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Mes cris par mes écrits

De
151 pages
Les gens du voyage. Derrière ces mots se tient une réalité inconnue de ceux que l'on n'appelle pas sédentaires. Gens du voyage / sédentaires. Deux univers qui se côtoient, s'ignorent, s'affrontent parfois et, profondément, se méconnaissent. Les poèmes de Françoise Gaspard nous dévoilent des difficultés quotidiennes que nous ne soupçonnons pas. Indignation, révolte, espoir, amour... tout se retrouve dans ces pages. La Dame du Voyage est une grande dame.
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Je voudrais dédier ce livre à madame Thérèse Chevalier, une dame qui a une très grande place dans mon cœur. Sans elle, je ne serais jamais arrivée jusqu’ici.
Mai 2006. Devant l’église des Saintes Maries de La Mer, vers 15 heures, la place est déserte. Je m’assois avec mon mari sur le mur qu’il y a face à l’église. Je lui dis : « Tiens, onva s’asseoir ici, on sera très bien là et puis, avec un peu de chance, il va bien y avoir une petite chan-teuse et un guitariste qui vont venir sur la place. » En terminant ma phrase, je vois venir face à nous une petite femme et un homme. La place est grande et, à deux mètres de nous, ce couple se prépare à chanter. Je dis en riant à mon mari : « Regarde, y a qu’à demander et cela arrive. » Elle se met à chan-ter, lui l’accompagne à la guitare. Au bout de trois chansons, je lui dis « c’est trop beau comme tu chantes, j’ai un poème que je porte toujours avec moi dans ma poche, je te l’offre ». Elle me dit « merci, c’est gentil, mais je ne sais pas lire ». Je lui dis : « Toi, tu as la chance de savoir chanter, et moi j’ai la chance de savoir lire et écrire. » Alors je lui lis le petit poème. Elle est très contente et moi aussi. Je me rassois et une dame s’ap-proche de moi et me demande : « C’est vous qui avez écrit ? » Je lui dis « oui madame ». Elle me dit : « Vous avez le don de pouvoir écrire de si belles choses. Vous écrivez beaucoup ? » Je lui dis : « Non, vraiment pas beaucoup, deux ou trois fois, quand j’ai de la peine, au lieu de pleurer j’écris, après je me sens mieux. » Elle me dit : « C’est très bien, il faudrait essayer d’en écrire quelques-uns et les mettre en reliure. » On a fait connaissance après le pèlerinage des Saintes Maries
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de la Mer ; on se quitte et on reste en contact. En un an de temps, j’ai écrit mille poèmes avec ses encouragements. Un premier recueil a été présenté au Palais des congrès des Saintes Maries de la Mer l’année qui a suivi, puis un deuxième et un troisième. Depuis ce jour, mon cœur s’enflamme de pensées que je peux étaler sur des feuilles de papier, parfois même sur des filtres à café. Chaque poème que j’écris, je dis merci Thérèse, ma lu-mière. Sans elle, je n’aurais jamais été amenée à faire tout le travail que j’ai fait depuis ce jour. Je parcours des milliers de kilomètres et je vais très souvent dans des réunions pour apporter mon soutien à toutes ces personnes qui s’occupent des voya-geurs ; elles ont du mérite et je voudrais leur dire merci. J’ai fait avec certaines personnes du terrain et je sais le travail qui est fait, pour bien des fois pas grand résultat.
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