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Les naufragés de Lampedusa

De
108 pages
Etienne Tchamulubanda (Father Steeve) est originaire de la République Démocratique du Congo. Les naufrages des embarcations de migrants, au large des côtes siciliennes témoignent des risques sérieux, qui poussent les gens à prendre les routes de l'exil, au péril de leurs vies, pour chercher une terre d'accueil et de paix. Au nom de la solidarité humaine, ce recueil nous invite à l'engagement pour plus de liberté et d'égalité en droit.
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LES NAUFRAGÉS DE LAMPEDUSA
Miroir de notre temps
LES NAUFRAGÉS DE LAMPEDUSA Miroir de notre temps
tienne THAMU UBAND LES AUFRGÉS DE LAMPEUSA Miroi denotr temps
© L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03001-2 EAN : 9782343030012
PREFACE De la rive maudite … au paradis béni Tout homme est «naufragé »quelque part vis-à-vis de la vie dans la mesure où son aspiration naturelle à la connaissance, au bonheur, à l’épanouissement… ne se réalise jamais sans heurts, sans « tragique » désillusion liés à ses conditions psycho-socio-historiques de sa vie. En effet, pendant que l’Afrique est en proie à une décolonisation bradée, donc au désenchantement causé par des dictatures, des guerres civiles sanglantes…, l’Occident est confronté aux affres du terrorisme, aux catastrophes naturelles (incendies, inondations, intempéries, etc.), le Japon face aux désastres nucléaires, la Chine talonnée par des débordements démographiques, la question d’armes chimiques à travers le monde … Du manque, sur la rive maudite, à la satisfaction, au paradis béni, se dresse finalement un itinéraire où chacun de nous est «migrant »dans sa vie: «Calvaire des migrants » où malheureusementLe monde contemple les naufrages Des passeurs et leurs embarcations, Faisant des milliers des victimes Naufragées d’un monde Guidé par la déraison.(Les Naufragés)La poésie d’Étienne Tchamulubanda, dès ses premières pages, non seulement elle révèle la couleur universelle de l’expérience de l’absurde de la vie humaine, mais aussi
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elle dénonce la complicité de l’Homme qui «contemple les naufrages ». Elle invite alors à une lecture plurielle : à chaque «monde »de s’y retrouver à la mesure de son histoire, de ses rencontres avec d’autres mondes. A titre d’exemple, la figuration de l’Afrique, «rive maudite »,et de l’Europe, «paradis béni», peut se lire, d’une certaine manière, dans Les naufragés de Lampedusa :à l’aspiration naturelle au bonheur de l’Africain l’histoire douloureuse de l’Afrique oppose plutôt l’insécurité sociale, morale, psychologique… D’où le désir de partir ailleurs à la recherche de ce qui manque. L’ailleurs devient objet de rêve pour l’Africain. Il faut absolument partir, fuir sa terre natale, rive maudite :Mon père et ma mère me laissent, Mon frère et ma sœur me rejettent Pour souffrir tout seul ma croix Je suis trahi, ma foi ! Sur le chemin de l’exil.(Périlleux exil)L’Europe, porteuse de «civilisation »,pays où coulent le lait et le miel, se présente comme le paradis béni :Lampedusa ! L’île aux mille tentations Auxquelles succombent les mouches et papillons Mendiant d’un peu de saveur, Mendiant d’un peu de lumière, Mendiant d’un peu de liberté. Pourtant piégés par la mer et ses tempêtes Et autres gardes côtières.(Lampedusa)
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C’est là la tragique désillusion que révèle l’expérience de l’exil. Les poèmes «Lampedusa »,« Périlleuxexil », « Sans-papier »et «Je m’appelle ESDEEF» traduisent ainsi l’expérience de déshumanisation de l’immigré: les naufrages dans la mer, le racisme, l’isolement, la clandestinité, la torture morale et physique, la nostalgie de la rive maudite, etc. :Je n’ai ni visage ni bagage, Je suis léger comme un papier, Vide de ma substance ; J’ai perdu mon ombre ; Je suis cet anonyme, oublié Dans une catégorie stigmatisée(Sans-papier)En quoi l’Homme «contemple-t-il ces naufrages» ?Les responsabilités sont partagées dans ce tragique de la rencontre Afrique-Europe: dans un premier temps il revient aux dirigeants africains de conduire l’Afrique à devenir, elle aussi, un paradis béni et, pour ce faire, les Africains ont le devoir d’y travailler, encadrés dans des projets de développement durable et global, par une classe politique responsable, libérée de toute manipulation extérieure, privilégiant les intérêts de la Nation :Je prédis qu’un jour, L’Afrique cessera d’être un pandémonium, Ses dirigeants ne seront plus girouettes, De certains césars égoïstes, Sans foi ni loi, En quête de l’avoir et du pouvoir, Qui vit dans un septentrion idyllique.(Prédiction)
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