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Alexandre Anizy
Lumières froides
poésies
Préface de Bertrand Joliet
© Alexandre Anizy, 2015
 ISBN : 979-10-91599-06-1
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La poésie actuelle
d’Alexandre Anizy
Le lecteur d’aujourd’hui est familier parfois jusqu’au harassement d’une poésie où triomphe le formalisme mallarméen, quand bien mê me celui-ci n’est plus qu’une empreinte à peine visible du projet de Malla rmé. L’envahissement du champ poétique par une forme obsédée d’elle-même qu i renonce à la transcription de l’expérience vécue produit inverse ment un flot de versification maladroite, pétrie de clichés et de philosophie simpliste, comme si la poésie, dès lors qu’elle n’est pas dans un registre strictement formel, n’avait plus d’autre propos que de mélancoliques «leçons de sagesse», structurées essentiellement par des comparaisons prétendant au statut de métaphore, usant jusqu’à la corde les thèmes de la mort, du regret ou du souvenir.
La poésie d’Alexandre Anizy s’ancre sur la transaction avec le réel. Si le mot chien ne mord pas, il cache néanmoins un être qui p eut mordre. Ecrits dans les années 1970, ces poèmes prenaient une posture très originale en France. Aux Etats-Unis, Allen Ginsberg ou Gary Snyder affirmaient une poésie profondément en lien avec la réalité vécue, avec l’immédiateté d e la sensation, qu’elle soit révolte, monde intérieur ou amour. En France, c’éta it alors le moment où, pour reprendre le mot de l’un d’eux, devenaient de grand s astreignants, René Char, Yves Bonnefoy ou Francis Ponge. Sans encore rien perdre de leur aura, Aragon, Eluard ou Prévert cédaient la place, livrés en pâture d’ânonnement à l’Education Nationale. Les premiers annonçaient déjà le moment où la forme deviendrait le seul objet du poème et envoyaient sans le savoir le s maîtres de la Beat Generation à un statut de quasi bizarrerie.
Pourtant, cette poésie de l’être, du sujet faisant vivre dans ses mots le flux de ses ressentis, expériences ou convictions, y compris dans les errances, aurait dû conserver une place équivalente, comme l’autre face d’une même pièce et non pas comme un état antérieur de la poésie – voire un e régression –, dans la mesure où l’on considère l’art comme une permanence s’exprimant dans la variation des époques et des contrées où il naît, e t non pas dans un processus de progrès au même titre que la technique.
La poésie d’Anizy se place ainsi dans la lignée des poètes clameurs de leur existence propre, puisant les éléments constituants dans leur subjectivité. Cette démarche, aujourd’hui presque déstabilisante pour le lecteur de poésie confiné au verbe décharné, est fondée sur cette transaction avec le présent, ce qui est éprouvé sur l’instant comme source même du poème. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y est pas question d’un quelconque défoulement du poids de la réalité et de ses
désillusions. A travers un ton qui utilise le désabusement, la révolte, la tendresse ou la rage, se noue le récit de l’enchantement de l’illusion, qu’elle soit sur le plan politique, social ou amoureux. L’énergie et la vitalité, l’humour parfois, racontent en trame de fond la joie de l’engagement et du rapp ort au monde, d’être en vie. C’est le récit d’un passage à l’âge adulte, avec la violence de la perte des illusions et des rêves.
L’important de la poésie d’Anizy est justement le c hoix délibéré de la forme poétique, avec ses variations – chansons, vers libr es, compositions typographiques. Le seul récit de l’expérience du de uil opéré par le travail de grandir ne suffirait...
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