Marchand d’habit

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Louisa Siefert — Rayons perdusMarchand d’habitI. MARCHAND D’HABIT !Ce petit homme grisonnantS’en venait encore à l’automne,Le ...

Publié le : dimanche 22 mai 2011
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Louisa SiefertRayons perdus
Marchand d’habit
I. MARCHAND D’HABIT !
Ce petit homme grisonnant S’en venait encore à l’automne, Le regard vif, l’air avenant, En poussant son cri monotone.
Mais qu’il est changé maintenant ! Le regard est noir, l’air atone ; Et, sur les syllabes traînant, Sa voix chevrotante détonne.
A peine un hiver passé Et le revoilà si cassé, Qu’à l’entendre mon cœur se serre…
Poursuivant un maigre débit, Oh ! quel poëme de misère Dans ce seul cri : Marchand d’habit !
II. PETITE SŒUR.
Près de la ronde inattentive Qui poussait d’éclatants hourras, Je la voyais passer, furtive, Ayant son petit frère aux bras.
Elle avait huit ans, et, chétive, Elle pliait à chaque pas ; Sa démarche était si craintive Qu’on eût dit qu’elle n’osait pas.
Aux cris de bande mutine Elle serrait sur sa poitrine Son pauvre cher petit bébé,
Et déjà son grand œil plombé Avait, sous les larmes amères, Le long regard des pauvres mères.
Dans les beaux rayons de soleil L’enfant joyeux se roule et joue. De sa pauvre petite joue, Le teint pâle devient vermeil.
III. PETIT ENFANT.
Il court, saute, donne l’éveil Aux pigeons blancs qui font la roue. Il chante tant, qu’il s’en enroue, Le chant qui berça son sommeil.
Autour de lui tout est splendide : En vain le dénûment sordide L’étreint, morne et silencieux ;
Il est naïf ; il est candide ; Et lorsqu’il regarde les cieux, Il rit en ouvrant de grands yeux.
Avril 18…
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