débarrasser ?

Dois-je par malheur me maudire aussi pour cette imagination débordante

Qui sans cesse secoue et préoccupe tant tous mes neurones entortillés ?

Ne serait-ce ma mémoire qui aurait dès le début inventé de toute pièce

Cet amour platonique et irréel qui tant me maîtrise et tant me torture ?

Ou bien suis-je donc un éternel prisonnier d’une illusion, d’une rêverie

Qui en moi se présente étonnamment comme force et comme tourmente ?

En fait cet être exerce sur moi un charme si profond et si captivant

Que je trouve d’intenses jouissances à m’élancer, sur ses ailes virginales,

Vers ces interdits mondes illusoires ou imaginaires, au profane inaccessible,

Qui gravitent, de concert avec ma pensée, dans la béante immensité des cieux,

Vers ces comètes mystérieuses, véritables et fidèles messagères de l’infini,

Vers ces étoiles scintillantes et radieuses souriant gaîment à notre zénith.

N’est-il pas parfois doux et lénifiant, grâce à l’imagination, de vivre inséré

Dans la bienheureuse contemplation des beautés de la nature et de l’univers ?

En fait qu’il est agréable de planer allégrement dans les hauteurs éthérées,

De voyager librement parmi les inénarrables merveilles de cet éternel infini

Dont le centre magnétique serait partout et la circonférence nulle part

Si ce n’est dans les profondeurs de nos rêves ou de nos pensées !

Mais où es-tu, ô ma volonté, ma fidèle amie, toi si impétueuse, si cabrée, si hardie

À sauter promptement les rudes obstacles, à confondre l’inaccessible et la lâcheté

Quand mes désirs dévoyés me mènent, droitement tambour battant, à l’impossible !

Et toi, pensée, compagne éclairée de ma détresse et parfois complice de ma joie,

Sous ton masque, quel est ton nom véritable, quel est ton visage exact, qui es-tu ?

Car tour à tour sous des miroirs à plusieurs teintes, je te vois hanter mon cerveau :

Tu t’embarques dans ton nef comme créatrice intuition, tu deviens extase du croyant

Qui met, devant cet amour interdit, des sommets élevés et des horizons infinis,

Me plongeant dans une lumière quiète curieusement surnaturelle de son charme.

Ce visage virginal idéalisé par mes rêves égarés ne serait-il, en fin de compte,

Qu’un peu de ta propre imagination, confondant ton image profuse à la réalité ?

Pourquoi, dès sa rencontre impromptue, as-tu rapidement versé, dans mon esprit

Tous les joyaux précieux de son cœur affriolant ainsi que ses ombres veloutées ?

Innocemment, j’ai pu les porter, ces ombres douteuses, dans mes frêles mains

Parce que pour moi elles étaient réelles, trop réelles et trop innocentes.

Les tourbillons du doute.

Serait-il possible que j’adore un imperceptible fantôme sans consistance,

Une idole trompeuse, l’image spectrale créée par ma propre imagination

Que sans doute je m’efforce de placer à l’intérieur de moi, dans mon cœur,

Dans le démentiel espoir de m’élever, grâce à elle, au-dessus de moi-même ?

Puisse-t-elle son histoire, notre histoire commune, être aussi vraie que limpide

Pour que cette inespérée Muse aux multiples talents et au sourire angélique

Efficacement mes écrits guide, maintenant la main de ma plume hésitante,

Et daigne elle aussi s’y mirer et y projeter le reflet aurique de son art.

Mais, ô ma merveilleuse muse, avant que pour toi je pince ma gracieuse cithare

Sur la plus belle note de musique captivante, follement je réclame de toi la preuve

Que tu n’es nullement un abominable et malicieux fantôme, un farfadet trompeur.

Fais-moi donc clairement sentir par un geste, une action, une pensée ou un sourire

Que tu es assez puissante et totalement disposée à me conduire à Cythère.

Accorde-moi un mot, je t’en prie, un signe, donne-moi un gage, follement je t’obéirai.

Mais si tout cela tu t’entêtes à me le refuser traîtreusement, ne demande pas à un humain

Qu’il abandonne pour toi d’aussi tôt le plus doux, le plus exquis de bonheur

Pour une ombre vague, spectre insaisissable et sans courage ni foi.

Ô toi, mon rêve et mon utopie

Les rêves mystiques.

Ô toi mon rêve et ma lancinante utopie, chaque fois que vient la nuit

Avec ses ténébreuses étreintes sans cesse empoignant mes illusions,

Tu m’embarques dans ce rutilant vaisseau fantôme pilote sans pilote

Qui à l’aveuglette m’amène en errance dans des pays fantasmagoriques

Où les mers et les océans font, de leurs eaux déferlantes, mais limpides,

De gigantesques montagnes pelées aux belles cimes inaccessibles.

Là les cormorans, les mouettes, les albatros et les soles argentés

Viennent allégrement pondre leurs œufs en toute quiétude.

Verdoyantes, les vallées y sont comblées de joie et de plénitude,

Les arbres s’enorgueillissent et s’ornent de feuilles dorées miroitantes

Et les fleurs iridescentes dégagent des flagrances mettant en conflit

Les narines et les soupirs de chaque homme en détresse.

Erétisant les premières, câlinement elles caressent les derniers

De leurs effluves aussi capiteux, aussi captivants que suaves.

On n’y a pas à chercher les étoiles et la lune ni leurs lumières,

Elles sont toutes à la portée de la main, de la vue ou du vouloir du regard

Et leurs brillances doucement bercent et folâtrent les yeux et les cœurs,

Car le grand ciel azuré matinal est tellement si prêt de l’accueillant horizon

Que les monts deviennent les solides piliers de la voûte éthérée.

Quelque fois là-haut, vrombissant en altitude, follement tu me lâches,

Alors seul dans une aventure inopinée, je vole, je voltige en errance

Sans but programmé, sans cap précis, ni direction définie, sans ailes,

Mais tu prends toujours, à moindre coût, conscience de me récupérer

Avant que la peur ne s’accapare de mon stress et de mon angoisse

Et n’installe celle-ci comme un tyran trônant dans mon âme.

Souvent avec sa connivence, tu me fais atterrir chez cette belle dame

Mi sirène, mi déesse, en tout cas une vraie fée envoûtante et séduisante,

Brillante comme une étoile filante, gracieuse comme une naïade.

Elle est née du commencement et des recommencements qui se répètent,

Des échos qui vont d’échos en échos sans jamais, au loin, jamais s’éteindre,

Sans jamais briser leurs répétitives et indéfinissables ondes infinies.

Prisonnier volontaire.

A sa naissance, il dut y avoir de nouveau un nouveau firmament,

Il y eut de nouveau le vent, l’éclair, le soleil, l’arc-en-ciel, la lune et le temps

Et grâce à elle ou mieux par elle, il y eut des dieux, des présences, des désirs :

Car réellement elle était la déesse et des dieux la puissante maîtresse ;

Actuellement, elle m’a capturé : je suis devenu son prisonnier volontaire,

Prêt à graver, en lettres d’or et en majuscule, son nom sur le nouveau Parnasse

Car elle est pour moi mon égérie, ma muse et mon chantre favori.

Voilà pourquoi avant d’entrer dans son beau paradis étriqué,

Chaque fois je m’arrête sur le seuil de ses joies envoûtantes

Pour essuyer mes yeux afin de bien la contempler de mon regard.

Je la place plus haut et me laisse déterminer par elle.

A mon approche, elle se fait plutôt tendre, enjôleuse et câline.

Vite, me rendant fou, elle fait de moi un esclave de ses ferveurs :

Je ne cesse de l’admirer et de la contempler serrant d’avantage

Les redoutables chaînes avec lesquelles elle m’a ligoté à son cœur.

Et je ne sais pas, mais je ne peux clairement comprendre,

Pourquoi être sous sa possession est une bénédiction pour moi,

Et la côtoyer pour moi un immense ravissement difficile à renoncer.

Je ne peux, d’autre part, saisir pourquoi le désir de la revoir

Assujettit tant ma pensée et me pousse sur le chemin tortueux

De sa brève rencontre, car dès qu’elle est éloignée de moi

Fatalement le sommeil détruit mon repos et mon bonheur.

Mais chaque fois que de ses mains frêles et magiciennes,

Elle étreint voracement et langoureusement mon corps,

Phénomène étrange, mes oreilles se mettent subitement à parler

Et sa bouche pulpeuse à m’entendre et à m’inonder pleinement

De ses doux délices insoupçonnables et absolument inattendus.

J’aurais voulu même trouver en moi de quoi spontanément récompenser

Son altier et entier attachement si constant et si tendre à mon égard.

Mais ma mémoire et mon esprit de mortel énormément m’intriguent

Comme me déconcertent souvent l’extrême lucidité et la franchise

De cette femme, par mon assentiment et ma conscience considérée,

Pour m’avoir jeté le plus sordide de sort enchanteur et létal,

Comme un intrépide faucardeur des cœurs et des âmes.

Tour à tour et selon les humeurs du temps, trop je la sublime

La prenant souvent pour l’aurore boréale ou pour l’astre du jour,

Car purement tendre est la lumière qu’elle dégage dans ses yeux,

Pénétrants sont les parfums de son haleine et de son corps.

Pour elle et rien que pour elle, depuis qu’elle me possède,

J’aurais voulu être cet audacieux d’âme vigoureusement trempée

Pour se lancer dans l’espace à la conquête des mondes inconnus

Où elle aurait choisi de vivre seule retirée du monde réel.

Si l’amour de cet être était à ce prix ou à cette difficile condition,

Je le supplierais de m’emmener avec lui dans ses nids pour lui prouver

Que ce n’est pas la distance de millions ou de billions de kilomètres

Qui peut effaroucher un amour émergeant de tout tel que le mien.

Innombrables cycles de la vie.

Intensément dans mon profond subconscient et mon for intérieur,

Je sens qu’avec elle, j’ai traversé à toute quiétude des univers lointains,

Avec elle, j’ai parcouru le monde entier, franchi les mers et les océans.

Elle m’a grassement permis d’écraser l’injustice, de mythifier la candeur.

Dans ses beaux bras, je suis descendu aux enfers affronter Satan,

Prestement je suis monté au ciel côtoyer les anges et les archanges,

Avec elle j’ai connu beaucoup de bonheur et autant de paradis ;

Elle est ma légendaire Alice, je suis son éternel prince charmant,

Elle a flétri mon cœur du sceau ineffaçable de l’esclavage.

Avec elle j’ai vécu d’innombrables cycles de vie millénaire

Où l’amour était toujours galamment vêtu de sa robe de volupté,

Et le temps, docile, éternellement chargé de quiétude et de sérénité.

Elle est et sera toujours appelée aux éternels recommencements

Et moi aux éternelles attentes anxieuses de ses apparitions aléatoires

Pour sans doute régénérer la terre et tous les univers cosmiques.

Ainsi depuis les commencements des temps, nos destins étaient liés.

Ils le sont et le resteront jusqu’à la fin des temps et des siècles,

Jusqu’à ce que celui qui est nous installe dans son Paradis.

Cependant le cumule obstiné de mes doutes et de mes craintes

Me force à étouffer, sinon et au mieux, à freiner envers elle mes ardeurs.

Alors j’appelle à mon aide les souvenirs, toute imagination vagabonde,

La raison même, la pensée, les sentiments, mon esprit, mais sans aboutir

Même en traquant, avec le fidèle scalpel de la scrupuleuse analyse,

Les fugitives et aléatoires apparitions de la vérité, implacable réalité,

Jusqu’à leurs derniers retranchements, leurs derniers antres.

La vérité, à force de la déshabiller ou de la confronter à la réalité,

Me dévoile bien de layons battus, bien de lacunes inattendues.

Car, au fur et à mesure que je la fréquente et l’aborde avec confiance,

Je parviens à découvrir avec étonnement sa face lunaire cachée,

Une autre figure qui ne peut se refléter sur aucun miroir connu :

En fait chaque matin à l’aube, craignant qu’à mon réveil brutal,

Je ne divulgue au monde réel notre onirique petit secret quotidien,

Expressément, elle me formate entièrement la pauvre mémoire

De sorte que le jour, je me sens fatigué, sans aucun souvenir,

Mais portant sur moi une lourde et inattendue dette de sommeil,

En plein jour et à toute allure, je me précipite dans les bras de Morphée

Ne me rappelant nullement les faste de nos tumultueuses nuits torrides,

La chaleur cuivrée de nos lointaines pérégrinations amoureuses

A travers des siècles, à travers des paradis et des univers.

Aujourd’hui décidé et aidé toutefois par ce ressentiment de doute,

De l’autre part par le souci croissant de pérenniser les rôles précieux

Que joue cette femme sur ma vie, sur le monde, sur l’univers,

Je me résous à escamoter tous ses manèges obscurément secrets.

Par un intéressant et intelligent artifice habilement échafaudé,

J’enregistre scrupuleusement nos sempiternelles relations intimes

Non pas dans ma mémoire physique comme j’avais coutume,

Mais dans un recoin vierge de mon cœur et de mon esprit.

Gardées ainsi fraîches et virtuellement inaltérées par le temps,

Le lendemain matin, en cas de besoin ou d’imminente urgence,

Sûrement elles remonteront aisément à la surface de ma mémoire.

Ainsi donc, contre son gré et malgré sa bilieuse colère terrifiante,

Malgré la crainte qu’imposent à la pensée les lois de la froide logique,

Malgré ses déceptions houleuses et malveillantes, à mon réveil,

Toute la souvenance de la vie tumultueuse et mystérieuse,

Que des nuits, des siècles durant, j’ai pu passer avec elle,

Sera pour la postérité ici contée et décrite en lettres d’or.

Un être alambiqué

Je fais souvent, et je ne sais pourquoi,

Ce rêve tout étrange et formellement pénétrant

Sur toi, ta jolie bouille et ton radieux sourire,

Mais, malheureusement, et cela je le regrette,

Même en jetant sur toi un coup d’œil furtif,

Je n’ai pu capter à la volée ton visage trônant,

Telle une puissante nouvelle reine de Saba,

Sur des clichés fanés par la candeur du temps :

Beau, zen, gai, charmant être alambiqué,

Une saugrenue et stressante idée amphi thymique