Matière de miroir

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Les poèmes d'Eva Diamantstein - pierre de Diamant - sont en effet matière de miroir. Ce miroir rend image et son du "chant d'enfant", du dangereux Kinderlied. Mais aussi des hommes d'air, "joués en fumée", des fours noirs où "nous sautons". Du dialogue de la lame et du tranchant. Guerriers perdant la lutte. Car "nous nous sommes réveillés dans des lits étrangers". Or, le réveil de Diamantstein nous mène à cette "rupture d'espace" qui est poésie même. Dans la violence de ce "repas de nuit" qu'elle a préparé pour la scène des "forfaiteuses".
Publié le : mardi 1 avril 2003
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EAN13 : 9782296317468
Nombre de pages : 56
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Eva Diamantstein

Matière de miroir

Traduction

française

de

Jean-Pierre Faye et Denis Trierweiler

L'Harmattan

(Ç) L'Hannattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Hamlattan, Italia s.r.l.

Via Bava 37 ] 0] 24 Torino L'Hamlattan ] Hongrie Hargita u. 3 026 Budapest 2-7475-4148-7 ISBN:

Für meinen Sohn Pour monfils

Poèmes de Diamant
Eva Diamantstein - ses poèmes retenus secrètement jusqu'ici par elle-même hors de toute parution, je les lis, un jour de décembre 2000, au bord du lac Stamberg, au sud de Munich: Face à la rive où Lou Salomé et Rainer Maria Rilke vivent ensemble l'été 1893, dans leur étroite maison de bois à Wolfratshausen - de façon approximative: à la « Maison-du-conseil-du-Ioup » ? Elle prépare alors la mise en scène d'un événement qui représentera les compagnes très dignes de bourreaux et tortionnaires de diverses sortes SS, à l'horizon de novembre 2001 à Munich. Mais auparavant elle a monté des dramaturgies de diverses sources, Shakespeare, Camus, Kleist. Le spectacle de novembre s'intitule les Tiiterinnen, les 'faiseuses' ou plutôt -lesforfaiseuses. Devenu Nachtmahl, 'Repas de nuit' des forfaiseuses. Joué à Munich, à Francfort, à Hambourg, à Vienne. Les fabricantes de forfaits y doivent dîner joyeusement et échanger à table de vifs propos. En compagnie de Narrt le Fou: personnage que pour ma part j'ai rencontré, un nombre de fois à peu près infini. Ses poèmes: sarcasme, ellipse, incantation brève de la douleur. Une économie des langages si stricte, si soucieuse de pauvreté, qu'elle éclate en ardeur et richesse. Le père, déporté de la Transylvanie à quinze ans, est survivant de Dachau et de Mühldorf et il a habité le
camp de 'personnes déplacées'

- difficile

euphémisme

d'après guerre - qui se déployait au pied du jardin même

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où nous tenions les réunions du 'jour fixe' dans la fondation Waldberta.
La présence de la disparition du père se déplace ailleurs, dans matière de miroir par laquelle est traduit ici l'intraduisible Spiegelfach -la 'miroiritude' ? Qui retient en elle ceci: que le Spiegelfechter est aussi le charlatan; et que

'conscience' ou 'âme', dans le poème de Hueng-nei, le plus énigmatique penseur poète du tch 'an chinois, à l'époque où en Chine régnaient les T'ang, les Carolingiens en Europe, à Bagdad les Abassides n'est 'aucun miroir' car 'le miroir de l'âme n'existe nulle part'
....

* A Waldberta,j'habitais la chambre qu'occupait Willy Brandt, chancelier, au moment tragique des Olympiades de 1973. Eva Diamantstein avait demeuré l'année précédente dans la chambre au-dessus. Dans l'ailleurs, nous nous retrouvions - pour traduire. L'écoute de langue à langue, entre poème et version traduisante, c'est la quête et la cache de ce multiple que porte la poésie, quand elle touche - comme les poèmes de Diamantstein - au noyau du langage irradié.

Jean-Pierre Faye mai 2002

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