Les mues : entre us et usure

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Lauréat récipendiaire du Grand Prix national de poésie Patrice Kayo, Laël Lonbon publie aujourd'hui son premier recueil poétique. Il s'emploie avec son écriture simple à dénoncer les tares sociales et évoque pour ultime issue: l'Ante-mues. Il invite l'homme à revenir sur son histoire toute entière pour trouver son Salut. De plus, sa versification décontractée permet une expression dynamique et exubérante.
Publié le : mardi 1 mai 2012
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EAN13 : 9782296490574
Nombre de pages : 150
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Laël LonbonLes mues : entre us et usure
Compilation de poèmes fondamentalement en vers libres,
mais que côtoient sporadiquement quelques rimes en
rythmiques de l’authentique classicisme, notre auteur
Les mues : entre us et usuretire toutes les ressources que peut lui procurer cette
versification décontractée qui permet une expression
poétique exubérante et confère à ses textes une pensée
Poèmesdynamique.
Avec des mots simples, il dénonce les tares sociales (la
désuétude de l’éthique, la léthargie systémique, la stérilité
religieuse, la simonie et le suivisme entre autres), mais
aussi évoque ce qui est pour lui l’ultime porte de sortie :
l’Ante-mues.
Enfin, il exhorte l’homme à chercher son salut parmi
les ruines engendrées par son propre acharnement sur
son être et son environnement au cours de l’histoire de
l’humanité.
(extrait de la préface)
Laël Lonbon est né le 26 juin 1981 à
Douala, au Cameroun. Poète autodidacte
très porté sur la dialectique sociophiloso-
phique, il s’ inspire surtout des faits d’ac-
tualité et de ses adversités  ; sans omettre
cette cuvée savante d’ éminents auteurs et
de leaders d’opinion qu’ il a souvent la chance de côtoyer. Son amour
pour la littérature et son talent d’ écrivain sont en grande partie liés
à l’ éducation religieuse qu’ il reçoit de ses parents dès le berceau.
Lauréat récipiendaire du Grand Prix national de poésie Patrice
Kayo en 2007, il bénéficie depuis lors du statut d’ invité permanent
Préface de Dieudonné N. Mbenaà l’Institut français du Cameroun à Yaoundé. L’œuvre poétique Les
Mues : entre us et usure est son premier recueil de poèmes.
Image de couverture © Laël Lonbon
Femmes & Savoirs
Prix : 15,50 €
ISBN : 978-2-296-57246-1
LONBON.indd 1 19/04/12 17:30
Les mues : entre us et usure
Laël Lonbon





Les mues : entre us et usure
FEMMES ET SAVOIRS
Collection dirigée par Alice Delphine TANG

La collection « Femmes et savoirs » intègre tous les ouvrages qui
contiennent des savoirs diffusés par les femmes, des savoirs
diffusés pour les femmes et des savoirs diffusés sur les femmes.
Dans ces rubriques se retrouvent aussi bien les œuvres de fiction
(roman, nouvelle, poésie, théâtre, épopée, conte, etc.) que les essais
littéraires, philosophiques, ethnologiques, anthropologiques,
sociologiques et mythologiques. La collection « Femmes et
savoirs » est un espace scientifique dont le but est de donner une
grande lisibilité des écrits réalisés par les femmes ou portant sur les
femmes.

Déjà parus

Olivier G. H. NGAH, Une épine dans le cœur. Roman, 2012. Il y a un soir en 1973… Théâtre, 2012.
Arie Serge EMOSSI de BEGNI, Tribulations. Nouvelles, 2012. MOSSI de BEGNI, Ma plus belle lettre est pour vous.
Roman épistolaire, 2012.
Jean-Claude FOUTH, Femme émancipée, 2012.
Paul Emmanuel BASSAMA OUM, Le retour à la vie du
prisonnier, 2012.
Marie-Rose ABOMO-MAURIN, L’écriture du politique dans le
roman camerounais, 2012.
A. FAHA TALENG et Paule S. NANFAH, L’hydre dans le verger.
Poèmes, 2012.
Marie Françoise ROSEL NGO BANEG, Méandres. Roman, 2011.
Marie-Rose ABOMO-MAURIN et Alice Delphine TANG, L’A-
Fric de Jacques Fame Ndongo et la rénovation de l’esthétique
romanesque, 2011.
Eustache OMGBA AHANDA, Soupirs de l’âme. Poésie, 2011.
Jean-Paul ADA BEKOA, Misères publiques, Poésie, 2011.
Sylvie Marie Berthe ONDOA NDO, La réécriture de l'histoire
dans les romans de Romain Gary et d'André Malraux, 2010.


Laël LONBON







Les mues : entre us et usure
Poèmes





Préface de Dieudonné N. Mbena





















































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-57246-1
EAN : 9782296572461









…à ma descendance
et aux bienheureux de l’Ante-mues.
REMERCIEMENTS
Mes sincères remerciements à tous ceux qui, de près ou de
loin, ont contribué d’une manière ou d’une autre à
l’édification en moi de la pensée libre et de la fibre poétique.
Je pense notamment aux illustres, et distingués:
 Patrice KAYO– écrivain camerounais, précurseur
emblématique de la poésie camerounaise;
 Jacques CHEVRIER – écrivain français, président de
l’association des écrivains de langue française
(ADELF); pionnier de la littérature négro-africaine;
 PABE MONGO– écrivain camerounais, président de
l’association des écrivains de langue française pour
l’Afrique centrale (ADELF-AC);
 Martien TOWA– philosophe camerounais et écrivain,
défenseur de la philosophie négro-africaine;
 Dieudonné MBENA; Mathias Eric OWONA NGUINI;
BILOA AYISSI; Alain FOKA; Henriette EKWE;
Ananie Rabier BINJI; GARGA HAMAN ADJI;
Triphène NGAYAP; Eric Lambert NDJEUKWE
PRÉFACE
Les Mues: entre us et usure, tel est le titre de l’œuvre
poétique que commet le jeune auteur Laël Lonbon.
Compilation de poèmes éclectiques fondamentalement en
vers libres, mais que côtoient sporadiquement quelques rimes
en rythmiques de l’authentique classicisme, notre auteur tire
toutes les ressources immenses que peut lui procurer cette
versification décontractée qui, de prime abord, permet une
expression poétique exubérante. Car elle est essentiellement
guidée par le rythme et la recherche d’harmonie formelle au
niveau des vers, comme de la phrase dans les textes en prose.
Il faut souligner que le lieu central de la création poétique est
l’univers des mots dans leur emploi polysémique contextuel,
par l’usage des ressources du langage. Laël Lonbon, de son
nom d’artiste, essaye en tant que jeune poète, de créer un
monde abstrait en donnant le pouvoir aux sensations qu’il
stimule au moyen d’images, soigneusement servies en figures
de style. Ces images court-circuitent le langage ordinaire et
génèrent des émotions que des termes simples et habituels
seuls ne peuvent produire. Son imagination, comme chant de
son âme aux allures de croyance, est le produit des
incongruités sociales qui lui frappent le visage. Pour ne pas
rester aérien, il dénonce les tares sociales dont il indique la
profondeur, mais aussi évoque ce qui est pour lui l’ultime
porte de sortie: l’Ante-mues, qu’il définit comme étant le
«retour aux principes originels de l’univers, avant que les
mues avilissantes ne soient ; ou la restauration». Il crie ses
joies éphémères de façon liminaire, voire laminaire comme
chez Césaire, qu’engloutit un flot de satires qui tutoient les
consciences individuelles et l’artifice du microcosme socio-
philosophique dans lequel celles-ci baignent. Il stigmatise la désuétude de l’éthique, la léthargie systémique, la stérilité
religieuse, la simonie et le suivisme entre autres. Il exhorte
l’homme à chercher son salut parmi les ruines engendrées par
son propre acharnement sur son être et son environnement au
cours de l’histoire de l’humanité.
Ensuite, le problème que soulève l’auteur est une
préoccupation majeure et existentielle. Il croit que le bonheur
de l’homme est dans son lointain passé qu’il efface lui-même
à mesure que le temps passe, et qu’il n’hésite pas à troquer
contre l’illusion d’un monde trop beau pour qu’il soit vécu
par la seule volonté humaine; il croit en Dieu et n’hésite pas à
défendre ses croyances. Compte tenu de la prolifération des
turpitudes de divers ordres, génératrices d’une suite
ininterrompue de graves difficultés dans l’ordre établi de la
société contemporaine, il penche pour la poésie libre,
véritable expression du moi; ce néo-morphisme qui, tous-
azimuts, confère à ses textes la pensée dynamique. Motivé
par la lutte contre l’hermétisme poétique érigé en modèle par
les artisans du surréalisme métaphysique que passionnent les
limites entre le silence et l’incohérence, il veut se détourner
du charme discriminatoire de l’opacité. Il souhaite donc être
lu et compris par le commun des mortels, sans distinction de
classes, de croyances ou d’opinions, de façon à toucher sa
sensibilité. C’est la raison des multiples références
documentaires, d’explications contextuelles ou conceptuelles,
mentionnées aux bas de pages.
Enfin l’auteur qui s’admet idéologiquement réformiste à la
limite de ses convictions, refuse pourtant d’être présenté
comme un révolutionnaire, car comme il le formule
humblement:
«Je n’écris que la sagesse de vos consciences
Pour dénoncer le mal et louer la bienséance».
10 Pour lui, être conscient du mal ne suffit plus à refaire le
monde car, la conscience humaine est bâtie sur des fausses
normes, et ne saurait rendre l’homme conscient de son
inconscient. Par ce savant mélange de l’utile et de l’agréable,
notre poète engagé nous invite vivement à déguster des vers
par des mots élémentaires qui dénoncent des maux morbides
de notre société.

Dieudonné N. MBENA
Lecturer, Faculty of Arts
University of BUEA.


11 LA NUIT FÉCONDE ENFANTERA
A Jennifer ROBILLARD
(Montréal)-juin 2004.
Me suis-je trompé de monde? pé de vie?
Ici et là, rien n’est commode
Et l’envie d’évasion est utopie.
Un jour le ciel est ensoleillé
Un autre il est brûlant et sadique;
Un jour on chante la liberté supposée
Et l’autre on est fait prisonnier apathique.
Si le monde est fait d’humains
C’est aux bassesses qu’ils s’affairent;
Pleins de fantasmes malsains
Ils bâtissent de gré leur misère.
Certains sont les fruits de la société
Que pervertit l’escapade des piteux désirs
D’autres sont des âmes de l’Eden spolié
Qui confère à la chair l’héritage de souffrir:
Oiseau déchirant aux élans brisure
Regarde passant, ma main que je te tends;
Par le fade gestuel de ton aile malade
Soupire les regrets qui sont les miens.
J’ai scruté l’azur, lorsqu’a paru l’aurore
Pour croire jusqu’au bout ta bravoure;
J’ai lancé dans les champs labourés
13 Les semailles, prémices des fruits de mon grenier
C’était le fond des réserves de ma hotte
Glané dans le silencieux vacarme des bottes.
Oiseau délirant aux cris déchirants
Tu m’as pris sans bruit, l’espoir de ma vie
Car en quête avide d’étreinte des cœurs
J’ai côtoyé la mort dans un létal espoir
Vis mes jours qui gisent agonisants
Si pour un souffle tu me laisseras de marbre.
Vois! La digne innocence en est l’héroïne
La vie s’en est allée avec le couchant
Et l’authentique amour a revêtu le veuvage
Car ma vie avait fait de lui son amant.
Pour te venir en aide j’aurais tout essayé
Jusqu’à donner mon souffle pour te racheter;
Tu m’as ôté le plaisant sommeil
En picorant sans pitié mes semailles
Et jusqu’à la lie tu as déshydraté mes terres
Afin que ton funèbre rêve soit prospère.
L’espoir nourrit l’amour et le fait mourir
Mais leur soupir est doux jusqu’au seuil de la mort
Car apprendre à aimer c’est savoir mourir
Tissant de nos pâleurs les voies de la déchéance.
Comme toi, j’ai peur de la vie…
J’ai peur de la vie qui s’en va
Emportant dans ses élans
Mes rêves en chantier;
J’ai peur de ses pas délicats
Qui traversent le corridor
Où sont passés mes pères que je n’ai pas connus.
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