Mémoire sauvée

De
Publié par

La création, cet énorme mensonge. Les vers de ce recueil prennent tous dans leur poétique, celui-ci comme référence. Cela implique que le poème est jaillissement, fulgurance qui interdit toute tentative de maîtrise. A l'effacement de la geste créative répond l'humilité du poète qui n'est que l'intercesseur d'une mémoire fragile, tremblante, mais par le texte même mémoire sauvée, mémoire pansée.
Publié le : mercredi 1 avril 2009
Lecture(s) : 34
Tags :
EAN13 : 9782296217867
Nombre de pages : 75
Prix de location à la page : 0,0062€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

Mémoire

sauvée

L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

@

75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-07601-3 EAN:9782296076013

R. D. VILLABIANCA

Mémoire

sauvée

L'IfCmattan

Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l'a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.

Déjà parus 475 - Bottey Zadi ZAOUROU, A califourchon sur le dos d'un nuage, 2009. 474 - Anne de COMMINES, L'amour est un animalluisible, 2009. 473 - Petraq RISTO, Amer est le ciel des tombes, 2008. 472 - Marie-Agnès CERISIER, A l'intérieur la rive, 2008. 471- Marie-Danielle AKA, Poèmes érotiques de guerre, 2008. 470 - Hoai Huong NGUYEN, Déserts, 2008. 469 - William SOUNY, Les Somalies imaginaires, 2008. 468 - Franck OGAN-BADA, Tassigâ, 2008. 467 - Nicola MUSCHITIELLO, L'Escabeau, 2008. 466 - Geneviève CLANCY, Notre Dame des présences, 2008. 465 - Wafaa ABED AL RAZZAQ, Mémoires de l'enfant de la guerre,2008. 464 - Son Ya SANDOZ, La mer exilée du Silence, 2008. 463 - Edouard MABANZA, Visage des palmiers, 2008. 462 - Patrick NA V AÏ, Shams le musicien, 2008. 461 - Lise GABOURY-DIALLO, L'endroit et l'envers, 2008. 460 - Hafid GAP AÏT!, la tentation du désert - the temptation of the desert (bilingue français-anglais), 2008. 459- David ESCOBAR GALINDO, Les clés du sous-sol, 2008. 458 - Emmanuel DAMON, Les armes neuves. Lafaim, 2008. 457- Serge VENTURINI, Fulguriances et autres figures, 2008. 456 - Barnabé LAYE, Requiem pour un pays assassiné (bilingue français/anglais), 2008.

Préface

«Le poète s'appuie, durant le temps de sa vie, à quelque arbre, ou mer, ou talus, ou nuage d'une certaine teinte, un moment, si la circonstance le veut ». Ces détails de la vie courante évoqués par René Char peuvent paraître anodins. Mais ce sont eux qui font la maille serrée de la vie et soulignent combien la poésie est fille de la mémoire. D'une mémoire transcendée ou, comme le dit ce recueil, « sauvée ». Qu'on ne s'attende pas ici à un lyrisme où la subjectivité s'abandonnerait à des confidences et s'affadirait elle-même. Toute interpellation faite à l'autre ou à soi touche à une universalisation de la destinée humaine / « Tu nais / Tu es aussi aveugle que le monde. / L'oiseau te fait peur, jouet de la violence ». Mais en ce tutoiement où chacun est compris vibre une sensibilité qui a connu et ressenti ce dont elle parle, une sensibilité qui fait trace, trace dont la parole s'empare. Fragilité heureuse et menacée de toute naissance, bientôt suivie des impasses et des tourments de toute vie adulte, les poèmes en suggèrent la douleur sans jamais s'abandonner à l'épanchement, gardés qu'ils sont par une maîtrise pudique et fière: « Te voici entre les corps / Mornes lieutenants aux édifices / Qui songent à ciel nu », ou encore, chuchote un autre poème, « les astres sont sourds (...) ils attendent / Le regard ivre de l'animal» or, « l'attente est nauséeuse ». Douleurs qui n'excluent pas les exultations secrètes de la vie qui flamboie à nouveau entre amour et prière, - « Tes yeux disent le monde / Mon autre confidentielle. / Tristesse et joie, l'important est profondeur / Le sourire n'est pas une dimension. / Dans l'antichambre magnifiée / Une boucle qui doit te ceindre / Tient son rôle ». Les éclats et remous d'une intériorité volcanique et déchirée ne cessent donc de

faire vibrer le texte. Mais c'est pour mieux saluer la parole poétique qui s'en nourrit. Comme chez Char que l'auteur dit admirer, de courts vers aphoristiques viennent scander les poèmes d'un prolongement méditatif où se déploie aussi bien l'énigme du poétique: « la poésie est une ascension vers l'irréductible », que l'énigme de la vie : « le pluriel est la seule chance ». Mais l'un va-t-il sans l'autre et la poésie et l'être n'ont-ils pas partie liée? C'est ce que ce recueil de poèmes distribués en trois sections comme pour mieux dessiner un parcours vital, ne cesse de faire entendre en une langue dont l'intensité épurée ne faiblit pas. Même lorsque les tensions et le mal-être se dénouent en un sursaut vital que dit abruptement l'image: «asalto, assault, assaut ». Alors la parole poétique, guérisseuse, peut se tourner en louange du monde et de l'amour: «Victoire / Mon soulagement, ma résistance. / Mes mains griffent les mots brillants / L'ascension est un hiver. / Victoire / Celle que le jusant n'attendra pas ». A l'instar de Char pour qui « il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté », le poète peut enfIn saluer la « Beauté, rêve oublié de l'enfance ».

Paule Plouvier

I

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.